"Interdire les têtes, ce n’est pas la bonne pratique" : après l'Écosse, la France pourrait limiter le jeu de tête chez les jeunes footballeurs

L'UEFA, qui gère le foot européen, va dévoiler dans les prochains mois un ensemble de mesures sur les têtes chez les jeunes au nom du principe de précaution. Elles pourraient être responsables de dégénérescences du cerveau. La France devrait les appliquer dans la foulée.

Un enfant fait une tête en football. Illustration.
Un enfant fait une tête en football. Illustration. (OLIVIER LANRIVAIN / MAXPPP)

Le jeu de tête au football est-il un danger pour les jeunes ? Une étude menée par une équipe de recherche de l’université de Glasgow en Écosse affirme que les footballeurs ont 3,5 fois plus de chances de succomber des suites d'une pathologie neurologique que le reste de la population. Dans le détail, le risque de développer la maladie d'Alzheimer est cinq fois plus important chez un ancien footballeur toujours selon cette étude, quatre fois plus pour une maladie du neurone moteur et deux fois plus pour Parkinson.

>> À lire aussi. Interdiction jusqu'à 12 ans de faire une tête au football en Écosse : "Le cerveau n'est pas construit pour subir des impacts répétés"

Mais impossible pour l'instant, selon la Fédération française de football, d'imputer ce surplus de pathologies au jeu de tête. "Aucune étude actuellement ne nous a démontré qu’on avait un lien entre des problèmes neurologiques (les démences, Parkinson, les maladies de Charcot…) et le football, et encore moins avec le jeu de tête", avance Emmanuel Orhant, le directeur médical de la FFF.

Principe de précaution

Mais au nom du principe de précaution, l'UEFA qui régule le foot au niveau européen devrait préconiser dans les prochaines semaines de limiter au maximum l'utilisation de la tête chez les moins de 11 ans ou plutôt de le faire autrement. "Interdire les têtes, ce n’est pas la bonne pratique, affirme Emmanuel Orhant. En revanche, on va leur apprendre à faire des têtes."

On va leur apprendre à muscler les cervicales comme au rugby.Emmanuel Orhant, directeur médical de la FFFà franceinfo

"Faire une bonne tête, c’est avoir une bonne technique et dans ce cadre-là, limiter le jeu de tête", insiste le directeur médical. Une autre piste à l’étude à l’UEFA serait d'avoir des ballons moins gonflés pour les enfants.

Ne pas prendre de risques avec les jeunes


Exemple au Sport Union Dives-Cabourg qui accueille plus de 220 jeunes de moins de 18 ans, garçons et filles confondus. Les adolescents ont trois entraînements par semaine mais les séances consacrées aux têtes sont extrêmement rares. "On a tous été joueur, explique Rémy Vaubrun, éducateur au SU Dives-Cabourg pour les moins de 7 ans et les moins de 15 ans. Ces séances de tête pure, on n’en a jamais vraiment connu. Je me vois mal aujourd’hui faire une séance spécifique où pendant une demi-heure, les enfants enchaînent tête sur tête. On ne va pas travailler le geste de la tête en lui-même. On va plus mettre l’accent sur l’orientation du corps."

Ces interrogations autour des conséquences à long terme du jeu de tête sur la santé du joueur ne sont pas nouvelles. "Je me souviens de mes années école de foot. La question était déjà d’actualité, mentionne Rémy Vaubrun. Ce n’est pas quelque chose de nouveau mais il faut maintenant savoir s’il y a vraiment un risque ou pas. Au niveau des jeunes, on est très prévoyant. On évite de prendre des risques avec eux, on est là pour leur bien-être. Il faut penser à la suite."  

Les clubs amateurs sont maintenant dans l’attente des recommandations de l’UEFA qui devraient être dévoilées d’ici l’été.