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Foot : quel est le vrai niveau de l'équipe de France ?

Les Bleus, pâlots face à la Belgique (0-0), valent-ils mieux que leur réputation d'équipe triste à regarder?

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France Télévisions
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Des supportrices belges lors du match France-Belgique à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 15 novembre 2011. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Brutale prise de conscience ? La double confrontation amicale avec les Etats-Unis et la Belgique, vendredi 11 et mardi 15 novembre, a ravivé les inquiétudes autour de l'équipe de France de football. Des inquiétudes mises en sourdine après la qualification laborieuse pour l'Euro 2012 (et pourtant, que ce match décisif contre la Bosnie a été pénible !) et l'aura de Laurent Blanc, autrement moins attaquable que Raymond Domenech. 

Les Bleus, plus forts que "Bonne nuit les petits"

Jean-Michel Larqué résume assez bien ce France-Belgique sur RMC : "Nous n’avons pas besoin de camisole de force pour aller dormir. Un bon match de l’équipe de France et après, dodo !" C'est vrai que les matchs amicaux endorment et que les matchs officiels (en Albanie, contre la Bosnie) font peur. Le blog Chroniques bleues résume bien l'état d'esprit du supporter français : "C’est désormais une constante depuis le mois de septembre, les matchs de l’équipe de France sont pénibles à voir, pauvres en jeu, décousus techniquement, incohérents tactiquement et dépourvus de rebondissement."

Que manque-t-il à cette équipe pour nous emballer ? Des stars à leur niveau - Ribéry, Gourcuff, Benzema -, une ossature plus nette, une défense centrale fixée (qui avec Rami ? Mexès ? Sakho ? Koscielny ?). Le problème, c'est que ces deux matchs amicaux n'ont pas dégagé beaucoup de certitudes. Ceux qui n'étaient pas là (Nasri, Gourcuff) ont paradoxalement marqué plus de points que ceux qui ont eu leur chance (Cabaye, Martin). Et il ne reste qu'un match amical, contre l'Allemagne le 29 février 2012, à Laurent Blanc pour déterminer son groupe des vingt-trois pour l'Euro.

 

Le footballeur belge Eden Hazard, face aux Français Marvin Martin et Yohan Cabaye, lors du match amical France-Belgique le 15 novembre 2011 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). (MAXPPP)

Le tirage au sort de l'Euro comme juge de paix

Les mauvaises nouvelles ne sont pas venues que du Stade de France mardi soir, avec la qualification du Portugal, de la Croatie, de la République tchèque et de l'Irlande pour l'Euro. Conséquence : la France se retrouve 14e des 16 nations qualifiées, l'Ukraine et la Pologne étant propulsées en tête car pays organisateurs. Du coup, les Bleus sont dans le 4e chapeau : ce qui veut dire qu'ils auront forcément une ou deux grosses équipes dans le groupe, et pire, pourraient se voir attribuer un groupe de la mort type Espagne-Allemagne-Portugal-France lors du tirage au sort, le 2 décembre.

Du coup, le jugement qu'on va porter sur cette équipe de France cru 2010-2012 peut être radicalement biaisé. "Il y a beaucoup de choses qui dépendront de ce tirage dans l'ambition qu'on peut avoir à l'Euro, nuance Laurent Blanc sur RTL. Mais pour en avoir parlé avec des Néerlandais ou des Allemands, ils ne souhaiteraient pas prendre l'équipe de France dans le 4chapeau." Et jouer des gros n'est pas forcément une mauvaise nouvelle : les Bleus ont été plus convaincants contre des équipes qui jouaient que contre des défenses resserrées.

Slavek (à gauche) et Slavko (à droite), les mascottes de l'Euro 2012 lors du match amical entre la Pologne et la France à Varsovie, le 9 juin 2011. (PETER ANDREWS / REUTERS)

Une équipe qui arrivera au top lors du Mondial 2014 ?

Raymond Domenech nous a déjà fait le coup en 2008, en expliquant quand la compétition était perdue qu'il préparait secrètement le Mondial 2010. Avec le succès que l'on sait. Laurent Blanc ne s'est jamais caché que l'objectif était avant tout de bien figurer lors de la Coupe du monde brésilienne, mais son contrat, qui se termine peu après l'Euro, lui interdit un ratage intégral lors de la compétition ukraino-polonaise. Pourtant, l'équipe de France semble encore loin de son niveau optimal. Il manque à ses joueurs cadres (M'Vila, la défense centrale) de l'expérience, ce qui ne peut s'acquérir qu'avec du temps.

Enquiller les matchs sans défaite, bâtir une défense avant de penser à attaquer (un but encaissé lors des cinq derniers matchs), on connaît. