L'affaire des cris racistes contre Mario Balotelli à Bastia en cinq actes

L'attaquant italien de Nice a assuré avoir subi des cris venant de supporters bastiais pendant tout le match, vendredi. On les entend distinctement sur des images diffusées par BeIN Sports.

L\'attaquant italien de l\'OGN Nice Mario Balotelli lors d\'un match de Ligue 1 à Bordeaux, le 21 décembre 2016.
L'attaquant italien de l'OGN Nice Mario Balotelli lors d'un match de Ligue 1 à Bordeaux, le 21 décembre 2016. (NICOLAS TUCAT / AFP)

"Est-ce que le racisme est légal en France ? Ou seulement à Bastia ?" Vendredi 20 janvier, à l'issue d'un match à Bastia, l'attaquant italien de Nice Mario Balotelli a dénoncé des cris racistes entendus pendant la rencontre dans les tribunes du stade Furiani. Une affaire qui provoqué des réactions de la part de la Ligue de football professionnelle (LFP) et du club corse. Retour sur la polémique en cinq actes.

Acte 1 : après le match, Balotelli dénonce "une honte"

C'est sur les réseaux sociaux, vendredi soir, que l'Italien a dénoncé les cris racistes. "Est-ce normal que des supporters de Bastia fassent des bruits de singe et des 'uh uh' pendant tout le match ?", s'interroge Mario Balotelli sur Instagram, prenant à témoin la commission de discipline de la LFP. "Le football est un sport formidable, mais les gens comme ces supporters de Bastia le rendent horrible. Une vraie honte."

Acte 2 : BeIN Sports diffuse des images des cris

La chaîne privée, qui diffusait la rencontre entre Nice et Bastia, a diffusé, samedi, des images de l'échauffement des joueurs niçois devant les tribunes bastiaises. On y voit distinctement des supporters aux couleurs du club corse lancer, à visage découvert, des cris de singe en direction des Niçois, dont Mario Balotelli.

Acte 3 : la LFP condamne les supporters

Dans un premier communiqué publié samedi avant la diffusion des images, la ligue s'était contentée d'évoquer "des incidents", sans préciser leur nature raciste, et d'annoncer que sa commission de discipline, interpellée par Mario Balotelli, se pencherait sur le match jeudi 26 janvier.

Mais après avoir pris connaissance des images, la LFP a condamné "avec la plus grande fermeté les auteurs" d'"insultes racistes à l'encontre" de Mario Balotelli, dans un nouveau communiqué.

Acte 4 : Bastia, "stupéfait", réagit sur la défensive

Samedi soir, le Sporting Club de Bastia a réagi à son tour par un communiqué. La direction du club commence par dénoncer la "stigmatisation en règle de notre club et du public de Furiani" après la publication du message de Mario Balotelli, et note que les accusations "portent un tort considérable à l’image du Sporting dans son ensemble." 

Le club, qui ne mentionne jamais les images de BeIN Sports, assure avoir découvert "avec stupéfaction" les accusations dont il n'avait pas été informé par les arbitres ni par l'OGC Nice. Et conclut en évoquant des comportements "par nature stupides et inacceptables".

Acte 5 : un ancien joueur bastiais critique Balotelli

Julian Palmieri, défenseur formé à Bastia et transféré à Lille à l'été 2016, s'est immiscé dans l'affaire, samedi soir. Interrogé par BeIN Sport à la sortie d'un match contre Dijon, il a estimé que Mario Balotelli s'était "cherché une excuse""Je trouve ça petit vu son match médiocre, a-t-il lancé. Même s'il y a deux trois énergumènes qui font des bruits de singe, c'est dommage de tous les mettre dans le même panier".

Julian Palmieri affirme ne pas avoir entendu les cris de singe pendant la diffusion du match, mais n'avait probablement pas vu les images diffusées par BeIN Sport incriminant les supporters, diffusées moins d'une heure avant son propre match avec Lille, samedi.