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Ligue 1 : Rennes et le frisson de l'Europe

Pour la première fois depuis sept ans, le Stade Rennais va goûter de nouveau à l’Europe et va devoir savoir jouer sur plusieurs tableaux, avec l’objectif d’être performant dans toutes les compétitions.
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France Télévisions
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Rennes et le frisson de l'Europe (DAMIEN MEYER / AFP)

Ce n’est pas encore le doux hymne de la Ligue des Champions qui résonnera dans les travées du Roazhon Park, mais les supporters rennais ne devraient pas faire la fine bouche le 20 septembre prochain, date de la première journée d’Europa League. Après plusieurs saisons décevantes où le club breton avait fait du ventre mou sa spécialité (6e en 2012, 8e en 2016, 9e en 2015 et 2017, 12e en 2014, 13e en 2013), le Stade Rennais a retrouvé ses abdos l’an passé pour connaître à nouveau le goût de l’Europe. Une première qualification après sept années de disette au terme d’une saison où rien n’aura été simple, comme le confiait l’entraîneur Sabri Lamouchi à l'issue du championnat. “L'Europe, c'était complètement inattendu en début de saison.”

Petit coup d’oeil dans le rétro. Novembre 2017, Rennes est 10e de Ligue 1 après 12 journées et réalise son pire début de saison depuis onze ans. L’heure est alors au grand chamboulement. Exit le président Ruello et Christian Gourcuff, bye bye le projet global de club et de jeu imaginé par les deux hommes et le propriétaire François Pinault lors de l’arrivée de l’ancien entraîneur lorientais à l’été 2016. Ancien directeur sportif du PSG, Olivier Létang prend place à la présidence et décide de lancer Sabri Lamouchi dans le grand bain de la Ligue 1, après deux années comme sélectionneur de la Côte d’Ivoire et trois saisons sur la banc d’El Jaish au Qatar. Un pari qui deviendra rapidement gagnant. La recette ? Un 4-2-3-1 solide, la hargne plutôt que le jeu léché, et quelques individualités capables de sublimer le tout, à l’image de Wahbi Khazri (9 buts, 2 passes décisives) ou de Benjamin Bourigeaud (10 buts, 6 passes décisives), étincelant pour sa première saison dans l’élite.

Benjamin Bourigeaud (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Mais Rennes le sait, pérenniser la réussite de l’an passé et accrocher de nouveau la cinquième place derrière le quatuor PSG-Monaco-Lyon-Marseille sera loin d’être facile. “Le plus dur, c’est de durer au haut niveau, de confirmer”, confiait le président Olivier Létang sur RMC fin juillet. Même son de cloche chez Benjamin Bourigeaud. “Il faut être vigilant et ne pas se reposer sur ce que l’on a fait la saison dernière. Il faut redoubler d’efforts si on veut vivre les mêmes émotions.” D’autant qu’il faudra faire cette fois sans deux des hommes forts de la saison passée, partis voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Fer de lance de l’attaque rennaise, Wahbi Khazri a choisi de rester en Ligue 1, mais du côté de Saint-Étienne. Joris Gnagnon a lui choisi le sud et le FC Séville, permettant au Stade Rennais de récupérer environ 15 millions d’euros dans l'affaire pour un joueur formé au club.

Mais pour "être performant dans toutes les compétitions" comme l'a affirmé le président Létang, Rennes n’a pas tergiversé et s’est renforcé rapidement et intelligemment, en allant se fournir notamment chez ses voisins. D’abord à Caen, en récupérant libre l’expérimenté Damien Da Silva. A 30 ans, le défenseur central reste sur quatre saisons abouties en Ligue 1 et sera amené à s’installer en charnière aux côtés de Jérémy Gélin. La bonne pioche pourrait elle s'appeler Clément Grenier. Convaincant lors de sa pige de six mois à Guingamp, l’ancien lyonnais débarque en Ille-et-Vilaine avec un physique retrouvé et une qualité technique toujours au-dessus de la moyenne, comme il l’a montré lors des matches de préparation. Atout non négligeable, Grenier arrive avec 19 matches européens au compteur sous la liquette lyonnaise, au sein d’un effectif jeune (24,6 ans de moyenne d’âge) et peu expérimenté sur la scène européenne.

Le milieu de terrain suédois Jakob Johansson et des joueurs prometteurs arrivés de Ligue 2 (Jordan Siebatcheu, Romain Del Castillo, Rafik Guitane) sont venus cet été compléter un effectif stable et globalement jeune, où les jeunes du cru comme Jérémy Gélin (21 ans), James Léa Siliki (22 ans) ou Gerzino Nyamsi (21 ans) ont réussi doucement mais sûrement à se faire leur place. Une jeunesse qui n'effraie pas outre mesure Olivier Létang, pour qui "l'objectif est de construire un groupe (...) armé pour jouer sur toutes les compétitions."

Si l’Europe est déjà dans toutes les têtes, Létang comme Lamouchi ne veulent pas aller trop vite et restent concentrés sur le pain quotidien et le premier match face à Lille samedi prochain. “Pour l'instant, je ne veux pas entendre parler d’Europa League. (...) On est concentré uniquement sur la reprise du championnat”, assure Olivier Létang. Les Rennais auront cinq matches (Lille, Marseille et Nice à l’extérieur, Angers et Bordeaux au Roazhon Park) pour lancer pleinement leur saison. Avant d’espérer briller enfin sur la scène européenne.

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