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Marseille-Tottenham : comment s'explique la mauvaise passe de l'OM, dans le dur avant sa "finale" contre les Spurs en Ligue des champions

Les Marseillais n'ont gagné qu'un seul de leurs cinq derniers matchs, avant de recevoir Tottenham, mardi soir.

Article rédigé par Elio Bono, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Mattéo Guendouzi et Pau Lopez tête basse, après le nul concédé par Marseille à Strasbourg (2-2), le 29 octobre 2022. (SPEICH FREDERIC / MAXPPP)

Et soudain, la belle mécanique s'est enrayée. Fringant en début de saison (six victoires lors de ses huit premiers matchs) et porté par des recrues rafraîchissantes, l'Olympique de Marseille marque désormais le pas. Incapable de gagner le moindre de ses quatre derniers matchs de Ligue 1, le club phocéen joue son avenir européen dans des dispositions précaires contre Tottenham, mardi 1er novembre, en Ligue des champions. "Les joueurs méritent d'avoir cette finale à domicile"; estime Igor Tudor, l'entraîneur olympien. L'OM est dans l'obligation de s'imposer pour se qualifier pour les 8es de finale. Mais l'effectif semble avoir touché du doigt ses limites.

Le nul concédé à Strasbourg (2-2) samedi soir a mis en exergue les dysfonctionnements marseillais. Conquérants pendant soixante-quinze minutes, les Olympiens se sont sabordés en Alsace. "Particulièrement triste et déçu" après ce faux pas, Igor Tudor a été pointé du doigt pour son coaching hasardeux. Les entrées de Nuno Tavares, Valentin Rongier et Isaak Touré ont déréglé un collectif jusque-là huilé. "Ce n'est pas la question, on doit gagner quels que soient les changements", a évacué le technicien croate.

Seulement trois buts inscrits par des remplaçants

Il n'empêche, la gestion des remplacements interroge depuis le début de saison. Seuls trois des vingt-neuf réalisations marseillaises, L1 et C1 confondues, ont été l'œuvre des entrants. Ces buts ont, en plus, été inscrits contre Reims (4-1) et à Auxerre (2-0), quand l'avantage était déjà acté. C'est également dans ces deux uniques rencontres que des passes décisives ont été distillées par des remplaçants. En clair, l'apport offensif en sortie de banc est insuffisant, et ne permet pas à l'OM de se sortir de situations compromises.

Ce fut criant à Francfort mercredi dernier, où les entrants Cengiz Ünder et Luis Suarez n'ont pas pesé pour concrétiser la domination stérile marseillaise. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer, puisqu'Igor Tudor a procédé à ses cinq changements 16 fois en 18 matchs. Tout ces maux ne sont pas, non plus, uniquement imputables aux entrants. L'OM, qui a inscrit 38% de ses buts dans le second acte, a, plus globalement, du mal à finir ses matchs. 

"Tudor a intérêt à faire plus tourner son effectif pour le bien des joueurs, gagnés par la fatigue physique et nerveuse", prévenait l'ex-préparateur physique du club Didier Faruggia, dans La Provence fin septembre. Des joueurs comme Jonathan Clauss, Chancel Mbemba et Mattéo Guendouzi ne se reposent jamais. S'ils restent performants, ils finissent parfois sur les rotules, comme le piston international. "Je n'ai pas l'habitude d'enchaîner tous les trois jours, il faut un temps d'adaptation", déclarait ainsi Clauss après un nul contre Rennes (1-1).

A la décharge de Tudor, les solutions de repli sont limitées. Seul Issa Kaboré est par exemple un spécialiste du rôle de piston et couvre deux postes sur le banc. D'autres remplaçants, comme le milieu offensif Gerson, sont mis de côté. Incontournable lors de la deuxième partie de saison passée, le Brésilien est, avec Dimitri Payet, un symbole du management sans états d'âme du Croate. Il n'a joué que 18 minutes sur les cinq derniers matchs, ce qui a le don d'agacer son père et agent.

Preuve que tous les soucis marseillais du moment ne proviennent pas uniquement du management, des joueurs montrent également des signes d'essouflement. Prometteur à ses débuts, Nuno Tavares inquiète défensivement et n'est plus décisif. L'apport réel de Jordan Veretout, auréolé d'un statut d'international et de valeur sûre de Serie A, se fait attendre. Il faut dire que son association avec Valentin Rongier est limitée, de fait, par le profil similaire des deux hommes. Le défenseur Samuel Gigot, volontaire mais terriblement maladroit, a déjà reçu deux rouges.

En attaque, la solution Bamba Dieng

Offensivement, l'attaquant Alexis Sanchez tire tout de même son épingle du jeu avec 6 buts. Mais le Chilien apparaît souvent isolé. A bientôt 34 ans, l'ex-Barcelonais, laissé au repos à Strasbourg, enchaîne difficilement les matchs. Là aussi, les alternatives ne pleuvent pas. Le buteur colombien Luis Suarez, quasi néophyte au niveau européen, ne suffit pas.

Les départs précipités de Cédric Bakambu (Olympiakos) et Arkadiusz Milik (Juventus) en fin de mercato privent Igor Tudor d'un profil de réel numéro 9 de fixation, capable de remonter le bloc et de fixer la défense adverse. Placardisé puis relancé en Alsace, Bamba Dieng a séduit en ouvrant le score. Un bon moyen de donner des idées à son entraîneur, qui pourrait l'inclure plus régulièrement dans la rotation.

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