Marseille : Andre Villas-Boas, la fin de l'état de grâce

En une saison, Andre Villas-Boas s’est mis Marseille dans la poche, en portant l’OM à la seconde place du championnat, synonyme d’un retour en Ligue des champions, 7 ans après sa dernière participation. Un retour qui, aujourd’hui, met en lumière les premières limites du technicien portugais, pour l’instant incapable de faire franchir un cap à son groupe, et loin de la dynamique de la saison dernière. Après une année de rêve sur la Canebière, l’acte II d’AVB à l’OM débute. Sera-t-il aussi joyeux que le premier ?
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France Télévisions
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André Villas Boas, entraîneur de l'Olympique de Marseille. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Après deux journées de Ligue des champions, l’OM est bon dernier de son groupe avec zéro point, derrière Porto et l’Olympiakos (3 points), et Manchester City (6 points). Plus que la défaite à domicile face aux Anglais mardi (0-3), attendue et prévisible, c’est celle en ouverture sur la pelouse des Grecs qui fait tache, alors que le début de saison en Ligue 1 est plutôt réussi d’un point de vue comptable. Quoi qu’il en soit : à l’heure du premier bilan après le premier tiers de cette phase de poule, Marseille est au bord du gouffre, et le prochain déplacement à Porto s’annonce décisif. Mais au-delà du bilan comptable en C1, c’est surtout la fin de l’état de grâce pour Andre Villas-Boas, de plus en plus critiqué, et de moins en moins inspiré sur ses choix.

Dans le jeu, l'OM n'y est plus

Certes, il faudrait faire preuve d’une mauvaise foi lunaire pour blâmer uniquement l’entraîneur portugais pour la défaite contre Manchester City, une équipe largement supérieure à l’OM. D’autant que c’est sur une erreur individuelle de Rongier que le match a basculé. D’ailleurs, face aux hommes de Pep Guardiola, Villas-Boas a tenté un pari, faisant évoluer son équipe dans un 5-3-2 inhabituel, très défensif, et se privant de Payet et Benedetto au coup d’envoi. Des choix qui ne se sont pas avérés payants, mais qui étaient forts. Preuve que l’entraîneur portugais n’a pas abdiqué, et qu’il peut se remettre en question, comme lors de son passage en 4-4-2 losange sur les deux derniers matches de championnat. Tant mieux, car il en est grand temps, plus d’un an après son arrivée sur le Vieux Port, et plusieurs mois après son faux départ.

Depuis le début de saison, le niveau de jeu affiché par l’OM flirte en effet avec le néant, et la forme affichée en Ligue 1 tient essentiellement à Florian Thauvin et aux coups de pieds arrêtés. Des mirages qui masquent le véritable niveau de Marseille. Après une préparation estivale perturbée par la Covid-19, l’entraîneur marseillais ne peut plus se cacher derrière cette excuse, ni derrière celle des méformes de plusieurs cadres de la saison passée (Payet, Benedetto, Sanson…). Le fait est que Villas-Boas est plus inspiré en conférence de presse, où il brille toujours autant par sa communication, que dans ses choix tactiques et l’animation de son équipe. "Quand on joue en bloc bas et qu’on doit parcourir 70 mètres pour aller mettre un but c’est difficile", a ainsi taclé Florian Thauvin au micro de RMC Sport, après avoir couru derrière le ballon contre City pendant 90 minutes.

Une sortie qui témoigne d’une lassitude au sein du vestiaire marseillais ? Peut-être, ou peut-être pas. Mais une statistique de ce même OM-Manchester City vient confirmer que le fighting spirit insufflé par le technicien portugais la saison passée semble s’être envolé : en ayant eu le ballon deux fois moins que City, l’OM a commis deux fois moins de fautes, là où une équipe dominée compense normalement par un engagement physique de tous les instants. Et sur ce point, qui était sa force l’an passé, Marseille n’y est plus non plus. Or, sans sa grinta, l’OM de Villas-Boas n’est plus grand chose, puisqu’il ne sait pas quoi faire ballon au pied. On pourrait aussi reprocher à l’entraîneur portugais sa gestion du cas Mitroglou, mis au placard, alors que Benedetto gagnerait à être mis en concurrence, peu importe ce que l’on pense du Grec. 

"Chaque équipe a ses caractéristiques et ses joueurs. On a joué à 5 derrière comme dix des derniers adversaires de City, ce n’est pas une nouveauté pour eux. On n’allait pas jouer en 4-4-2 contre City. Le bloc n’était pas trop bas", s’est défendu Villas-Boas après le match au micro de RMC, citant l’exemple de Lyon, qui avait joué de la même façon avec un tout autre résultat lors du Final 8 (victoire 3-1). En conférence de presse, il est monté d'un cran dans l'énervement : "Lorient (victoire 1-0 de l'OM) ou City ce n'est pas la même chose! Vous commencez à critiquez tous les choix que je fais. J'ai ce rapport franc avec vous, mais quand même il ne faut pas exagérer. City est City, a dépensé plus d'un milliard sur des années pour bâtir cette équipe, a un coach qui est un phénomène, joue la possession du ballon, comme avec le Bayern Munich ou Barcelone. Malheureusement Marseille n'a pas d'argent pour faire venir Guardiola, malheureusement vous avez AVB et sa tactique..." 

L’entraîneur Portugais, plus agacé qu’à l’accoutumée, s’est ensuite projeté sur la double confrontation contre le FC Porto, son club de cœur, celui qui l’avait révélé. Et celui qu’il va devoir battre deux fois pour continuer d’espérer dans cette Ligue des champions, et surtout relancer son aventure marseillaise, en perte de vitesse. Car si perdre contre Manchester City n’a rien d’humiliant, une troisième défaite en autant de matches sur la pelouse de Porto serait rédhibitoire pour la suite de l’aventure en C1, et compromettante pour un éventuel reversement en Europa League. Autant dire que Villas-Boas jouera gros contre son cher et tendre FC Porto. 

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