Ligue 1 : ce que l'on a aimé et ce que l'on a moins aimé cette saison

Voici ce qu'on a aimé et moins aimé lors de cette saison 2020-2021 du championnat de France.

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France Télévisions
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Burak Yilmaz a gagné le titre avec le LOSC, le 23 mai 2021.  (LOIC VENANCE / AFP)

La Ligue 1 a baissé son rideau le dimanche 23 mai. Et cette édition du championnat de France a réservé son lot de surprises. Entre le quatrième sacre de Lille conquis par les grandes performances de son trio turc, et la mise en vente de clubs mythiques comme l'AS Saint-Étienne ou les Girondins de Bordeaux, voici ce qu'on a aimé et moins aimé cette saison.

Ce qu'on a aimé

Lens à l’Haise en Ligue 1

Personne ne les attendait. Et ils ont surpris leur monde. Tout juste promus dans l'élite, les Lensois ont terminé à la septième place du championnat et se sont battus pour les places européennes jusqu'au bout. Un homme symbolise cette saison fracassante : Franck Haise. Pourtant inexpérimenté puisqu’il n'avait dirigé les Sang et Or que deux fois en Ligue 2 (les mesures prises en raison du Covid-19 avaient ensuite conduit à l’annulation des championnats), le technicien français a marqué de son empreinte cette édition de la Ligue 1.

Avec un jeu plaisant et attractif, les Nordistes ont glané 12 points face au top 5 du championnat (PSG, Lille, Monaco, Lyon, Marseille) et ont été plutôt constants dans leurs résultats. Pour ce faire, Lens a également pu compter sur un Gaël Kakuta en feu. Auteur de onze buts et de cinq passes décisives, l’international congolais a gagné le prix Marc-Vivien Foé du meilleur joueur africain de la saison en Ligue 1. Tout sourit donc au RC Lens, même s'il ne participera à aucune Coupe d'Europe la saison prochaine.

Lille, au rythme du Halay

Grâce à son trio turc, Burak Yilmaz, Yusuf Yazici et Zeki Çelik, le LOSC a été sacré champion de France pour la quatrième fois de son histoire. Les trois hommes ont fait vibrer les fans lillois, dans une ambiance de Halay, une danse traditionnelle turque. Le premier cité, d’abord, a été le plus éblouissant des trois. En mission, le joueur de 35 ans a été l'auteur de grandes performances, notamment contre l’Olympique lyonnais avec un doublé et une passe décisive (2-3) ou contre Lens (0-3), avec un but venu d’ailleurs. En confiance, l’ancien joueur de Fenerbahçe a assumé son statut de patron et a rassuré ses coéquipiers, après leur nul lors de la 37e journée. "Ne vous inquiétez pas, on sera champion", a scandé l’attaquant. Et la prophétie du "Roi Burak" a été réalisée.

Son compatriote, Yusuf Yazici a aussi brillé avec les Dogues. Surtout sur la première partie de la saison. Auteur de sept buts et de quatre passes décisives en 31 matchs de championnat, c’est surtout dans l’antre de San Siro en Ligue Europa que le Turc s’est montré, en claquant un retentissant triplé (0-3). Et comme dit l'adage "jamais deux sans trois", Zeki Çelik a aussi fait une saison canon avec les Dogues. Très intéressant dans ses déplacements offensifs (3 buts, 3 passes décisives), le latéral droit a surtout été rassurant défensivement, en étant infranchissable sur son côté. Des performances qui ont permis au LOSC de gagner le titre en championnat. Mais que les supporters lillois se rassurent. Ils pourront sûrement admirer leur trio cet été à l'Euro, et saliver en pensant à la saison prochaine. 

Niko Kovac et ses pépites princières

Après un début de saison placide, l’AS Monaco a mis les bouchées doubles pour atteindre la troisième place du championnat, synonyme de qualification en Ligue des champions. Et ce regain de forme a été l’œuvre de Niko Kovac. Si son attaque, composée de Kevin Volland et de Wissam Ben Yedder, a performé (36 buts à eux deux), sa manière de gérer les jeunes a été concluante.

Dans un 4-4-2 qui rappelle les plus belles heures des Monégasques, l’ancien entraîneur du Bayern Munich a fait confiance à des jeunes, qui ont littéralement explosé cette saison, comme Aurélien Tchouaméni, élu meilleur espoir de Ligue 1 aux Trophées UNFP, et Youssouf Fofana. Le Croate a également lancé Eliot Matazo (2002) et donné des responsabilités à l'un des enfants du club : Benoît Badiashile (20 ans). Ses résultats peuvent faire rêver les supporters de l’équipe du Rocher, en prévision de la saison prochaine.

Les artificiers de l'Hérault

Pour Michel Der Zakarian, le duo Laborde-Delort n’avait "rien à envier" aux autres attaques de la Ligue 1. Et personne ne peut le contredire tant les deux Montpelliérains ont performé cette saison. Constants et décisifs, Gaëtan Laborde et Andy Delort ont été décisifs à 48 reprises pour le club de la Paillade en Ligue 1.

