Ligue des champions : le Real Madrid, ce géant qui a appris à gagner petit sous Ancelotti

Face à Liverpool en finale, le Real Madrid s’est offert sa 14e Ligue des champions au terme d’une campagne qui a vu les Madrilènes souffrir souvent, pour mieux rebondir.

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France Télévisions
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Carlo Ancelotti a remporté sa quatrième Ligue des champions, samedi 28 mai, face à Liverpool. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Le Real Madrid va pouvoir changer de nom. Après ce quatorzième sacre en Ligue des champions – un record –, le club madrilène va en effet pouvoir ajouter un suffixe pour mieux correspondre à sa nouvelle façon de dompter l'Europe : le Real-iste de Madrid.

Et pour cause : que ce soit en finale face à Liverpool, mais aussi face au PSG en huitièmes, à Chelsea en quarts, ou à City en demies, les Madrilènes se sont réinventés pour dompter les cadors européens. Comment ? En acceptant de souffrir pour mieux piquer derrière. Une transformation orchestrée par Carlo Ancelotti, le maestro italien, désormais entraîneur le plus titré en C1 avec quatre sacres.

Souffrir pour être beau

"Don Carlo" va pouvoir ressortir le cigare qu'il a arboré il y a quelques semaines lors des festivités pour le titre de champion d'Espagne du Real Madrid. De retour dans la capitale espagnole après un premier mandat réussi entre 2013 et 2015, marqué, déjà, par une victoire en Ligue des champions (2014), l'Italien a ramené le Real où il l'avait laissé : au sommet de l'Europe.

À 63 ans, et après des aventures compliquées au Bayern, à Naples et à Everton, le Mister au sourcil relevé a retrouvé tout son flegme pour transformer le Real Madrid, équipe de géants que l'on disait rassasiés de titres, en invincible armada. De quoi devenir au passage l'entraîneur le plus titré de l'histoire de la compétition, avec quatre sacres (deux avec l'AC Milan, deux avec le Real), grâce à la huitième victoire consécutive du Real Madrid en finale de C1, la cinquième en huit ans. Lui qui est également devenu cette saison le premier coach à gagner les cinq grands championnats.

Pour en arriver là, Carlo Ancelotti avait pourtant du pain sur la planche. Arrivé sur le banc d'un Real Madrid en perte de vitesse, privé d'un recrutement d'envergure après avoir perdu des cadres (Varane, Ramos...), l'Italien a revu ses plans. À l'opposé de son sacre de 2014, avec un Real tout puissant porté par Cristiano Ronaldo, Ancelotti était cette fois à la barre d'un outsider pour ce titre européen, derrière les favoris anglais (Chelsea, Liverpool, Manchester City), l'ogre parisien, ou encore le Bayern. Des adversaires tous battus par le Real, à l'exception des Bavarois, pour la simple et bonne raison qu'ils ne les ont pas affrontés.

Le roi de l'adaptation

Là où il avait surtout usé de ses atouts de diplomate en 2014, Carlo Ancelotti a cette fois fait parler le fin stratège qui sommeille en lui. Toujours est-il qu'il fallait aussi une bonne dose de diplomatie pour faire accepter à l'institution madrilène un changement de paradigme : celui de passer d'une équipe dominante à une équipe dominée. La finale contre Liverpool en a été une nouvelle preuve, avec seulement deux frappes madrilènes avant le but de Vinicius. À la demi-heure de jeu, le Real n'avait d'ailleurs toujours pas touché le ballon dans la surface adverse.

Plier, sans rompre : tel a été le mantra du Real cette saison en Europe. À plusieurs reprises, cela a failli causer la perte des Merengues. Mais à chaque fois, ils ont su sortir la tête de l'eau en fin de match pour renverser la vapeur. Le tout avec un calme et une sérénité en toutes circonstances, fidèles à l'attitude d'Ancelotti, impassible, dans sa zone technique. Ce Real Madrid millésime 2022 n'est pas le plus pétillant, mais l'œnologue Ancelotti a su en tirer le meilleur nectar, grâce à un effectif qui a de la bouteille, ce qui aide.

Avec son 4-3-3 modulable en 4-4-2 sans le ballon, avec Valverde qui redescendait au milieu, l'Italien a poursuivi sa série d'innovations tactiques, faisant une nouvelle fois preuve d'une adaptabilité sans faille, sans cesse renouvelée. Histoire de prouver une dernière fois qu'il n'avait justement plus rien à prouver, avant peut-être de laisser la place à la relève.

"J'aimerais passer du temps avec mes petits-enfants, aller en vacances avec ma femme, il y a tant de choses que j'ai négligées et que j'aimerais faire", avouait début mai l'Italien, sous contrat jusqu'en 2024, au micro d'Amazon Prime Vidéo. "Après le Real oui, j'arrête probablement. Mais si le Real me garde ici pendant dix ans, j'entraînerai pendant dix ans." Si tel était le cas, nul doute que le Real Madrid soulèverait d'autres Ligue des champions. 

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