Incidents Nice-OM : "Ce n'est pas un bon signe envoyé", regrette Sébastien Jibrayel, adjoint au maire à Marseille, après les sanctions de la LFP

Sébastien Jibrayel, adjoint au maire en charge des sports à la mairie de Marseille, regrette que l'OM ait à rejouer son match contre Nice, en Ligue 1, après les incidents survenus le 22 août.

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Sébastien Jibrayel, adjoint au maire de Marseille en charge du sport. (VALERIE VREL / MAXPPP / La Provence)

"Ah j'oubliais, nous ne sommes pas l'OL." L'adjoint aux sports à la mairie de Marseille, Sébastien Jibrayel, a quelque peu enflammé Twitter, jeudi 9 septembre. Dans un tweet, l'adjoint de Benoît Payan (Parti socialiste) a regretté les sanctions prises par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP), mercredi, à la suite des violents incidents ayant émaillé la 3e journée de Ligue 1 entre Nice et Marseille, dimanche 22 août.

Une sortie qui a fait réagir Jean-Michel Aulas, le président de l'OL. Mais à Marseille, on n'en démord pas. "Les autorités du football avaient l'occasion historique de faire preuve d'exemplarité en marquant les esprits, a réagi Pablo Longoria, président de l'Olympique de Marseille, sur le site internet du club. Ces sanctions ne semblent pas tenir compte du climat délétère qui a entouré cette rencontre au cours de laquelle leur sécurité n'était pas assurée."

Pour franceinfo: sport, Sébastien Jibrayel revient sur les sanctions prononcées et sur l'intention de son tweet.

Franceinfo: sport : Que pensez-vous des sanctions décidées par la commission de discipline de la LFP ?

Sébastien Jibrayel : D’abord, on en prend acte. On voit que la LFP a sanctionné l’histoire de manière assez sévère et après, côté Marseillais, les joueurs Alvaro et Payet aussi ont été sanctionnés. Dans la deuxième sanction, c’est-à-dire de rejouer le match, je trouve que par rapport à la jurisprudence de 2017 et de Bastia-Lyon, je dis que la LFP a été beaucoup plus sévère. Alors, est-ce que depuis 2017, ça a changé ? Peut-être. C’est une décision qu’il faut respecter. Maintenant, le match va être rejoué et que le meilleur gagne même si c’est un peu compliqué, par rapport à cette jurisprudence, d’accepter cette sanction. On en prend note et on respecte. Je pense qu'il devait y avoir une victoire de l'OM sur tapis vert. C’est un message qui ne me paraît pas optimiste pour la suite, car cela peut donner des idées à d’autres clubs.

"Une situation similaire, deux sanctions différentes"

C’est en référence au match de 2017 entre Bastia et Lyon que vous avez mentionné l’OL dans votre tweet ?

C’est ça ! Alors même si on me dit il y a Metz-Lyon, etc... Oui c’est vrai, mais c’est un peu compliqué dans deux matchs avec une situation similaire, d’avoir deux sanctions différentes. On n’est pas là pour faire de la polémique, moi je n’ai rien contre Lyon, bien au contraire, c’est un club français qui arrive parfois en Coupe d’Europe à faire de bons parcours, donc ce n’est pas une question d’être contre Lyon. Un moment donné, on se dit qu’il faut la même sanction pour tout le monde.

Pourtant, le match Bastia-Lyon auquel vous faites référence avait commencé avec près d'une heure de retard avant d'être arrêté définitivement après un nouvel envahissement du terrain.

Qu’il s’arrête, qu’il reprenne, c’est exactement pareil. Quand on voit la violence les jets de projectiles, de l’envahissement du terrain des supporters niçois… Ils auraient pu reprendre mais vous imaginez bien que si cela avait été le cas, ils se seraient arrêtés quelques minutes après. La décision qui a été prise par la direction de l’OM, que je soutiens, était la meilleure décision. De toute façon, on ne va pas compter s’ils sont revenus ou pas, on est sur le même cas : c’est-à-dire envahissement, jets de projectiles, des joueurs qui ont été frappés et blessés.

Je ne suis pas là pour polémiquer, je dis juste que quand on regarde les sanctions qui ont été données auparavant, on se dit 'Pourquoi nous on rejouerait les matchs et les autres ont match gagné sur tapis vert ?' C’est la question qu’on peut se poser.

En 2016, pendant Metz-Lyon, le match est arrêté après un jet de pétard sur Anthony Lopes alors que Metz mène 1-0. La rencontre avait dû être rejouée à huis clos avec une perte de points pour Metz. La situation et les sanctions semblent ici similaires. Ne trouvez-vous pas ?

C’est vrai, c’était en 2016, sauf que moi je vous parle de 2017 et donc apparemment il y a de nouvelles décisions. Maintenant, si Metz-Lyon avait été en 2018, je vous aurais dit 'ok d’accord'. Mais est-ce que ça a changé de 2016 à 2017 avec une sanction différente puis de 2017 à 2021 avec encore d’autres sanctions ?

"On ouvre la porte à des supporters mal intentionnés"

Les situations ne sont jamais totalement similaires.

C’est peut-être ça. 2016, bien sûr, mais en 2017 il y a une autre sanction. Depuis, on n’a pas eu d’autres événements de ce genre et l’événement qui a eu lieu après 2017, c’est 2021 à Nice. Normalement, comme tout supporter et passionné de football, on regarde les décisions et on se dit : 'Si ça a été fait en 2017, pourquoi ça ne le serait pas en 2021 ?' On voit que ça n’a pas été le cas, c’est pour ça que je parle de jurisprudence.

Prenons l’exemple d’une semaine avant, quand on est à Montpellier : Valentin Rongier prend une bouteille d’eau dans le visage. À un moment donné, on ne peut pas continuer dans ces conditions.

Je ne suis pas la LFP, mais je dis que ce n’est pas un bon signe qui est envoyé. Je ne le souhaite pas, mais on ouvre la porte à des supporters mal intentionnés, qui représentent peut-être 1% des supporters, qui pourraient se dire : 'Si je jette des bouteilles, le match ne sera pas annulé et on pourra le rejouer.' On veut juste des sanctions fermes et qu’on évite de retrouver ce genre d’événements dans des stades où des familles, des enfants viennent en nombre dans un sport qui porte des valeurs énormes.

N’avez-vous pas l’impression qu’il est dangereux, en tant qu’élu, de rajouter de l’huile sur le feu dans la rivalité OL-OM ?

Mais non parce que je ne fais aucune attaque méchante envers l’OL. Quand tu vois Jean-Michel Aulas, qui vient s’exprimer il y a quelques jours pour demander un retrait de points à Nice et à l’OM, je pense qu’on a compris qu’on est des adversaires pour l’Olympique lyonnais mais pas de là à venir souffler à la Ligue ce qu’il faut faire... C’est ça qui m’a dérangé, l’attitude du président de l’OL. Qu’il reste dans sa position de neutralité de président de club français et pas plus.

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