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Ligue Europa : malgré la douche froide, les supporters du FC Nantes ont vibré

L’élimination du FC Nantes contre la Juventus en barrages de la Ligue Europa jeudi (0-3) n’a pas entamé l’enthousiasme des supporters nantais, témoins d'une soirée qui restera mémorable.
Article rédigé par Denis Ménétrier, franceinfo: sport - De notre envoyé spécial à Nantes
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Les supporters nantais ont assuré le show dans les tribunes du stade de la Beaujoire lors du barrage de la Ligue Europa entre le FC Nantes et la Juventus Turin, le 23 février 2023. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Une fin de match dans une ambiance de folie, des kops qui se répondent, un stade qui applaudit et fait la fête pour... une défaite. Le FC Nantes a bel et bien été éliminé de la Ligue Europa, jeudi 23 février, après sa large défaite contre la Juventus à domicile (0-3) en barrages. Mais ce lourd revers et le scénario cauchemardesque de la rencontre n'ont pas empêché les supporters nantais de faire du bruit jusqu’au bout du match et même après.

Depuis vingt-sept ans, les jeunes générations de supporters des Canaris entendent parler de la défaite de Nantes en demi-finales de la Ligue des champions 1996 contre la Juventus. Elles ont désormais la leur, mais celle-ci s'est déroulée dans une atmosphère bien différente. Le spectacle n'a pas été cette fois sur le terrain. 

Dès le milieu de l’après-midi, malgré la pluie, les maillots jaunes étaient de sortie dans les cafés et bars du centre-ville. Les premiers chants de supporters - certains déjà un peu éméchés -, ont été entonnés au bar La Beaujoire, à deux heures et demie du coup d’envoi de la rencontre. Après les premiers cris de ralliement, les premières tensions aussi.

Du beau monde à la Beaujoire

Les grands rendez-vous de Coupe d’Europe, le FC Nantes n’y est plus habitué, et les autorités locales non plus. Ces dernières ont fait face à un défi sécuritaire important, celui d’accueillir les 900 supporters italiens. Défi qui a provoqué le premier coup de chaud de la soirée à un peu plus d'une heure du coup d'envoi, au Saint-Georges, le QG de la Brigade Loire. Contenus par un cordon de CRS qui cherchait à filtrer l'arrivée des supporters, les ultras du FC Nantes sont parvenus à le contourner en abattant les grilles d'une propriété privée. 

"On n’est pas des méchants", lance un supporter qui se couvre le visage en raison des gaz lacrymogènes. "Les policiers ne viennent jamais nous embêter", assure un autre pour expliquer l'incompréhension, avant de se diriger vers le stade. Les tensions passées, place aux tribunes, où le bruit court qu’un tifo géant va être érigé. Il l’est, avec pour slogan : "Une ville en fusion, la Beaujoire en éruption". Au moment de l'entrée des joueurs sur la pelouse, la tribune Loire se transforme en volcan.

Des milliers d'écharpes aux couleurs du FC Nantes sont agitées dans les airs, les anciennes gloires du club invitées pour l’occasion, comme Didier Deschamps ou Claude Makélélé, participant à la fête. Tout le monde s'est retrouvé à Nantes pour cette soirée de gala, à l’instar de Laurent Berger, le patron de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), qui s’accorde une pause dans la lutte syndicale contre la réforme des retraites pour venir soutenir son "club de toujours".

Et les fumigènes ont fait leur apparition

Après vingt minutes de jeu, le scénario est cruel pour Nantes : les Canaris sont réduits à dix contre onze et menés de deux buts. La qualification s’éloigne mais les supporters n’abdiquent pas. Malgré la défaite qui se dessine et la pluie qui continue de tomber, la tribune Loire fait un bruit monstre. Le capo remontera le moral des joueurs nantais à l’issue de la rencontre : "On est à fond derrière vous les gars, le maintien [en Ligue 1] ça va le faire."

Perdu pour perdu, les fumigènes font leur apparition en masse en fin de match, alors que Nantes était sous le coup d’une suspension en cas d’utilisation d’engins pyrotechniques. "Attention, c’est interdit, c’est interdit", s’amusait un supporter sur le parvis du stade avant le match, en référence au message lancé par Antoine Kombouaré, l’entraîneur nantais à la veille de la rencontre : "Il faut que ce soit le feu dans le stade, mais au sens figuré."

Dans les voix, une pointe de déception

Après l’élimination, vient le moment de remballer. Autour de la Beaujoire, on refait le match en se consolant à la buvette. Dans les voix, une pointe de déception. Dans le tramway de retour dans le centre de Nantes, certains supporters sont déjà passés à autre chose et regardent l’AS Monaco se faire à son tour éliminer de la Ligue Europa. La vie peut reprendre son cours, avec la sensation d’avoir vécu un moment d’histoire.

Comme en 1996, Nantes vient d'être éliminé par la Juventus en Coupe d’Europe. "On a désormais une part d’histoire en commun avec nos aînés", sourit Jérémy, accompagné de sa copine Thérésa. Une différence fondamentale demeure : cette désillusion a eu lieu dans un stade de la Beaujoire en fusion, qui a soutenu son équipe jusqu’au bout. "On est comme ça à Nantes", s’amuse Thérésa, déjà tournée vers le prochain grand objectif du club : le quart de finale de Coupe de France contre Lens, mercredi prochain.

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