Football : "La vidéo ne va pas tuer les émotions" en Ligue 1, assurent les arbitres

Pour la reprise de la Ligue 1 vendredi, l'arbitrage vidéo débarque dans les mêmes conditions qu'à la Coupe du monde en Russie. 

L\'arbitre Pitana va consulter la vidéo lors de la finale de la Coupe du monde, remportée par la France, le 15 juillet 2018. 
L'arbitre Pitana va consulter la vidéo lors de la finale de la Coupe du monde, remportée par la France, le 15 juillet 2018.  (ELMAR KREMSER/SVEN SIMON / SVEN SIMON)

Comme au mondial en Russie, l'assistance vidéo à l'arbitrage va être utilisée dans le Championnat de France de football pour la première fois, vendredi 10 août, pour la reprise de la Ligue 1 entre Marseille et Toulouse.  Patrick Lhermite, vice-président de la Commission Fédérale des Arbitres explique, sur franceinfo, que "la vidéo ne va pas tuer les émotions". Il estime que "les arbitres y sont bien évidemment tous favorables".

franceinfo : Est-ce-que tout est prêt pour mettre en place cette assistance vidéo ?

Patrick Lhermite : Oui, nos arbitres sont formés. Nous avons suivi le protocole de l'International Football Association Board (IFAB), c'est-à-dire, une formation théorique. Les arbitres ont ensuite été formés lors de matches amicaux à Clairefontaine afin de bien respecter les consignes qui nous avaient été données et de leur apporter tous les éléments techniques. Nous l'avons aussi expérimentée sur les matchs de Coupe de France et de Coupe de la Ligue la saison passée.

Est-ce-que la vidéo va tuer les émotions ?

Non. L'IFAB est très clair dans son protocole : un minimum d'interventions pour un maximum de bénéfices. Il faut intervenir uniquement sur des décisions qui sont stratégiques pour le jeu. Ils peuvent l'utiliser dans quatre situations : après un but marqué, validé ou non, sur une situation de penalty, sifflé ou non, sur une exclusion directe c'est-à-dire que ce n'est pas sur un second avertissement mais sur un acte de brutalité ou une faute grossière. Et enfin, sur une erreur d'identité, par exemple quand un arbitre met un avertissement à un joueur au lieu d'un autre. Il y a vraiment une unanimité sur cet objectif de mener l'arbitrage vidéo parce que tout le monde y voit un intérêt. Quand un arbitre commet une erreur, c'est le premier à être malheureux. Les arbitres sont bien évidemment tous favorables à cette assistance.

Malgré tout, cette analyse vidéo met parfois du temps ?

Non, on a vu lors de la Coupe du monde, quand cela arrive sur un but litigieux, il y a un temps très court d'analyse vidéo et de décision. Sur la Coupe du monde, il y a eu 20 interventions sur les 64 matchs. Cela donne un ratio d'une décision contrôlée en vidéo sur trois matchs. La moyenne d'une intervention vidéo était de 68 secondes sur cette compétition. Si on regarde les temps d'arrêts de jeu lors d'une rencontre, c'est en moyenne trois minutes pour les remplacements, quatre minutes lors des corners, six minutes lors des six mètres, sept minutes lors des touches et c'est près de neuf minutes pour les coups francs, donc avec l'arbitrage vidéo, on est nettement inférieur à ça.