Ligue des champions : Paris et l'art des batailles en attendant de gagner la guerre

En battant Manchester City sans encaisser de but mardi soir (2-0), les Parisiens ont rappelé que derrière la somme des individualités, il y avait un collectif qui savait gagner les matchs importants.

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Au Parc des Princes - Andréa La Perna - franceinfo: sport
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Célébration collective après le tour de magie de Lionel Messi contre Manchester City. (FRANCK FIFE / AFP)

"Le plus important aujourd'hui, c'est la performance de toute l'équipe : d'avoir attaqué ensemble sans prendre de but. On était solides, ça donne beaucoup de confiance et de sérénité sur le terrain". Peu avant de recevoir son trophée d'homme du match, Idrissa Gueye a refusé d'attirer toute la lumière au micro de RMC Sport après la victoire du Paris Saint-Germain contre Manchester City mardi 28 septembre en Ligue des champions (2-0). Derrière ce poncif d'après-match se cache une lecture clé de la prestation parisienne.

Qui aurait imaginé, avant le coup d'envoi, que ce PSG, désormais coutumier des victoires ric-rac en Ligue 1, dominerait collectivement l'armée réglée de Pep Guardiola, finaliste de la dernière C1 ? À force de lectures à ornières, rivées sur les moindres faits et gestes ou prétendus faux accords du trio offensif Mbappé-Neymar-Messi, on en a presque oublié qu'en 2021, dans un passé proche, Paris avait déjà réussi à s'offrir le scalp du Bayern Munich et du FC Barcelone de cette manière.

Après le Bayern et le Barça

S'il y a bien une chose que l'on ne peut pas retirer à Mauricio Pochettino, c'est qu'il sait mettre en oeuvre un plan de bataille les soirs de grands matchs. À défaut de vouloir montrer sa patte, l'entraîneur argentin préfère la jouer caméléon, en adaptant son équipe, ses hommes et son projet de jeu en fonction d'un contexte et d'un environnement donnés. À Munich lors de la victoire 3-2 le 7 avril, la recherche immédiate de verticalité, si possible dans le dos de la ligne très haute du Bayern, avait porté ses fruits.

Face à Manchester City, le plan de jeu était aussi d'accepter de subir et de faire mouche sur attaque rapide. Les deux buts, respectivement marqués par Idrissa Gueye et Lionel Messi, ont découlé de cette stratégie. Depuis l'arrivée de Pochettino sur le banc du club de la capitale, le PSG a accepté de souffrir. Alors qu'il enchaînait les désillusions, de Stamford Bridge au Camp Nou, se délitant à chaque fois qu'il subissait, l'ambitieux nouveau riche a pris l'habitude en 2021 de gagner des matches qu'il aurait dû perdre sur le papier.

La réussite est maximale et quel plus beau symbole que l'occasion gâchée par Bernardo Silva mardi soir. Alors que le ballon venait déjà de toucher la barre transversale de Gianluigi Donnarumma, le Portugais l'a renvoyé dessus alors qu'il était à moins d'un mètre d'une ligne de but désertée (26e). Derrière ce miracle, les superstitieux diront que le mauvais sort a enfin fini d'accabler le PSG. Mais une autre lecture dira que si cette occasion est si marquante c'est surtout parce qu'elle était la seule chance concrète des Citizens, dont les sept tirs cadrés étaient soit trop axiaux, soit dans l'angle fermé, parce que l'organisation défensive parisienne a fait son travail.

Ne plus attendre les soirs de gala pour le faire

Le capitaine Marquinhos a agi en tour de contrôle pour dévier les trajectoires dangereuses des centres. Rugueux au duel, Presnel Kimpembe a joué un rôle dissuasif. Mais à côté des tâches habituelles de la charnière, c'est toute l'équipe qui s'est adaptée. Les latéraux Achraf Hakimi et Nuno Mendes ont renié leur tempérament ultra-offensif pour bloquer leur couloir en premier lieu. L'inexpérimenté Mendes, qui fêtait sa première titularisation en C1 à 19 ans, a bénéficié du soutien de l'infatigable Idrissa Gueye toute la rencontre (qui l'a terminée quasiment arrière-gauche). C'est même Neymar en personne qui est venu mettre la main à la pâte en première période sur un côté où le jeu a clairement penché. 

Au milieu, l'objectif était de profiter du retour de Marco Verratti et de sa capacité à conserver le ballon dans les zones les plus hostiles pour annihiler le pressing de City. Dans un rôle de numéro 6 reculé qu'il a rarement occupé, "Petit Hibou" a parfaitement exécuté sa partition, mi-soliste mi-chef d'orchestre, et profité des projections de ses relayeurs Gueye et Herrera pour initier les contres. Le plan a marché parfaitement, de l'ouverture du score sur la première offensive (8e minute) au 2-0 sur le 3e et dernier tir cadré parisien.

Mais la liesse d'une soirée et la réussite d'un plan isolé ne sauraient balayer les incertitudes installées au fil des semaines. En poste depuis bientôt 10 mois (et maintenant 45 matches), Mauricio Pochettino a peut-être prouvé que son équipe était capable de triompher lors des soirs qui comptent, mais il n'y a toujours pas la trace d'un projet de jeu au long terme. Les onze de départ changent tous les trois jours. Le style de jeu n'est toujours pas identifiable. Il manque une routine à cette équipe qui fait mouche grâce à son imprévisibilité et qui a besoin du supplément d'âme des grands soirs pour s'affirmer.

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