Foot : violences, gaz lacrymogène... Ce que l'on sait de la fin de match chaotique entre Saint-Etienne et Auxerre

Des centaines de supporters stéphanois déçus de voir leur équipe reléguée en Ligue 2 ont envahi la pelouse au coup de sifflet final. 

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Des supporters de Saint-Etienne envahissent le terrain, à la fin du match de barrage perdu contre Auxerre, au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne, le 29 mai 2022. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

La séance de tirs au but a tourné au chaos. À l'issue du match de barrage d'accession à la Ligue 1 opposant à l'AS Saint-Etienne à l'AJ Auxerre, dimanche 29 mai, au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne (Loire), de violentes échauffourées ont éclaté, prenant de court les forces de l'ordre.

Après le tir au but vainqueur envoyant Auxerre en Ligue 1 et le coup de sifflet scellant la descente en Ligue 2 des Verts (1-1, 5 tirs au but à 4), des supporters stéphanois en colère ont envahi le terrain, avant même la sortie des joueurs. Des jets de fumigènes et de projectiles et des violences face aux forces de l'ordre ont fait des blessés légers. Franceinfo fait le point sur cette violente fin de match.

Le terrain envahi au coup de sifflet

Les violences ont éclaté au coup de sifflet final. Des centaines de supporters stéphanois ont quitté les tribunes pour envahir le terrain alors que les joueurs n'étaient pas encore au vestiaire. L'un des supporters est même entré sur le terrain avec une barrière de sécurité, a constaté un journaliste de l'AFP.

Si une grande partie des fans ont rapidement regagné les gradins, certains, des ultras, pour la plupart du groupe Green Angels, sont restés sur la pelouse pour lancer des fumigènes à tir tendu vers les bancs de touche, des feux d'artifice et autres projectiles en direction de la tribune officielle Pierre-Faurand, protégée par les forces de l'ordre.

Les joueurs deux équipes ont été immédiatement évacués vers les vestiaires, protégés par des stadiers, sous les jets de projectiles des supporters. Les forces de l'ordre ont répliqué avec des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. "Après le match, j'ai flippé car j'ai pris des bombes lacrymogènes, comme mes joueurs. Nous nous sommes comptés pour savoir s'il n'en manquait pas. Ces incidents sont très tristes", a commenté l'entraîneur auxerrois, Jean-Marc Furlan, auprès de l'AFP.

Des images du couloir des vestiaires ont montré joueurs, stadiers et membres de l'encadrement toussant sous l'effet des lacrymogènes. Les commentateurs de Prime Video, diffuseur officiel de la rencontre, ont également été pris de quintes de toux.

Le stade évacué en 30 minutes

Le barrage contre l'AJ Auxerre s'est joué dans un contexte particulier avec une tribune fermée, à cause de jets de fumigènes lors du match ASSE-Monaco le 23 avril. Cette précédente rencontre, comptant pour la 34e journée de L1, avait été interrompue à deux reprises, la seconde fois pendant plus d'une demi-heure, alors que des ultras stéphanois lançaient fumigènes et de feux d'artifices pour fêter les 30 ans des Green Angels.

Un dispositif "exceptionnel et renforcé, de près de 500 agents", selon l'ASSE, et "250 policiers et gendarmes" avaient été mobilisés pour Saint-Etienne-Auxerre, complète la préfecture. Il a tout de même fallu une demi-heure aux forces de l'ordre "prépositionnées" pour intervenir et "procéder sans délai à l'évacuation des individus responsables de cette intrusion", a précisé la préfecture de la Loire dimanche soir.

Lors de l'intervention des forces de l'ordre sur le terrain, des mouvements de panique ont également touché les tribunes.

Plusieurs blessés dont l'enfant d'un joueur

Une fois le terrain évacué et les tribunes vidées, environ 200 ultras ont poursuivi leurs "exactions" autour du stade, selon la préfecture. Le car de la production de Prime Vidéo a été la cible de jets de projectiles, a affirmé le diffuseur à l'AFP.

Tout est rentré dans l'ordre à partir de 23h15, selon la préfecture de la Loire. "L'usage de gaz lacrymogène et d'un engin lanceur d'eau a permis la dispersion de la plupart des fauteurs de trouble", a-t-elle détaillé. "Les 1 154 supporters de l'AJA puis les joueurs ont pu quitter le stade en toute sécurité, sous escorte policière, à partir de minuit."

De blessés légers sont à déplorer, dont quatorze chez les forces de l'ordre, dix-sept chez les supporters et deux parmi les joueurs de l'AJA, a détaillé, dimanche soir, la préfecture de la Loire. Trois supporters ont été conduits à l'hôpital pour contrôle. L'enfant en bas âge de Zaydou Youssouf, défenseur de Saint-Etienne, présent dans une tribune, "s'est retrouvé en insuffisance respiratoire à cause des gaz", précise L'Equipe (article payant).

Le club exposé à de nouvelles sanctions

Certains fans de Saint-Etienne ont tenté de légitimer ces violences. "Ça fait trois ans qu'on frise la Ligue 2, donc on est très en colère. On est obligés d'en venir à la violence", a témoigné une supportrice auprès de RTL. D'autres ont blâmé ces actes. "On ne peut pas accepter qu'un match de football finisse comme ça. On ne peut pas mettre des vies en jeu, ce n'est pas possible", a dénoncé une autre femme interrogée par la radio aux abords du stade.

De son côté, la préfète de la Loire, Catherine Séguin, a condamné "avec la plus grande fermeté ces actes inacceptables, irresponsables et indignes de la part d'une minorité d'individus se prétendant supporters de l'ASSE, mais qui sont tous simplement des voyous". Dans un communiqué officiel publié dans la nuit de dimanche à lundi, l’Association sportive de Saint-Etienne a aussi condamné "fermement ces agissements". L'ASSE assure apporter tout son soutien aux personnes touchées et précise qu'elle entamera "les procédures judiciaires qui s'imposent".

Le club risque de nouvelles sanctions alors qu'il se trouve déjà en sursis à cause des débordements liés à ses supporters. Après l'interruption de la rencontre face à Monaco, mi-avril, la Ligue professionnelle de football (LFP) avait ordonné un huis clos à Geoffroy-Guichard jusqu'à la fin de la saison. Le barrage contre l'AJA s'est d'ailleurs joué avec une tribune fermée et le match contre Reims, lors de la 37e journée de Ligue 1, s'était déroulé sans supporters.

Sitôt la relégation confirmée, un communiqué des actionnaires laissait en outre entendre la vente prochaine du club. Roland Romeyer et Bernard Caïazzo promettent "une nouvelle importante concernant l'avenir du club et le nôtre", ajoutant qu'"une page essentielle de notre vie se tournera". Dans la plus grande confusion.

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