Insultes racistes dans les stades : "Il faut donner des outils aux clubs pour endiguer ces attitudes"

Jamel Sandjak, le président de la Ligue de Paris Île-de-France de football, a plaidé samedi sur franceinfo pour mettre en place un système de vidéo afin de "contrôler ce qui se passe dans les tribunes".

Le match de Ligue 1 entre Dijon et Amiens a été interrompu durant plusieurs minutes après des insultes racistes qui ont visé le capitaine d\'Amien Prince Gouano, le 12 avril 2019 à Dijon.
Le match de Ligue 1 entre Dijon et Amiens a été interrompu durant plusieurs minutes après des insultes racistes qui ont visé le capitaine d'Amien Prince Gouano, le 12 avril 2019 à Dijon. (JEFF PACHOUD / AFP)

"Il faut donner des outils aux clubs pour endiguer ces attitudes sur les stades", a réagi samedi 13 avril sur franceinfo Jamel Sandjak, le président de la Ligue de Paris Île-de-France de football, après les insultes racistes dont a été victime le capitaine de l'équipe de football d'Amiens, Prince Gouano, lors du match de Ligue 1 Dijon-Amiens, vendredi 12 avril. Il plaide pour la mise en place d'outils comme "la vidéo pour contrôler ce qui se passe dans les tribunes". Jamel Sandjak souhaite également que "la justice" frappe "fort et vite".

franceinfo : Comment réagissez-vous à ce qui s'est passé à Dijon vendredi ?

Jamel Sandjak : C'est inadmissible. C'est à l'image de notre société. On retrouve ces extrêmes, ces gens qui viennent sur les terrains de football et ailleurs, exprimer des profondes pensées qui sont nauséabondes. Que ce soit un terrain de sport ou ailleurs, ils ne se rendent pas compte que les lois de la République s'appliquent. Ils viennent sur les terrains de foot en exprimant ce qu'ils ressentent et ils pensent qu'ils peuvent être impunis. Il faut frapper très fort. Le joueur n'a peut-être pas porté plainte, mais les instituions, que ce soit la ligue amateur, professionnelle, ou la fédération, ne peuvent pas sanctionner une personne qui n'est pas licenciée. Si vous ne portez pas plainte, le mec il n'aura rien du tout. C'est le club qui risque des sanctions disciplinaires. Mais le club n'y est pour rien. Il faut donner des outils aux clubs pour endiguer ces attitudes sur les stades.

La ministre Roxana Maracineanu a affirmé que les stades deviennent dangereux. Etes-vous d'accord ?

Pas totalement d'accord. Il y a un million de match par an. Ce sont de nombreuses heures où il y a des publics rassemblés en France. Il se passe quelques problèmes, mais c'est à la marge. Il y a aussi, chez les matchs de jeunes, des attitudes de parents qui ne sont pas à la hauteur des enjeux éducatifs que portent la fédération et ses ligues. Il y a un travail à faire en termes de parentalité.

Quels sont les outils à mettre en place ?

La première des choses, c'est que les clubs n'hésitent pas à porter plainte. La deuxième, on a dépensé énormément d'argent pour la VAR (assistance vidéo à l'arbitrage). C'est sympa. Mais on pourrait utiliser la vidéo pour contrôler ce qui se passe dans les tribunes. Dans les stades amateurs, cela existe déjà pour certains. Mais les propos entendus à Dijon, c'est très rare. Il y a aujourd'hui des outils. On peut mettre en place ce type d'outils pour contrôler le public. Et il y a l'information. À chaque match, avec les programmes, on pourrait imaginer qu'il y ait des pages d'informations, informant le public des risques qu'il risque d'encourir quand ils [les supporters] tiennent des propos, qu'ils soient racistes ou homophobes. [Il faut] aider les clubs à mieux se défendre par rapport à ces personnes-là. Et la justice [doit] frapper fort et vite. Les clubs de football sont les seuls lieux où le vivre ensemble est magnifique. Si on laisse péter ça, je pense qu'on va vers de graves problèmes.