Cerise sur le gâteau, l’international algérien fait également partie des deux meilleurs passeurs du championnat français, derrière Memphis Depay. Une saison pleine de la part des deux hommes, qui ont permis à Montpellier de terminer à la huitième place de la Ligue 1. Et d'être la cinquième meilleure attaque du championnat derrière les cadors que sont le Paris Saint-Germain, l'Olympique lyonnais, Monaco et Lille. 

Ce qu'on a moins aimé 

L'ennui et le silence de nos stades

La place des supporters dans le monde du football est souvent débattue. Analysée. Et depuis le début de la pandémie de Covid-19, on se rend compte qu’ils n’ont jamais été aussi importants. Quand les travées du Stade Vélodrome et de Bollaert sonnent vide, c’est la Ligue 1 qui perd de sa saveur. Imaginer la passion des amoureux de l’Olympique de Marseille avec la folie de Jorge Sampaoli ou ceux de Lens avec la saison qu'a réalisée leur équipe peut faire envie. Mais outre les rêveries, certains clubs, qui ont des stades plutôt bouillants, n’ont pas réussi à faire une grande saison.

Pire encore, ils ont failli à domicile. Dans une Meinau qui sonne creuse, Strasbourg a glané 17 petits points à la maison, et plongé à la 18e place du classement des points remportés à domicile en Ligue 1. Même son de cloche pour l’AS Saint-Étienne, qui a pris 21 points à Geoffroy-Guichard... Soit 20 de moins que lors de la saison 2018-2019 (41). Le retour des supporters dans les gradins devrait bonifier les résultats de ces clubs. Et surtout, faire du bien à tout le monde !

Les Verts à moitié vide et le chaos à Bordeaux

Si les deux équipes ont vécu une saison haute en couleurs en devant lutter pour rester en Ligue 1, leurs coulisses ont, elles aussi, été mouvementées. D’abord du côté du Forez. Outre le maintien validé sur le tard, les deux présidents de l’AS Saint-Étienne, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer, ont annoncé le 13 avril dernier la mise en vente officielle du club, afin de "tourner une page pour l’intérêt de l’ASSE". Une décision qui est arrivée après la vive protestation des Magic Fans 91 contre la gouvernance bicéphale du club. Et le désordre en interne ne s'est pas déroulé que dans la Loire. 

À Bordeaux, King Street s’est retiré du club le 22 avril dernier. Symbole d'une gestion catastrophique qui dure depuis plusieurs années, les Girondins ont également été placés sous la protection du Tribunal de commerce de la ville et pourraient être rétrogradés administrativement. Une fin qui pourrait être tragique pour ce monument du championnat de France.

La valse des entraîneurs à Nantes

Les supporters ont dénoncé le "Kita Circus" lors de l’arrivée de Raymond Domenech, pour montrer leur mécontentement face à cette présidence fantasque. Il faut dire que depuis 2016, et le départ de Michel Der Zakarian, neuf entraîneurs se sont succédé au FC Nantes. Dont quatre cette saison. Après le départ de Christian Gourcuff (en décembre 2020), Patrick Collot a assuré l’intérim pendant quatre matchs. Avant le retour controversé de Raymond Domenech dans le football.

Sans banc depuis la Coupe du monde 2010 et le désastre de Knysna, l’ancien sélectionneur des Bleus a fait un passage remarqué, mais pas dans le bon sens, chez les Canaris. Lors de son passage express, il a eu le luxe de ne gagner aucune de ses huit rencontres (quatre nuls et quatre défaites), avant d’être limogé remplacé par Antoine Kombouaré. Ce dernier, qui n'a pas réussi à éviter à sa formation le barrage de la peur pour se maintenir en Ligue 1, avait par ailleurs confié en conférence de presse qu'il n'avait "jamais rêvé d’entraîner le FC Nantes". Une déclaration qui symbolise finalement la gestion de Waldemar Kita : complètement irréelle.

La prise de la Commanderie

Ce sont des images que l’on n’aime pas forcément voir. Le 30 janvier dernier, des centaines de supporters marseillais ont envahi la Commanderie, le centre d’entraînement de l’Olympique de Marseille, pour protester contre la gestion de Jacques-Henri Eyraud, remplacé depuis par Pablo Longoria au poste de président. De nombreuses banderoles ont été placées dans la ville comme "Les Olympiens vous haïssent", "JHE et la direction, Mickey-vous". En cause : des résultats sportifs décevants et une direction dénoncée par les amoureux de l’Olympique de Marseille.

Mais la fronde des supporters ne s’est pas arrêtée là. Le défenseur du club, Alvaro Gonzalez, a été touché par un projectile, lors de cette "révolte populaire". Des débordements inacceptables qui ont engendré des condamnations : trois personnes ont écopé de peines de prison ferme, avec des aménagements. Une action finalement perdante pour tout le monde.

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