France-Côte d'Ivoire : un match amical pour Didier Deschamps et les Bleus, avec la Coupe du monde déjà en tête

Alors que la Coupe du monde débutera en fin d'année sans match de préparation pour les sélections, l'équipe de France sait que tous les rendez-vous en 2022 seront importants. À commencer par ceux contre la Côte d'Ivoire et l'Afrique du Sud.

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De notre envoyé spécial à Marseille - Denis Menetrier - franceinfo: sport
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Didier Deschamps et Kingsley Coman lors de l'entraînement de l'équipe de France au stade Vélodrome, le 24 mars (FRANCK FIFE / AFP)

L'année 2022 vient tout juste de débuter, mais les Bleus savent déjà précisément comment ils veulent la terminer : une médaille d'or autour du cou, une Coupe du monde dans les mains et une troisième étoile sur le maillot. Le Mondial au Qatar (21 novembre-18 décembre) est d'ores et déjà dans toutes les têtes. L'objectif prioritaire d'une année qui doit se terminer en apothéose pour le premier Mondial hivernal. 

Avant cela, avant de se voir grands, les Bleus vont d'abord se plonger dans cette année 2022 avec un premier match, amical, vendredi 25 mars face à la Côte d'Ivoire. Quatre mois après leur dernière rencontre, c'est à Marseille que Didier Deschamps et ses joueurs vont faire leurs premiers pas de l'année tous ensemble. Jeudi, lors du dernier entraînement sur la pelouse du stade Vélodrome, sous le soleil et l'air printanier qui s'installe, régnait une atmosphère détendue et les sourires étaient de sortie.

Vendredi soir, ils laisseront place à des regards concentrés et à un public qui s'annonce bouillant. C'est face à la Côte d'Ivoire et devant 65.000 spectateurs qu'il faudra bien débuter l'année, au cours d'un match qui n'aura d'amical que le nom.

À la recherche du temps perdu

Depuis la première édition de la Ligue des nations en 2018, ces rendez-vous amicaux se font de plus en plus rares. Et les joueurs de Deschamps auraient tort d'aborder ces deux matchs comme des rencontres sans enjeu. Elles revêtent au contraire une importance particulière. Capitale. Pour s'adapter à la chaleur de Doha, le Mondial aura lieu en fin d'année avec tous les casse-têtes de calendrier que cela comporte. Résultat, les sélectionneurs vont devoir à leur tour s'adapter, sans aucun match de préparation avant la Coupe du monde.

Pendant les trois rassemblements qui vont précéder le début du Mondial – en juin et en septembre pour la Ligue des nations – en plus de ces deux matchs amicaux, les Bleus n'auront pas une minute à perdre. "Il y a encore un peu de temps [avant la Coupe du monde], mais lorsque les opportunités se présentent, il faut les saisir", a concédé Hugo Lloris, jeudi, en conférence de presse. Le compte à rebours a en réalité déjà démarré lors du rassemblement lundi à Clairefontaine : tout doit tendre vers la préparation pour le grand rendez-vous au Qatar.

Et comme la confiance vient en gagnant – l'un des thèmes favoris de Didier Deschamps au sortir de l'Euro raté – il serait malvenu de vivre une déconvenue contre la Côte d'Ivoire alors que le temps est précieux. "On peut dire que ces matchs n'ont pas de valeur, mais je sais très bien qu'il faut qu'on les gagne, parce que sinon, ils vont très vite prendre de la valeur", expliquait, le sourire aux lèvres, Didier Deschamps lundi à Clairefontaine. Conscients de l'importance de ces matchs, le sélectionneur et son staff ont réfléchi aux adversaires à affronter. Et le choix de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique du Sud est loin d'être anodin.

Un 3-4-1-2 à peaufiner

L'équipe de France aurait pu découvrir la chaleur de Doha dès ce mois de mars, en participant à un tournoi amical organisé par le Qatar. Mais les conditions de déplacement et les adversaires potentiels – la Slovénie et la Bulgarie – ont eu raison de cette option. À la place, les Bleus seront opposés aux Ivoiriens et aux Sud-Africains, qui ne verront pas le Qatar. Deux équipes dont le style de jeu ressemble aux sélections africaines qui pourraient tomber dans le groupe de la France lors du tirage au sort du Mondial le 1er avril. Optimisation du temps restant avant la compétition, toujours.

Peaufiner le système tactique, voilà l'autre grand enjeu de ces deux matchs. Le 3-4-1-2, mal-né face à la Suisse en huitièmes de finale de l'Euro (3-3, 4-5 t.a.b.), puis revenu en grâce à la faveur d'une performance séduisante contre la Finlande à Lyon en septembre (2-0), reste à travailler. "Je suis convaincu qu'il y a besoin d'améliorer le système par rapport à certaines situations, avec des ajustements à faire", a assuré Deschamps en conférence de presse, lui qui est habitué à tester d'autres systèmes lors des matchs amicaux, en cas de besoin.

Hugo Lloris et Antoine Griezmann lors de l'entraînement de l'équipe de France au stade Vélodrome, le 24 mars (FRANCK FIFE / AFP)

Les absences de Karim Benzema, en raison d'une blessure, et de Kylian Mbappé, dont la présence est encore incertaine en raison d'une infection ORL, n'apparaissent pas préjudiciables. Les automatismes offensifs, on l'a vu, sont déjà présents. Karim Benzema et Kylian Mbappé parlent le même football et s'entendent à merveille. Ça ne se perd pas et ça pourrait même s'améliorer d'ici le Mondial si les deux se retrouvent l'an prochain au Real Madrid. Leur absence pourrait permettre de voir d'autres têtes, comme celle de Christopher Nkunku qui pourrait débuter, alors que Deschamps a affirmé vouloir faire "jouer un maximum de joueurs" lors de ces deux matchs.

Des nouvelles têtes et des questions

C'est davantage sur le plan défensif que les Bleus vont continuer à se roder, dans un système exigeant que Deschamps s'est décidé à installer sur la durée après l'avoir utilisé avec parcimonie ces dernières années. Continuer de voir Kingsley Coman comme piston droit, étudier l'apport des novices Jonathan Clauss, Christopher Nkunku et William Saliba, analyser le retour d'Olivier Giroud et scruter comment Jules Koundé profite de l'absence de Benjamin Pavard : voilà quelques-unes des questions que soulèvent ces deux matchs, plus si amicaux lorsqu'on change de focale.

Oui, la Coupe du monde est déjà dans toutes les têtes. Et, on l'imagine, dans celle de Didier Deschamps en premier lieu. Le 3-4-1-2 devrait bien aller au Qatar, et le sélectionneur continue de chercher les joueurs qui le composeront. Le temps presse déjà. Et l'histoire retiendra que c'est dans la ferveur marseillaise que l'équipe de France débute cette nouvelle aventure, celle qui la mènera à Doha.

On avait quitté les Bleus fin 2021 avec la satisfaction du travail accompli en Finlande (2-0), un mois après le succès en Ligue des nations à Milan. Ils aspirent désormais à terminer 2022 sur le toit du monde, le 18 décembre prochain, et le chemin démarre vendredi face à la Côte d'Ivoire.

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