Élection au FC Barcelone : entre enjeux politiques et sportifs, un scrutin présidentiel sous haute tension

Un nouveau président sera élu au FC Barcelone par les socios du club, dimanche 7 mars. Trois hommes sont en lice : Toni Freixa, Joan Laporta et Victor Font. Décryptage de ces enjeux politiques et sportifs qui dépassent le cadre du simple vote pour son club. Qui plus est lorsque celui-ci est l'un des plus titrés de la planète et au bord de la faillite.
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France Télévisions
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Toni Freixa, Victor Font et Joan Laporta vont s'affronter dimanche 7 mars pour la présidence du Barça.

La lumière est tamisée et les pupitres ont laissé place à des fauteuils confortables. Trois hommes sont au centre de la salle, tels des conférenciers pour une masterclass dans l'auditorium 1899 du Camp Nou, ce 28 février. Dans l'assistance, chacun écoute religieusement la bonne parole. Mais qu'on ne s'y méprenne pas, ces trois-là ne sont pas venus présenter leur dernier projet de friteuse connectée. Toni Freixa, Joan Laporta et Victor Font ont sorti le costume pour cette première joute afin de convaincre leur auditoire et les téléspectateurs présents devant leur télévision. Car l'un d'eux sera le nouveau président du FC Barcelone dimanche 7 mars, au terme de plusieurs mois de campagne intense qui se sont achevés par trois débats, comme lors d'une élection présidentielle.

Les socios comme juge de paix

Lorsque Olivier Létang, l'été dernier, a été licencié de son poste de président du Stade rennais manu militari par François Pinault, l'actionnaire principal du club, et remplacé par Nicolas Holveck, nul n'a bronché. Mais en Espagne, certains clubs échappent encore à cette règle. Le Real Madrid, le FC Barcelone, Osasuna et l'Athlétic Bilbao élisent leur boss, celui qui va mener la barque du club pendant son mandat, par intermédiaire de leurs socios. Au sein du club catalan, ils sont 110 000 à voter dimanche. Si certains ont déjà envoyé leur choix par courrier, les autres le feront par voie électronique, covid oblige, cette année.

Les enjeux sont importants, comme à chaque élection, mais peut-être encore plus cette année. Alors que le club est au bord de la faillite et doit régler un chèque évalué à 1,2 milliard d'euros, soit le montant de sa dette, il doit faire face à l'une des plus grandes crises de son histoire. D'abord en raison de la pandémie mondiale qui a mis le Camp Nou à huis clos et tari une importante source de revenus, mais aussi parce que les Blaugranas font face à un dilemme sportif qui a pris une tournure politique au fil des mois. Lionel Messi a voulu quitter le club l'été dernier mais a dû se résoudre à rester. L'homme qui fait briller le Barça depuis près de deux décennies est aussi un fardeau économique. Sur les cinq dernières années, il a coûté un demi-milliard au club. Sans rapporter un seul titre majeur.

Une arène politique

Alors il divise. Victor Font et Toni Freixa sont restés prudents tout en appelant à une révolution. Mais difficile aussi d'écorcher l'image de l'Argentin. Aussi fragilisé qu'il l'est, il reste intouchable pour beaucoup. Et cela, Joan Laporta l'a bien compris. Celui qui a déjà été à la tête du club entre 2003 et 2010 a été clair : avec lui, Messi sera toujours au club la saison prochaine et fera tout pour le convaincre. Une annonce fracassante et qui fleure bon la politique.

Un coup médiatique, politique et sportif, tel est le billet d'entrée à la présidence d'un club comme le Barça. Lorsque Florentino Pérez est arrivé à la présidence du Real Madrid dans les années 2000, il avait promis les Galactiques. Il a été élu et le peuple a été servi. Toni Freixa a lui misé sur l'attaquant du futur. Mbappé ou Haaland, il fera tout pour en amener un des deux en Catalogne.

Victor Font, lui, a décidé de jouer la carte locale. Son projet tourne autour d'un homme : Xavi Hernandez. L'ancien homme à tout faire du Barça dans les années 2000 et capitaine emblématique à la retraite de Puyol, il incarne la réussite catalane et l'âge d'or des Blaugranas. En fin de contrat à Al-Sadd à la fin de la saison, il pourrait débarquer comme néo-coach du FC Barcelone si Font était élu.

Laporta, favori des scrutins ?

Les emblèmes du club, Joan Laporta en est un grand habitué. S'il a laissé Xavi à son adversaire, il peut compter sur Jordi Cruyff, le fils de l'autre légende du Barça, qui fait partie de son équipe technique. L'ancien Barcelonais pourrait cependant jouer sur différents tableaux et rejoindre le gagnant si Font venait à l'emporter. Comme en politique tous les coups sont permis. Comme lorsqu'il s'agit d'attaquer ses adversaires directs. A ce jeu-là aussi, Laporta sait ce qu'il fait. Et son principal rival se nomme Victor Font. Alors il montre les crocs lors du débat : "Les projets ne sont pas basés sur des Powerpoints et des organigrammes. Pendant que vous faisiez des Powerpoints, nous avons gagné la Ligue des Champions".

Dans les urnes, Joan Laporta semble être le favori alors que Victor Font, qui était en tête, pointe désormais en retard. Cependant, avec le vote électronique, tout reste possible, tout comme pour Toni Freixa. Reste désormais à attendre et voir qui mènera la barque du Barça pour les prochaines années. Et les changements peuvent être nombreux. Entre la politique sportive et financière, le choix du coach et des joueurs, une élection présidentielle au Barça peut faire l'objet de quelques tsunamis. Et personne ne sera à l'abri. Pas même eux.

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