Homophobie dans les stades : "Il va falloir que la Ligue donne les règles à appliquer et que ce soit la même chose pour tous"

Pascal Robert, le directeur général du Stade Brestois, réagit à la suspension mercredi d'une tribune du club de Nancy pour un match ferme, en raison de chants homophobes le 16 août dernier. Le week-end dernier, un match disputé par son club, promu en Ligue 1, a été interrompu brièvement après des chants homophobes venus des tribunes.

Une banderole déployée lors du match Nice-OM, le 29 août 2019.
Une banderole déployée lors du match Nice-OM, le 29 août 2019. (MEIFFRET - OTTONELLO / MAXPPP)

"Il va falloir que la Ligue de football professionnel donne les règles à appliquer et que ce soit la même chose pour tous", demande sur franceinfo ce jeudi matin Pascal Robert, le directeur général du Stade Brestois, club promu en Ligue 1, dont le match contre Reims a été interrompu brièvement le week-end dernier après des chants homophobes venus des tribunes. Mercredi, une tribune du club de Nancy a été suspendue pour un match ferme, en raison de chants homophobes le 16 août dernier. 

franceinfo : Est-ce que le foot français est en train de faire le ménage dans ses tribunes ?

Pascal Robert : Oui. Je pense qu'il y a un problème aujourd'hui général dans tous les matchs de football professionnel avec les chants à caractère discriminatoire. Au Stade Brestois, comme tous les clubs, on ne cautionne pas les chants insultants et injurieux car on a des familles et des enfants dans les stades mais on ne veut pas non plus que nos supporters passent pour les homophobes. Je ne pense pas qu'ils en sont. On attend des directives précises de la Ligue de football professionnel, la LFP. Je crois que le gouvernement et la LFP préparent un document, un lexique pour savoir ce qui est homophobe et ce qui ne l'est pas. Mais ce n'est pas pour ça qu'il faut l'accepter. Clairement, on s'est habitué à entendre des choses qu'on ne devrait pas entendre. On a des familles et des enfants dans les stades. On ne peut pas accepter certains mots, certains chants. Mais, où place-t-on l'homophobie là-dedans ? C'est ça la question.

La LFP a infligé les premières sanctions en fermant des tribunes pour un match. La sanction est-elle trop clémente ?

Ce qui m'embête, c'est que j'ai vu les résumés des matchs du week-end et j'ai vu certains arbitres, comme le nôtre, prendre la décision d'arrêter le match à un moment donné et j'ai vu d'autres résumés de matchs où il y a eu les mêmes chants, identiques, sans interruption. Je pense que les instances du football professionnel, avec les arbitres, vont devoir rencontrer le gouvernement pour définir des règles précises. On ne veut pas non plus que nos supporters passent pour des homophobes pour des propos insultants ou injurieux. Dans la décision de la ligue, Nancy est sanctionné pour des chants à caractère discriminatoire et d'autres clubs ne l'ont pas été. , savoir où est la limite.

Est-ce qu'il faut punir les clubs ? Avec des amendes voire des retraits de points au classement ?

Je dirais non, en tant que responsable de club mais je pense qu'il va falloir que la Ligue de football professionnel donne les règles à appliquer pour tous les clubs et que ce soit la même chose pour tous. Interdire les tribunes, c'est une première chose. De là à aller jusqu'à enlever des points aux équipes voire plus, ce serait vraiment préjudiciable pour un club comme le nôtre. Nous, à Brest, qui allons jouer le maintien, on sait que ça va se jouer à un ou deux points en fin de saison donc on n'a vraiment pas les moyens, à cause de chants qui viennent de quelques supporters et pas de tout le stade. Ce serait dommage de pénaliser le club de façon importante, notamment au niveau des points.