Football : jugé pour agressions sexuelles, l'ex-président d'Angers Saïd Chabane nie tout en bloc

Le procès de l'ancien président du SCO, accusé par sept femmes d'agressions sexuelles "commises par personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction" démarrait lundi à Angers.
Article rédigé par franceinfo: sport avec AFP
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 2 min
Saïd Chabane lors d'une conférence de presse à Angers, le 26 mars 2021. (LOIC VENANCE / AFP)

Saïd Chabane, ex-président et actuel propriétaire du club de football d'Angers (Ligue 2), a nié devant le tribunal correctionnel de la ville, lundi 18 décembre, les faits dont l'accusent sept femmes. Il est jugé jusqu'au 19 décembre pour des agressions sexuelles "commises par personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction".

La première plainte avait été déposée en janvier 2020 par une salariée du SCO d'Angers. Elle dénonçait des faits survenus selon elle quelques mois plus tôt lors d'un voyage à Madrid auquel participaient plusieurs employés. D'après la jeune femme, qui avait 25 ans à l'époque, Saïd Chabane lui avait caressé la cuisse lors d'un trajet en taxi, avant de prendre sa main et de la placer sur son sexe en érection. Il lui avait ensuite touché, selon elle, les fesses et la poitrine lors d'une séance de shopping en tête-à-tête, à laquelle elle n'avait "pas osé dire non".

Il accuse une plaignante de mentir

"Ce n'est pas moi, ce n'est pas moi", n'a cessé de répéter Saïd Chabane à la barre. Lorsque la présidente lui a demandé pourquoi, selon lui, la plaignante avait porté plainte, il a répondu : "Je ne sais pas. Je ne sais pas. C'est la question que je me pose depuis quatre ans. Je ne sais pas." "Est-ce que (la plaignante) est une menteuse ?", a insisté la présidente. "Dans ce cadre-là, oui", dit-il.

"J'ai déposé plainte pour éviter que ce comportement ne se reproduise sur d'autres femmes. J'ai déposé plainte de moi-même, sans aucune autre pression", a déclaré la plaignante, qui affirme avoir "fait une croix sur (son) avenir professionnel" à la suite de son dépôt de plainte. Cette dernière a précisé travailler aujourd'hui dans un secteur sans rapport avec ses études en marketing sportif.

"On m'avait conseillée de ne pas rester seule avec lui."

Une des plaignantes

lors de l'audience le 18 décembre 2023

Une autre plaignante a expliqué avoir été agressée alors qu'elle était seule avec Saïd Chabane dans les bureaux du club. D'après elle, l'ex-dirigeant lui a massé les épaules puis touché la poitrine alors qu'elle était assise à son poste. Il l'a ensuite enlacée en caressant ses fesses, a-t-elle précisé dans sa plainte. "Je ne me suis jamais retrouvé seul en tête-à-tête avec elle", a répondu le prévenu à la barre. Les sept plaignantes étaient salariées du club ou de son entreprise de charcuterie au moment des faits dénoncés, entre 2014 et 2019. L'une d'elles a évoqué lors de l'audience une "ambiance de machisme" au sein du club à l'époque. 

De son côté, Saïd Chabane a dénoncé une "présomption d'innocence devenue insignifiante" et s'est défendu de toute "domination" avec ses employés. Empêtré dans une succession d'affaires - il est également accusé de blanchiment en bande organisée et d'exercice illégal d'agent de joueurs par le tribunal de Bobigny - et une situation sportive catastrophique, Saïd Chabane n'est plus le président du SCO depuis mars 2023, ce dernier ayant cédé sa place à son fils Romain. Mais, il demeure le propriétaire de l'actuel leader de Ligue 2.

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