Ligue 1 : Ce qu'il faut savoir sur la clôture de l'appel d'offres des droits TV ce lundi

La Ligue de Football Professionnel (LFP) attend ce lundi matin les résultats de son appel d’offres pour les droits TV de retransmission de la Ligue 1 à la suite de l’échec avec le groupe Mediapro. A quoi faut-il s’attendre ?
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France Télévisions
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• Pourquoi cet appel d'offres et quels lots sont concernés ?

Au bord du précipice financier, le football français espère recevoir lundi (avant 12h) des offres salvatrices pour la réattribution de l'essentiel des droits TV de Ligue 1. Mais face à un marché frileux et à la défiance de Canal+, la crise semble loin d'être refermée.

La Ligue de Football Professionnel (LFP) cherche à réattribuer en urgence la diffusion des matches laissés vacants par le diffuseur défaillant Mediapro (80% de la Ligue 1 et de la Ligue 2). Le lot A représente un match par journée de championnat dont les 10 meilleurs affiches, ainsi que le grand magazine du dimanche. Le lot B contient 7 matches par journée, le magazine de présentation de la journée et celui du dimanche matin. Les multiplex des 19e, 37e et 38e journées ainsi que les 2 matches de barrage et le Trophée des champions sont dans le Lot C. Et enfin, le lot D est composé des magazines en semaine.

Si les offres dépassent les prix de réserve fixés par la Ligue et que les candidats offrent suffisamment de garanties, les lots (quatre pour la L1, deux pour la L2) seront attribués et les heureux élus prendront le relais de Téléfoot, la chaîne de Mediapro, dès le 5 février. Une issue financière mais également d'image pour la LFP et le football français, empêtrés depuis plusieurs mois dans un conflit qui a largement terni leur image.

 

• Que se passe-t-il si personne ne fait d'offre ?

Il existe une possibilité : qu'aucun acteur ne réponde à l'appel d'offres de la LFP. Dans ce cas, des discussion "gré à gré" suivront par la suite directement entre la Ligue et les différents acteurs personnellement. Mais cela retardait encore la procédure pour les droits, et donc repousserait la perfusion financière des clubs dont la situation pour certains devient critique."Cela signifierait qu’il faudrait attendre encore plusieurs jours ou semaines avant d’avoir un accord avec l’un ou plusieurs de ces acteurs. Mais le temps manque au football français, puisqu’on a des clubs en grande difficulté sur le plan de la trésorerie", explique à RMC Sport Christophe Lepetit (responsable des études économiques au CDES).

 

• Canal + a-t-il toujours la main ?

Mediapro écarté, tous les regards se tournent depuis déjà plusieurs semaines vers Canal+, diffuseur historique du championnat. En plein conflit juridique sur les modalités de l'appel d'offres, la chaîne cryptée et la Ligue ont tendu leurs relations mais elle tient toujours la corde pour récupérer la Ligue 1. Cependant, le groupe tenu par Vincent Bolloré estime avoir "surévalué" la valeur de ces matches dans le contexte de 2018 et souhaite que l'intégralité des rencontres soit remise en concurrence dans un appel d'offres global. 

Annoncé comme le sauveur de la Ligue 1, Canal+ joue ses cartes et utilise sa position de force pour espérer en tirer le meilleur prix. "Le marché n'a rien à voir avec celui de 2018", constate Pierre Maes, consultant et auteur du Business des droits TV, évoquant une concurrence "presque réduite à un monopole" de Canal+. "Le plus important dans un appel d'offres, c'est le choix du timing. Se retrouver à devoir en lancer un maintenant, cela équivaut à commettre un acte désespéré."

• Quel rôle pour les GAFAM ?

En parallèle, la Ligue espère l'irruption d'un acteur nouveau. Amazon, le géant du web qui commence à investir dans les droits sportifs, est le plus cité, mais ses incursions ailleurs en Europe restent limitées et il n'a pas postulé sur l'appel d'offres de la Serie A cette semaine en Italie. Bluff ou vrai intérêt du géant de la distribution en ligne ?

Ailleurs sur le marché, c'est le calme plat. TF1 et M6 ont confirmé à l'AFP qu'ils n'avaient pas vocation à acquérir des matchs de L1. Orange, un temps cité par certains médias, n'en sera pas non plus : "On est à l'écart de ce processus", a indiqué son PDG Stéphane Richard. Enfin, le dernier arrivé en Europe, DAZN, n'a pas souhaité faire de commentaires mais semble plus intéressé par la sécurisation de ses droits actuels en Italie.

Avec AFP

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