OM-PSG : récit d'une soirée volcanique

Cela ne s'est pas traduit au score (0-0), mais le Classique de dimanche soir a bien été l'une de ces grandes soirées de football dont on se souvient quand on y était.

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France Télévisions
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Les tribunes du Vélodrome se sont embrasées lors du Classique OM-PSG le 24 octobre 2021. (FRED DUGIT / MAXPPP)

Un an et demi de pandémie avait presque fait oublier la saveur et l'odeur des  grands matches. Lors du Classique contre le Paris Saint-Germain, dimanche 24 octobre, le peuple marseillais a tout fait pour le rappeler. Les 65 000 personnes qui garnissaient les tribunes du Vélodrome retiendront volontiers l'ambiance et non le strict résultat, neutre et évidemment décevant (0-0).

Assourdissante, stridente, quand le ballon a eu le malheur de se retrouver entre les pieds de joueurs parisiens. Extatique et désinhibée quand elle en héritait. La clameur a accompagné son équipe jusqu'au coup de sifflet final, d'une seule et même voix, aucun supporter parisien n'étant autorisé dans l'enceinte. Avant la rencontre, un supporter marseillais confiait : "Je m'en fiche du résultat. On est censé perdre de toute façon. Une ambiance comme ça vaut plus que toutes les victoires en Ligue 1".

Pour le comprendre, il faut se détourner de l'angle réducteur de la diffusion télé. Plusieurs heures avant le coup d'envoi, le match avait déjà commencé dans les rues phocéennes. Impossible de passer devant une terrasse du Vieux-Port sans y voir un maillot du club fièrement arboré. Le plus souvent son porteur se jette dans une série de pronostics. Soudain, un percussionniste ambulant se retrouve à appuyer des chants de supporters, martelant les "aux armes" de quelques passants déjà prêts à en découdre.

La ferveur est montée crescendo. Dans une rame de métro bondée, en direction du stade, un ancien, abonné au "Vél" depuis 17 ans, recadre un jeune et le convainc de ranger sa cigarette. Sans la moindre animosité, la conversation entre les deux inconnus dévie sur le match : "Ca va péter ce soir", "oui, ça va être la folie, mais à nous de faire attention". Au-dessus de toutes les têtes plane la même menace : un retrait d'un point pour le club qui reçoit comme après les débordements à Nice, le 22 août dernier.

Une expérience sensorielle

La veille du match, la capitaine marseillais Dimitri Payet prenait lui-même la parole sur les réseaux sociaux pour exhorter les supporters à faire preuve "d'exemplarité". "Il faut surtout que ça reste une fête, il faut que ça reste la fête du football", insistait-il. Ni ses mots, ni la lettre du président Pablo Longoria et les rappels du speaker du Vélodrome n'auront pas suffi à cadenasser cette foule bien trop investie dans sa soirée. 

Neymar, protégé par un vigile avec un bouclier au moment de tirer un corner devant un virage du Vélodrome le 24 octobre 2021. (CHRISTOPHE SIMON / AFP)

Des jets de projectiles ont interrompu à deux reprises le cours du match. Les deux fois, les virages ont pris Neymar pour cible alors qu'il s'apprêtait à tirer un corner (27e, 53e). Toujours interdits par le règlement de la Ligue professionnelle de football (LFP), fumigènes et pétards ont été craqués par centaines dans l'enceinte du stade, alors que l'on aurait pu croire que les festivités sur le parvis - plus de deux heures avant le début des hostilités - avaient suffi à épuiser les stocks. 

La révélation d'un gigantesque tifo en trois dimensions côté virage sud a été l'occasion de faire rougeoyer les tribunes jusqu'à lui donner des airs de volcan. Près de dix minutes après le coup d'envoi, un épais brouillard menaçait toujours d'envelopper les vingt-deux acteurs. Visuel, avec des teintes inhabituelles de gris et de rouge, le spectacle s'est transformé en expérience sensorielle où l'odeur des fumigènes s'est mélangée avec une clameur aussi capricieuse qu'assourdissante.

"La ferveur de l'OM est la meilleure de France, elle est incroyable. Quand j'ai eu l'opportunité de venir, je ne me suis pas posé de questions. Je savais que je venais pour les gens de Marseille", a réagi l'entraîneur phocéen Jorge Sampaoli en conférence de presse. "On a montré un beau visage, on s'est battu jusqu'au bout, et rien que pour l'ambiance, c'était le plus beau match de ma carrière", s'est même enflammé William Saliba en zone mixte.

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