Le coup d'envoi du Mondial sera donné par un paraplégique équipé d'un exosquelette

Un handicapé quittera son fauteil roulant pour taper dans le ballon, le 12 juin, grâce à une invention d'une équipe de 156 chercheurs.

Le ballon du Mondial est poussé par un exosquelette développé par l\'équipe du chercheur brésilien Miguel Nicolelis, dans son laboratoire de Sao Paulo (Brésil).
Le ballon du Mondial est poussé par un exosquelette développé par l'équipe du chercheur brésilien Miguel Nicolelis, dans son laboratoire de Sao Paulo (Brésil). (BIGBONSAI-LENTEVIVAFILMES / AFP)

Lève-toi et shoote. Ce n'est pas l'attaquant vedette brésilien Neymar qui tapera le premier dans le ballon, lors du match d'ouverture du Mondial de football Brésil-Croatie, jeudi 12 juin, à Sao Paulo... mais un paraplégique.

Cette personne, dont l'identité n'a pas été révélée, oubliera pendant quelques minutes sa chaise roulante pour marcher sur la pelouse de l'Arena Corinthians, grâce à un exosquelette motorisé crée par une équipe de 156 chercheurs du monde entier, dirigée par le médecin brésilien Miguel Nicolelis.

Une première

"C'est la première fois qu'un exosquelette (ou squelette externe) est contrôlé par l'activité cérébrale et offre un feedback aux patients", déclare le neurologue. Cette innovation est l'aboutissement de 30 ans de travail, d'innombrables tests cliniques et plus de 200 publications scientifiques préalables.

Une personne essaie l\'exosquelette BRA-Santos Dumont 1, à Sao Paulo (Brésil).
Une personne essaie l'exosquelette BRA-Santos Dumont 1, à Sao Paulo (Brésil). (BIGBONSAI-LENTEVIVAFILMES / AFP)

Miguel Nicolelis, professeur à l'université américaine de Duke, en Caroline du nord, a commencé ses recherches en 1984 pour rendre la mobilité à des patients ayant la moelle épinière entièrement compromise. Il préparait alors sa thèse de doctorat sur les connexions neuronales responsables du contrôle des mouvements.

"Nous allons réaliser un exploit"

L'exosquelette qui portera le patient choisi pour la démonstration fonctionne en obéissant à des ordres moteurs de son propre cerveau. Ces ordres permettent à ses jambes inertes de pouvoir remarcher. Ensuite, une série de circuits électroniques situés dans les pieds du squelette lui permettent de recevoir des sensations grâce à "une peau artificielle" installée sur son bras. Ainsi, la personne paralysée arrive non seulement à marcher mais aussi à sentir qu'elle marche.

"C'est un geste symbolique qui va permettre de couronner 30 ans de travail et de le montrer au monde de façon optimiste en une minute pour redonner espoir aux gens. Nous allons réaliser un exploit : apporter la science sur un terrain de foot", souligne-t-il.