Vincent Demarconnay, le PFC: Portier Fidèle au Club

Sa 13e saison au Paris FC pourrait bien lui procurer le plus grand des bonheurs. À 37 ans, le gardien Vincent Demarconnay, souvent décisif depuis le début du championnat, est l’un des principaux artisans du départ canon réalisé par son club, actuel leader de Ligue 2, qui accueille Auxerre ce soir (19h). Une juste récompense pour un joueur « à l’ancienne », comme on n’en voit malheureusement plus beaucoup.
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France Télévisions
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Vincent Demarconnay (JULIEN GUICHARD   @GJVLIEN)

Au Paris FC, on a déjà prévu l’événement. Ou plutôt les événements. Le 5 décembre à Troyes, si tout va bien, l’emblématique gardien Vincent Demarconnay égalera le record du plus grand nombre de matches disputés par un joueur sous le maillot du PFC (actuellement détenu par l’ancien défenseur Lamri Laachi; 270 matches) avant de le battre définitivement dix jours plus tard à Charléty contre Rodez. Une sacrée performance dans le football moderne, rythmé par ses mercatos semestriels mais aussi au Paris FC qui a vu défiler bon nombre de joueurs ces dernières décennies.

"Le plus étonnant dans l’histoire, c’est que je suis arrivé au club en 2008 dans les bagages de l’entraîneur Jean-Marc Pilorget, qui est toujours, à l’heure actuelle, le joueur le plus capé de l’histoire du PSG (435 matches). Et moi, je vais devenir le joueur le plus capé du... PFC ! Comme quoi, les deux clubs ont bien une histoire commune !" rigole le Poitevin qui fêtera ses 38 ans en avril prochain. 

PFC  comme "Pas Facile à Conquérir"

Avant de battre des records de fidélité et de voir le Paris FC s’affirmer ces dernières années comme le deuxième club de la capitale, Vincent aura vraiment tout connu avec le petit frère (autrefois siamois) du PSG, à la trajectoire beaucoup plus incertaine et semée d’embûches.

Vincent Demarconnay

"C’est vrai que j’ai connu l’époque où, faute de centre d’entraînement dédié, on était trimbalé un peu partout: de la Porte de Montreuil à Bry-sur-Marne en passant par Mitry-Mory, Choisy-le-Roi et même l’INSEP!" confie Vincent qui, lui-même, a pas mal navigué entre Alfortville et Maisons-Alfort où il habite aujourd’hui.

"Pour les matches, j’ai même fait toute une saison au stade Déjerine (dans le 20e arrondissement) quand la FFF avait autorisé les stades de catégorie 3 en National. Le président avait choisi de nous faire jouer là-bas sur terrain synthétique pour profiter d’un contexte très parisien, on va dire, et faire vivre l’enfer aux équipes adverses dans une enceinte à l’ancienne", se remémore goguenard l’ancien capitaine. "Mais bon, dès la saison suivante, on était retourné à Charléty. C’est quand même mieux si tu veux faire signer des joueurs d’un certain calibre." 

PFC comme "Plus forcément capitaine" 

A l’image de son club, depuis son arrivée dans la capitale, Vincent Demarconnay aura fait les montagnes russes, comme à la foire du Trône. "J’ai connu des hauts et des bas, des montées, des descentes et aussi quelques petites histoires de repêchage, notamment après une saison qui aurait dû nous voir plonger en CFA", raconte Vincent qui, avec le temps, s’est révélé être un parfait baromètre pour son club de cœur, par tous les temps. Les saisons où il se montre le plus régulier et décisif dans les buts coïncident en effet parfaitement avec les meilleurs exercices du PFC ces dernières années.

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Quand Vincent est élu par ses pairs meilleur gardien de Ligue 2 en 2019, le club parisien entrevoit une première fois la montée parmi l’élite en disputant les pré-barrages (défaite aux tirs au but face à Lens à Charléty). À l’inverse, quand l’emblématique gardien est moins bien, le Paris FC plonge au classement, comme la saison dernière.

"Je n’étais pas bon, on peut le dire", reconnaît avec franchise Vincent Demarconnay qui a perdu en quelques mois le brassard de capitaine et sa place de titulaire, lui qu’on pensait indéboulonnable... La nomination de René Girard début janvier comme entraîneur le remet en selle et en scène. "J’avais enclenché ma réhabilitation à l’automne déjà en mettant les bouchées doubles à l’entraînement. J’étais prêt à reprendre ma place mais l’ancien staff en a décidé autrement. Quand il est arrivé, René Girard m’a donné d’emblée sa confiance", explique Vincent.

 René Girard, entraîneur du Paris FC (FRANCK FIFE / AFP)

"Il sortait d’une saison pleine et il a eu un creux. C’est le lot de tous les joueurs, de toutes les équipes. On ne peut pas être au top tout le temps", abonde le technicien, champion de France avec Montpellier en 2012. "Je l’ai réinvesti tout de suite comme numéro 1 car j’ai besoin d’avoir une hiérarchie claire entre mes gardiens. Je savais qu’il n’avait pas perdu toutes ses qualités du jour au lendemain et il est vite revenu, grâce à ses prestations."

La deuxième moitié de championnat n’a en effet rien à voir avec la première, même si, rétrospectivement, le PFC et son gardien revigoré sont passés tout près de la relégation à Troyes lors de la 28e journée, la toute dernière disputée avant le coup de sifflet final intempestif donné par la Covid-19. Le championnat est terminé mais le Paris FC, lui, s’est relancé.

"C’est souvent comme ça. Un club qui se sauve de justesse est souvent bien meilleur la saison suivante. Et c’est vrai que dès la reprise, les signaux étaient très encourageants. Le groupe était déjà formé et les bons résultats se sont très vite enchaînés. Déjà lors des matches amicaux (six victoires en sept matches) puis dès l’ouverture du championnat (trois succès lors des trois premières journées)."

PFC comme "Plus Forte Croissance"

Après dix matches disputés, voilà donc le Paris FC en tête de la Ligue 2 avec sept longueurs  d’avance sur son dauphin troyen. Au point de se prendre à rêver d’un retour parmi l’élite, 42 ans après la dernière saison passée en D1, l’ancêtre de la Ligue 1 ?

"Évidemment qu’on en a tous envie ici et que les supporters commencent à nous en parler mais on n’est pas encore rentré dans le cœur du championnat. On y verra plus clair en mars", tempère le gardien qui a vu le club parisien (comptant désormais le royaume du Bahreïn parmi ses actionnaires) prendre son envol ces derniers mois, depuis qu’il a pris ses quartiers à Orly en 2019.

"On a désormais des installations dignes d’un vrai club professionnel avec un centre d’entraînement, de formation et des bâtiments administratifs regroupés au même endroit, ça crée du liant", confie Vincent dont le contrat s’achève en juin prochain. "J’ai reçu certaines sollicitations de la part d’autres clubs par le passé, j’aurais pu aller voir ailleurs à certains moments mais je suis resté. Et plus les années passent, plus l’attachement au club grandit. Là, je vais peut-être écrire la plus belle page de mon histoire avec le Paris FC cette saison. Je ne sais pas si ce sera la dernière, rien n’est décidé", poursuit le jeune papa de jumeaux qui a épousé Marine en février dernier. "On s’est marié civilement mais la noce était prévue en juin... Bon avec le Covid, on a dû reporter en juin 2021!" Qui sait, à ce moment-là, Vincent Demarconnay aura peut-être même plusieurs événements à fêter.

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