PSG : Mauricio Pochettino réussira-t-il à imposer une nouvelle identité de jeu ?

Victorieux contre Angers mais encore laborieux dans ce qu’il propose dans le jeu, le Paris Saint-Germain continue de présenter les mêmes lacunes observées depuis presque le début de l’ère QSI. Si Mauricio Pochettino n’a pas encore eu le temps d’imprimer sa patte dans l’animation parisienne, l’entraîneur argentin va rapidement être jugé dans sa faculté à résoudre les problèmes d’intensité de son équipe, trop habituée à se reposer sur ses individualités.
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France Télévisions
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 (ALAIN JOCARD / AFP)

4 matches, aucune défaite, un trophée... Les débuts de Mauricio Pochettino sur le banc du Paris Saint-Germain se déroulent sans gros accroc. Le seul caillou dans sa chaussure n'est pour l'instant que son absence forcée contre Angers ce samedi soir (victoire poussive 1-0) pour cause de Covid-19. Dans un contexte qui lui est peu favorable, l'Argentin s'en sort plutôt bien, lui qui est arrivé en cours de saison en prenant la place d'un entraîneur qui avait réussi à se mettre le vestiaire dans la poche.

A Paris, l'indulgence ne dure qu'un temps

Deux semaines de travail ne sauraient suffire à tirer un bilan, mais après un temps d'indulgence, lui laissant le temps de prendre ses marques, Pochettino va rapidement se retrouver confronté aux problématiques qui avaient donné du fil à retordre à ses prédécesseurs, celles-là même qui avaient entamé leur légitimité. Va-t-il réussir à changer le visage d'un PSG trop souvent estimé en deçà de ce qui est attendu de lui ?

Sous Laurent Blanc, Paris s'était enfermé dans un jeu de possession trop stérile tout en se reposant sur la létalité de Zlatan Ibrahimovic. Ensuite, Unai Emery avait tenté d'imposer un jeu plus vertical, plus direct, mais en plus de ne pas réussir à le systématiser sur le pré, le coach espagnol avait fini par se mettre à dos des éléments clés du vestiaire dont Thiago Motta et Thiago Silva. Thomas Tuchel, lui, pensait avoir trouvé la solution en trouvant un compromis en chouchoutant Neymar et Kylian Mbappé, quitte à revoir à la baisse ses ambitions dans le jeu

Les années ont passé mais le club de la capitale est toujours confronté aux mêmes problèmes d'intensité et il est devenu de plus en plus dépendant de ses individualités. Pire, son leadership en Ligue 1 n'avait plus été autant contesté depuis le sacre de Monaco en 2017. Contre Angers, un adversaire qui ne connaissait quasiment que la défaite depuis son retour dans l'élite en 2015, le PSG s'est par exemple imposé de manière très poussive ce samedi (1-0). Neymar n'a pas réussi à être décisif dans ses numéros de soliste. Mbappé est resté frustré et imprécis. Dans un match sans grande intensité, c'est sur un centre dévié involontairement au second poteau par Romain Thomas que Layvin Kurzawa a marqué l'unique but de la rencontre (70e).

Oser une nouvelle identité ou consolider sa légitimité ?

Mauricio Pochettino n'était pas présent au stade Raymond-Kopa et il ne saurait être tenu responsable des lacunes créatives de ce PSG, mais un changement d'identité se fait attendre depuis trop longtemps. Sa réputation bâtie en Angleterre plaide en sa faveur, lui qui avait mené Tottenham jusqu'en finale de la Ligue des champions en 2019 en se basant sur un pressing réactif et intense. Dans un portrait fait par Libération en 2018, il est aussi décrit comme ne supportant pas l'individualisme. On dit l'Argentin, passé à l'école Marcelo Bielsa, doué d'une capacité d'analyse au-dessus de la moyenne.

A Paris, il n'a tenté pour le moment qu'une seule chose : installer Marco Verratti au poste de numéro 10, pour profiter de ses qualités techniques et de passe plus haut sur le terrain. Mais le retour en forme de Neymar rend peu probable la poursuite d'une expérience qui avait surtout pointé la difficulté du PSG à construire sans l'Italien devant la défense. L'expérience a d'ailleurs été remise en question contre Angers, au moment où le PSG enchaîne deux victoires consécutives en Ligue 1 pour la première fois depuis le 7 novembre. Si la série continue, Pochettino pourrait être tenté de plus rien toucher, de faire confiance à son autre facette, celui du coach pragmatique, quitte à attendre que les résultats menacent sa légitimité pour réagir. Une stratégie trop souvent observée à Paris ces dernières saisons, et tout simplement contraire à toute instauration d'un nouveau projet de jeu.

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