Ligue des nations : après un automne séduisant, des Bleus sans idées en début d’été

En panne d’inspiration contre la Croatie, au cours d’un match où l’absence de Paul Pogba a semblé flagrante, les Bleus ont une nouvelle fois démontré une impuissance offensive qui a accompagné tout ce rassemblement de juin.

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Au stade de France - Denis Menetrier - franceinfo: sport
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Lucas Digne assis devant Josip Stanisic lors du match de Ligue des nations France-Croatie, le 13 juin 2022. (FRANCK FIFE / AFP)

Il a eu beau faire plaisir à un jeune supporter descendu pour lui réclamer son maillot, Karim Benzema avait la mine déconfite, comme ses coéquipiers. Pour leur quatrième match dans cette Ligue des nations 2022, les Bleus n'ont une nouvelle fois pas su trouver la clé, lundi 13 juin, avec une défaite face aux Croates (0-1). Pire, ils n'ont presque rien montré.

L'équipe de France a perdu ses chances de conserver son titre dans la compétition, mais elle met aussi fin à une série de 23 matchs d'affilée avec au moins un but inscrit par match, débutée en novembre 2020. Terminés ces matchs où les Bleus savaient réagir après avoir encaissé un premier but. Ils n'avaient plus perdu depuis dix matchs dans cette situation. Mais cette fois, les idées qui permettent à de tels scénarios de se produire ont disparu.

Lorsqu'un joueur fait défaut à une équipe et que cela se voit autant, ça n'est jamais bon signe. Pour une fois, les absents n'ont pas toujours tort. Didier Deschamps attend très certainement le retour de Paul Pogba dans son équipe avec impatience, lui qui est toujours performant avec les Bleus et qui aurait très certainement su trouver quelques décalages salvateurs face au verrou croate.

La machine offensive déraille

Sans le désormais ex-milieu de Manchester United, l'équipe de France a traversé ce rassemblement de juin en enchaînant les périodes sans mouvement, sans fond de jeu bien identifié. "Ce type de joueurs cadres ont forcément un rôle dans l'état d'esprit, le caractère et la force collective", a constaté Didier Deschamps lundi soir. C'est ce qui a manqué aux Bleus en juin, avec un contraste édifiant après l'automne où ils avaient su maîtriser, certes avec des performances inégales, les ressorts offensifs d'un 3-4-1-2.

Après la défaite contre le Danemark il y a dix jours au stade de France, au cours de laquelle Kylian Mbappé a cédé sa place à la mi-temps, ce système a laissé place à une ligne de quatre défenseurs. Celle-ci n'a pas simplement manqué de répondre aux déboires d'une défense tricolore inexpérimentée, qui a multiplié les petites erreurs lors de ces quatre matchs. Elle a également fait dérailler une machine offensive jusque-là bien huilée. A l'image du match de lundi, les Bleus ont eu du mal à se trouver et ont enchaîné les échanges latéraux, sans parvenir à trouver l'ouverture vers l'avant.

Les statistiques ont bien penché en faveur des Français face à la Croatie, avec 17 tirs à quatre, mais les "expected goals", les chances de but en fonction de la position d'un tir, en disent long : 0,9 pour les deux équipes. Ainsi, la France n'a jamais vraiment su se mettre dans les bonnes dispositions pour trouver le chemin des filets adverses.

Deschamps s'est entêté

En l'absence de Pogba, les milieux ont manqué de créativité et de liant lors de ce rassemblement. Aurélien Tchouaméni a de grandes qualités, mais pas encore celles de son aîné dans le jeu offensif. Mattéo Guendouzi, Boubacar Kamara et Adrien Rabiot sont moins portés vers l'avant. Le salut aurait pu venir d'Antoine Griezmann, mais ce dernier traverse la période la plus difficile de sa carrière.

Pendant toute la seconde période ce soir, Jonathan Clauss s'est échauffé comme un dératé au bord de la pelouse dionysienne, en espérant faire son entrée en jeu avec un retour du 3-4-1-2. En vain. Didier Deschamps est resté sur son envie de terminer la rencontre à quatre défenseurs. Le sélectionneur a de fait délaissé le déséquilibre assumé vers l'offensive qu'impliquait le système permettant à Griezmann, Mbappé et Benzema d'être proches en attaque.

Ne pas avoir réussi à mettre les attaquants dans les meilleures conditions pour trouver l'ouverture constitue l'un des échecs de la soirée. "On a eu beau jouer à trois, à quatre ou à cinq sur ce rassemblement, ça a été compliqué" du point de vue physique, a précisé Deschamps.

C'est évidemment l'une des données à prendre en compte en cette fin de saison : les joueurs ont semblé manquer de carburant pendant tout ce rassemblement. Ils pourront faire le plein avant la reprise des matchs internationaux à la rentrée.

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