Football : la Super Ligue est "définitivement enterrée" après le retrait des clubs anglais, assure un expert

Supporters, joueurs, entraîneurs, sponsors... Tous ont clamé leur opposition au projet à l'unisson. "Une pression globale et qui a été très mal appréhendée par les douze clubs et par les six clubs en Angleterre", explique le think-thank la Fondation Jean-Jaurès.

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Coup de sifflet final pour le projet de "Super Ligue" (illustration). (ARNAUD JOURNOIS / MAXPPP)

Six clubs de football anglais ont annoncé mardi soir qu'ils se retiraient du projet de Super Ligue, cette compétition privée rivale de la Ligue des champions. "Nous avons fait une erreur et nous nous en excusons", a expliqué Arsenal. "Avec ces retraits, on peut dire aujourd'hui que la Super Ligue est "définitivement enterrée", a expliqué mercredi 21 avril sur franceinfo Richard Bouigue, co-directeur de l’observatoire du sport de la Fondation Jean-Jaurès.

franceinfo : Peut-on dire que cette Super Ligue ne verra pas le jour ?

Richard Bouigue : Avec ces retraits, on peut dire aujourd'hui que la Super Ligue est définitivement enterrée ou qu'elle va prochainement l'être. Ce n'est plus du tout le projet de départ.

À quoi est dû ce revirement des clubs anglais ?

Il y a une pression globale et qui a été très mal appréhendée par les douze clubs et par les six clubs en Angleterre. Il y a une révolte, une contestation très forte des supporters, on l'a vu à Arsenal, à Manchester City, à Chelsea où les supporters ont manifesté. Mais je pense qu'il n'y a pas que cela. C'est une pression globale de certains joueurs, entraîneurs, sponsors qui ont dit qu'ils ne soutiendraient plus les clubs s'ils s'engageaient dans la Super Ligue. Il y a même des politiques qui s'en sont mêlés.

Comment les présidents de club ont-ils pu se fourvoyer à ce point ?

C'est une grande question qu'il faudra qu'on arrive à résoudre dans les jours prochains. Est-ce que c'est parce qu'un sondage annonçait que ce projet serait soutenu par 66 % des amateurs de foot ? Mais en tout cas partir comme ça à l'aventure avec un projet pas si bien ficelé que ça, sans entraîner au préalable les supporters, les joueurs, le staff, cela paraît tellement anachronique et tellement loin de la manière dont se montent les projets. Le football n'est pas quelque chose que l'on peut décider à douze clubs. Les dirigeants ne peuvent pas faire fi de ce qui fait vivre les clubs. Je crois que là il y a eu cette erreur.

Est-ce un tournant pour le monde du football ?

On y verra plus clair dans quelques jours. Il y a plusieurs approches. Il y a une approche qui dit que finalement ce qu'on a vécu est un coup de pression de quelques gros clubs européens avec leurs dirigeants qui ont voulu créer un bras de fer avec l'UEFA pour avoir des conditions plus intéressantes pour une nouvelle Ligue des champions.

"Ils ne s'en sortent pas plus mal à la sortie parce que même s'ils abandonnent leur projet de Super Ligue, on dit que l'UEFA est déjà en train de travailler sur un nouveau projet avec une capitalisation un peu plus importante."

Richard Bouigue, co-directeur de l’observatoire du sport de la Fondation Jean-Jaurès

à franceinfo

On passerait de 2 milliards d'euros à 5 à 7 milliards. Donc, il y a cette idée que c'était un coup pour faire céder l'UEFA et avoir une part du gâteau un peu plus importante à se partager pour les grands clubs. Une autre version dit qu'il y a vraiment eu un rapport de force et que derrière rien ne sera comme avant. Cela veut peut-être dire que demain il faudra un régulateur pour calmer l'appétit des grands clubs.

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