Lille : avec des résultats en demi-teinte, Jocelyn Gourvennec peine à convaincre

Le Losc de Jocelyn Gourvennec n’a remporté aucun de ses trois matchs de Ligue des champions cette saison, et est à la peine en championnat (11e), sans montrer un jeu flamboyant.

Article rédigé par
De notre envoyée spéciale à Lille - Hortense Leblanc
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Jocelyn Gourvennec et le LOSC ont concédé le nul à domicile face à Séville.  (LAURENT SANSON / LS MEDIANORD)

Champion de France en titre, le Losc est décevant dans le jeu et dans les résultats cette saison. En championnat, les Dogues (11es) comptent quatre défaites, c'est déjà plus que sur l’ensemble de la saison dernière. Sur la scène européenne, dans un groupe abordable, ils ne brillent pas non plus, avec seulement deux points pris en trois rencontres, grâce à leurs matchs nuls contre Wolfsbourg et Séville, mercredi 20 octobre.  

Après des expériences plus que contrastées à Bordeaux (entre 2016 et 2018) et Guingamp (2018-2019), et deux années sans club, l'ancien joueur de Nantes a tenté de relever un défi. Nommé à la surprise générale sur le banc du Losc début juillet, Jocelyn Gourvennec doit faire oublier un Christophe Galtier qui avait transporté les supporters du Nord grâce au jeu et aux résultats : "Les rumeurs nous ont vendu du rêve avec les noms de Lucien Favre, Laurent Blanc ou Claudio Ranieri qui ont circulé, puis finalement c’est lui qui a été choisi, alors qu’il n’avait pas entraîné depuis deux ans", explique Laurent, rencontré sur le parvis du stade Pierre Mauroy avant le match face à Séville. 

"On attend encore qu'il impose sa patte"

Comme d’autres supporters, il trouve que l'ombre de Christophe Galtier, avec son système en 4-4-2, semble bien trop présente : "Il n’a pas apporté grand-chose. Il copie Galtier sur le système de jeu, mais il est beaucoup moins présent et charismatique. On attend encore qu’il impose sa patte". Jocelyn Gourvennec fait en effet évoluer son équipe dans la même disposition que la saison dernière, avec deux milieux offensifs placés sur les ailes, comme Renato Sanches, plutôt bon face à Séville, alors que son poste de prédilection se trouve dans le cœur du jeu.

Le technicien lillois est aussi plus policé, voire effacé, sur le bord du terrain que son prédécesseur, qui pouvait recevoir des cartons jaunes depuis sa zone technique pour des protestations trop véhémentes. "Il a l’air gentil, mais trop gentil. On aimerait bien savoir comment il se comporte dans le vestiaire avec des joueurs à fort caractère comme Burak Yilmaz ou Xeka", s’interroge Thomas, qui assistait à la rencontre face à Séville. 

"À l’entendre, on doit toujours avoir peur des autres équipes. Mais c’est à nos adversaires d’avoir peur du champion de France en titre. Il doit imposer son jeu", complète Gauthier, abonné au sein d’une section de supporters.

Les joueurs aussi pointés du doigt

À l’issue de la dernière défaite des Dogues à Clermont, le président du club, Olivier Létang, a haussé le ton pour la première fois au micro de Canal+ : "Quand il vous manque autant de choses individuellement et collectivement, vous ne pouvez prétendre à rien. Aujourd’hui on a touché le fond en termes de contenu". Pour les supporters, Jocelyn Gourvennec n’est pas le seul responsable de ce début de saison mitigé : "Les joueurs ont aussi leur part de responsabilité. Yilmaz est moins efficace, certains ont été déçus de ne pas partir au mercato et ils commencent seulement à redescendre de leur nuage après le titre". Sans oublier le départ pour Milan d'un Mike Maignan, véritable muraille la saison passée dans le but.

Avant la trêve et la défaite à Clermont (0-1), le Losc restait tout de même sur trois victoires consécutives. Le match nul obtenu face à Séville n'est pas infamant, et ne devrait donc pas remettre en question le maintien de Jocelyn Gourvennec à son poste, d'autant que le technicien s'est montré satisfait du résultat. "On peut toujours trouver qu’un point à domicile c’est une contre-performance mais ce n’est pas mon avis. Il faut regarder l’équipe qu’on avait en face. Les joueurs sont revanchards de leur Ligue des champions en 2019 où ils n’avaient pris qu’un point, là ils en ont déjà pris deux", a-t-il positivé. 

Pour autant, "si les prochains résultats en championnat contre Brest et Paris sont négatifs, il pourrait être en danger", avancent plusieurs supporters. Les lendemains de titre ne sont pas toujours festifs.

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