Droits TV : "Aucune raison de faire cocorico", estime Jean-Pierre Caillot, président du Stade de Reims et du collège des clubs de Ligue 1

Dans un entretien accordé à l'AFP, le président du Stade de Reims et du collège des clubs de Ligue 1 Jean-Pierre Caillot, se réjouit d'une situation stabilisée mais évoque "une moins mauvaise solution".
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France Télévisions
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Jean-Pierre Caillot (à droite), le président du Stade de Reims et du collège des clubs de Ligue 1, devant le siège de la LFP. (FRANCK FIFE / AFP)

La réattribution à Canal+ des droits TV du foot français va-t-elle faire souffler les clubs ?
Jean-Pierre Caillot : "On sait désormais que les téléspectateurs vont pouvoir voir des images du football, ce qui était essentiel. Le football est un produit "premium" et ces derniers temps on risquait l'écran noir, ce qui aurait été une catastrophe. Le football ne peut pas se passer de Canal+, et inversement, malgré tout ce que Canal+ a pu dire, et c'était son rôle, les abonnés de Canal+ ne peuvent pas se passer du football non plus. On est étroitement liés et le fait qu'on ait trouvé une issue le démontre. Après, économiquement, il faut être conscient que c'est la moins mauvaise solution mais il n'y a aucune raison de faire "cocorico" sur les montants obtenus. C'est surtout très positif pour la trésorerie. Ça a le mérite de stabiliser la situation. Au moins, on sait où on va."

Est-ce suffisant pour mettre fin à la crise, alors que la Ligue 1 risque de perdre 1,3 milliard d'euros cette saison ?
JPC : "On est très, très loin des revenus qu'on attendait dans nos clubs. Ici à Reims, on estime qu'il va nous manquer 20 millions de droits TV, cela n'a pas beaucoup changé avec l'accord passé avec Canal+. Avec le Covid-19, on reste dans une situation très compliquée. Je pense qu'il faut réactiver toutes les pistes : exonérations de charges, taxe Buffet (sur les droits TV), rémunérations d'un certain nombre d'acteurs du football... Sur la saison actuelle, on n'a pratiquement eu aucune aide. On nous avait parlé d'exonérations de charges, ça n'a pas été appliqué pour le moment. On a vu le mercato d'hiver, il ne s'est pas passé grand-chose donc je ne pense pas que la vente à tout-va sera une solution. Il y a un mois, j'ai dit que je pensais que des clubs pouvaient être en cessation de paiements ces prochains mois, cela tient toujours. Quand vous êtes organisateur de spectacle sans spectateurs, il faut bien inventer la ressource... Si vous ne la trouvez pas, si vous ne pouvez pas prolonger vos PGE (prêts garantis par l'Etat), emprunter, mobiliser certaines créances sur des transferts réalisés, il y aura des problèmes et ça ne pourra pas être autrement."

Les joueurs ont-ils fait un effort ?
JPC : "J'ai entendu qu'un des griefs faits au foot concernait les masses salariales, on a dépeint les footballeurs de façon négative. A Reims, tous nos joueurs, sans exception, ont baissé leur rémunération comme on leur a demandé. Ils ont tous accepté la baisse jusqu'à fin juin, sans contrepartie, cela fait chaud au cœur."

La crise vous pousse-t-elle à une refonte plus profonde du secteur ?
JPC : "Il fallait trouver des solutions immédiates, mais il y a évidemment des chantiers ouverts à moyen terme: le format des compétitions, le niveau des rémunérations dans certains nombres de clubs... Il n'échappe à personne que le fait d'avoir de nouveaux postulants sur les droits TV (Amazon, DAZN, Discovery) est un point fort pour le produit: ils représentent une vision de l'avenir qu'il faudra exploiter le moment venu. Il faudra trouver une juste mesure, mais on n'a pas attendu ce matin pour réfléchir à ce qu'on fera du football demain. On est en plein dedans."

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