Ligue 1 : "Mikautadze, c’est le Mbappé de Metz"... Comment le Géorgien a relancé son équipe dans la course au maintien

Revenu au FC Metz après six mois à errer du côté de l’Ajax Amsterdam, Georges Mikautadze est en passe de réussir à maintenir les Lorrains en Ligue 1, après dix journées passées dans la zone rouge.
Article rédigé par Anna Carreau
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 5 min
Georges Mikautadze célébrant son doublé face au RC Lens, le 12 avril 2024. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Un retour aux sources qui fait le bonheur des Grenats. "Georges (Mikautadze), ce n'est pas Kylian Mbappé, mais c'est le Kylian Mbappé du FC Metz." Du haut de l'estrade du stade Océane, Laszlo Bölöni exulte : candidat annoncé à la descente en Ligue 2 depuis le début de saison, le club lorrain se situe en 15e position, juste au-dessus de la zone de relégation, avant de recevoir Lille, dimanche 28 avril, pour le compte de la 31e journée.

Cette place, les Lorrains, qui ont signé une deuxième victoire consécutive au Havre (1-0) dimanche dernier, la doivent beaucoup au "Roi Geroges". Auteur de l’unique but de la partie en Normandie, le Géorgien a déjà atteint la barre des 10 réalisations cette saison, en seulement 16 matchs disputés avec les Grenats.

Le 30 août dernier, Georges Mikautadze posait pourtant ses valises dans le port d’Amsterdam, après avoir inscrit 23 buts en Ligue 2 et propulsé les Messins en Ligue 1. En s’engageant avec l’Ajax jusqu’en 2028 contre un chèque de 16 millions d’euros, le jeune Géorgien de 23 ans espérait franchir un nouveau palier et découvrir la Coupe d’Europe. Mais aux Pays-Bas, le buteur a traîné son spleen et conclu ses six premiers mois avec seulement neuf petits matchs disputés pour trois titularisations, sans le moindre but inscrit. De quoi faire naître, avant même la trêve hivernale, l’idée d’un retour dans une équipe messine pourtant moribonde.

Un départ de roi, un retour de super-héros

"Georges souffre à Amsterdam. J’ai toujours peur des opérations comme cela, surtout si le malade est de ma famille. J’espère bien sûr voir Georges revenir, mais il faut être méfiant si cela se fait. J’ai déjà récupéré d'anciens joueurs, cela a parfois marché, parfois non", glissait l’entraîneur messin au sujet de l'attaquant fin décembre. Le 4 janvier, l’international géorgien aux 23 capes revient finalement sur les terres de son succès, dans le cadre d’un prêt de six mois avec option d’achat. Le FC Metz est alors 14e de Ligue 1, troisième pire attaque du championnat avec seulement 16 buts, dont deux déjà inscrits par Mikautadze avant de s’envoler pour la Johan Cruyff Arena.

"Tout le monde l'attendait. Même les joueurs entre eux. Certains allaient demander au team manager 'Georges va vraiment revenir ?' On savait que si on voulait avoir une chance de se maintenir, ça passait forcément par lui", confie à franceinfo: sport une source en interne. Les suppléants du "Roi Georges" - Simon Elisor, Oscar Estupinan, Benjamin Tetteh - ne comptaient, eux, qu'un but à eux trois en Ligue 1. "Il ne faut pas l'attendre comme un super-héros", clamait pourtant Christophe Hérelle, défenseur central messin, à son retour.

Et pour cause : le natif de Lyon a mal vécu ses derniers mois passés sur le banc du championnat néerlandais. "J'ai passé plus de deux mois à l'hôtel. J'étais seul dans cette chambre, je devenais fou, avoue-t-il à L’Équipe. Je ne connaissais personne, je ne parlais pas la langue : les conditions n'étaient pas réunies pour que je réussisse. Tous les joueurs ont besoin de se sentir bien dans leur peau, de se sentir respectés pour performer. J'ai été déçu. D'ailleurs, je suis prêté, mais ils ne prennent aucune nouvelle. A l'Ajax, on m'a oublié."

Déjà 8 buts en 13 matchs

À Metz par contre, tout le monde se rappelle de lui. À commencer par ses coéquipiers, à qui il n'avait pas pu dire au revoir convenablement, transféré dans la foulée d'une victoire 1-0 face à Clermont, où il était l'unique buteur. "Il avait écrit vite fait un message sur Whats'App pour s'excuser. Mais lui était trop content de revenir parce que notre équipe n'a quasiment pas changé depuis la saison dernière", explique-t-on en interne. Titulaire dès son premier match face à Toulouse le 14 janvier, celui qui a troqué sa couronne pour une cape attendra tout de même plus d’un mois avant de relancer la machine à buts, face à Lyon, son club formateur (défaite 1-2). 

Depuis son retour, Georges Mikautadze compte huit buts et deux passes décisives en seulement 13 rencontres, toutes en tant que titulaire. Ses buts ont déjà rapporté 11 points au FC Metz, ce qui en fait le joueur le plus décisif du championnat, avec Alexandre Lacazette, Kylian Mbappé et Terem Moffi. Les fruits de séances d'entraînement où "tout était fait pour le mettre dans de bonnes conditions, qu'il marque le plus de buts et reprenne les sensations du buteur".

Aujourd'hui Georges Mikautadze est soulagé, toujours poussé par un public qui ne l'a jamais lâché. "Je suis content, j’entendais des choses sur moi… Que j’étais revenu pour ma gueule, pour jouer pour moi, rembobinait-il le 12 avril dernier au micro de Prime Vidéo, après avoir inscrit un doublé face au RC Lens (victoire 2-1). Je n’ai pas aimé ça. Je suis revenu pour le maintien du FC Metz. Je suis à fond avec l’équipe et je donne tout pour laisser Metz en Ligue 1." Huitième meilleur buteur du championnat, en n’ayant joué qu’une moitié de saison, il permet aux Messins d’entretenir l’espoir du maintien. "Si tu l'enlèves, je ne sais pas où on est au classement, mais je pense qu'on est dernier", assure notre source.

La course au maintien comme seul objectif

Il fait même le "plus grand bonheur" de Laszlo Bölöni, avec qui Georges Mikautadze dit avoir "comme un lien père-fils". Le binôme a aujourd’hui le difficile défi de sortir en vie d’une lutte pour le maintien où il ne compte qu’un point d’avance sur Le Havre, barragiste avec 28 points, et trois sur Lorient, avant d’affronter Lille, puis Rennes, Strasbourg et le PSG lors de la dernière journée. Un calendrier un peu plus abordable que ceux des Normands, 16es, et des Merlus, 17es, qui doivent affronter Paris et Marseille d’ici la dernière journée, sans oublier la lanterne rouge clermontoise (22 points), qui peut jouer les trouble-fêtes.

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