Super Ligue de football : "Les joueurs sont pris en otage", dénonce Philippe Piat, co-président de l'UNFP le syndicat des joueurs professionnels en France

Après l'annonce de la création de la Super Ligue par douze clubs européens, l'UEFA a promis des sanctions à l'encontre des joueurs participant à cette compétition fermée. Une décision injuste pour le syndicat UNFP qui parle de professionnels "pris en otage".

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Radio France
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Paul Pogba et Anthony Martial sont deux Internationaux français qui jouent à Manchester United, l'un des clubs anglais fondateurs de la Super Ligue. (OLI SCARFF / POOL)

Alors que la création d'une "Super Ligue" de football concurrente de la Ligue des Champions, annoncée par douze grands clubs européens, a provoqué une vive réaction de l'UEFA, Philippe Piat, coprésident de l'UNFP le syndicat des joueurs professionnels en France et de la FIFPRO qui regroupe les associations de footballeurs professionnels à l'international, estime que "les joueurs sont pris en otage".

franceinfo : Que pensez-vous de ce projet  ?

Philippe Piat : Je ne suis pas du tout emballé par cette Super Ligue, mais je suis surtout très choqué par les discussions entre l'UEFA et les 12 clubs dissidents. Ils ne se sont inquiétés ni des supporters, ni des joueurs. Le président de l'UEFA s'est avisé d'exclure les joueurs qui souhaiteraient rejoindre les clubs dissidents des équipes nationales, de la Coupe du monde et de la Ligue des Champions. Il veut faire preuve d'une autorité qui n'est pas la sienne. Des règlements communautaires existent pour empêcher ce type de comportement. Les joueurs sont pris en otage.

Quelle solution soutenez-vous en tant que joueur ?

C'est une question délicate. A priori, nous souhaiterions conserver la compétition telle qu'elle est actuellement et ne pas rejoindre les 12 clubs dissidents. Mais les annonces de l'UEFA ne nous donnent pas envie de soutenir sa position. Elle aurait dû consulter les joueurs avant de prendre ces décisions et elle ne l'a pas fait.

Craignez-vous la naissance d'un football à deux ou trois vitesses ?

Absolument. Le sport en général et le football en particulier doit être accessible également aux riches et aux moins riches. Les compétitions doivent permettre à chacun de participer avec les mêmes chances. Le projet de ces clubs dissidents est donc difficile à accepter. Mais encore une fois, il est compliqué pour nous de soutenir l'UEFA après les menaces qu'elle a ainsi formulées contre les joueurs.

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