Incidents OM-OL : ce que l'on sait après le report du match à la suite du caillassage du car des Lyonnais

Le choc de la 10e journée de Ligue 1 a été reporté, dimanche, après que le bus lyonnais a été visé par des projectiles. L'entraineur Fabio Grosso a été blessé au visage et plusieurs personnes ont été interpellées. Deux enquêtes ont été ouvertes.
Article rédigé par franceinfo - Marine Clette
Radio France
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Le Stade Vélodrome est resté vide après le report du match entre l'OM et l'OL dimanche 29 octobre, à la suite du caillassage du car des lyonnais. (JULIEN FROMENT/RADIOFRANCE)

Les supporters ont plié bagage. Pas de derby olympien dimanche 29 octobre pour la 10e journée de Ligue 1. La rencontre entre l'Olympique de Marseille et l'Olympique Lyonnais a été reportée après que le car qui transportait l'équipe lyonnaise en direction du stade Vélodrome a été violemment caillassé. Cinq policiers ont été blessés lors des incidents, neuf personnes ont été placées en garde à vue et deux enquêtes sont ouvertes, a précisé le parquet.

Deux entraîneurs lyonnais blessés

Une pluie de projectiles, des vitres brisées, le visage de l’entraîneur lyonnais en sang. Voilà les images qui ont marqué la soirée, bien avant l’heure prévue du coup d’envoi. À 18h45, le bus des joueurs et du staff de l’OL est caillassé. Selon une source proche du dossier, des supporters marseillais ont jeté des bouteilles de verre sur le véhicule, entraînant la casse de quatre vitres.

L’entraîneur de l’équipe reçoit des bris de verre au niveau de la tête. "On a vu du sang sortir de la tête de Grosso, a expliqué John Textor, le président de l’OL, sur Prime Video. L'entraîneur a subi 12 points de suture. L'adjoint de l'OL, Raffaele Longo, a lui été blessé à l'oeil.

À 19h20, deux autres bus de supporters lyonnais ont également été la cible de jets de projectiles brisant des vitres, selon une source proche du dossier. Les CRS ont alors dispersé les agresseurs. À 19h30, ce sont quatre nouveaux bus de supporters lyonnais qui ont été la cible de projectiles. À 19h45, des supporters lyonnais sont descendus de leurs bus et ont tenté de s'en prendre à des supporters marseillais. 

Selon une source proche du dossier à franceinfo, en plus de l'entraîneur lyonnais et son adjoint, cinq supporters lyonnais ont été blessés. Cinq policiers ont également été blessés lors des incidents qui ont marqué la soirée de dimanche, à proximité et dans le stade Vélodrome, annonce le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lundi 30 octobre sur BFMTV.

D’après une source policière, un CRS a aussi perdu connaissance après avoir été frappé avec une batte de base-ball : "Il a été transporté à l'hôpital pour des examens", a confirmé Frédérique Camilleri.

Neuf interpellations et deux enquêtes ouvertes

Neuf personnes ont été placées en garde à vue dimanche soir, à Marseille. Ces neuf interpellés sont âgés de 22 ans à 50 ans, selon la même source. Parmi eux, six Marseillais, certains ont été arrêtés pour leur implication dans le caillassage, "l'un d'eux avait beaucoup de fumigènes", détaille le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessone. "Les autres sont deux Lyonnais interpellés pour des faits de rébellion contre les services de police", ajoute-t-il. 

Une première enquête est ouverte pour les "violences avec arme en réunion", pour le caillassage du car où se trouvaient les joueurs et le staff lyonnais, indique Nicolas Bessone. La deuxième enquête concerne l’attaque de quatre cars de supporters, en particulier l’un d'eux très sévèrement touché. "L’état de ce véhicule laisse penser qu’il y a eu des blessés, mais personne ne s’est manifesté à ce stade", précise le procureur.

"Il y aura les sanctions administratives les plus fermes envers les personnes qui ont pu être interpellées" annonce de son côté la préfete. Les deux clubs indiquent qu'ils vont porter plainte.

500 policiers et gendarmes étaient mobilisés pour ce match, indique par ailleurs Gérald Darmanin, qui refuse de remettre la responsabilité sur le dispositif de sécurité. "Est-ce qu'il n'y a pas une responsabilité des supporters, des clubs ?", interroge-t-il. La saison dernière, il y a eu "103 policiers blessés et 870 interpellations", précise le ministre de l'Intérieur, avant de souligner qu'"Aucun autre sport ne connaît autant de violence".

Les politiques et le monde du football réagissent

Le président de l'Olympique de Marseille Pablo Longoria s'est exprimé rapidement après le report de l'Olympico : "C'est inadmissible qu'un groupe d'inconscients gâche une fête de football. Ça n'a pas la place ni dans le football, ni dans la société actuelle." Certains joueurs ont également pris la parole. Parmi eux le défenseur lyonnais Dejan Lovren : "Cela n'a plus rien à voir avec le football ! Si la loi n’est pas modifiée, un jour, il sera trop tard. Le gouvernement doit faire quelque chose", a notamment écrit le footballeur.

Le président de la Fifa Gianni Infantino a affirmé qu'"il n'y a absolument pas de place pour la violence dans le football" dans un message posté sur Instagram dans la nuit de dimanche à lundi. "De tels événements, comme ceux survenus à Marseille avant le match de Ligue 1 entre l'Olympique de Marseille et l'Olympique Lyonnais, n'ont pas leur place dans notre sport ni dans notre société et j'en appelle aux autorités compétentes pour veiller à ce que les mesures appropriées soient prises", a également écrit le patron de la Fédération internationale de football. 

Le maire de Marseille Benoît Payan a jugé "inacceptable l'attaque du bus et des joueurs de l'Olympique de Lyon". "Le sport ce n'est pas ça, le foot ce n'est pas ça", a écrit le maire divers gauche sur X (ex-Twitter). 

De son côté la ministre des Sports a dénoncé hier soir des actes inadmissibles. Il faut, dit Amélie Oudea Castera, que "les auteurs soient tous retrouvés et sévèrement sanctionnés".

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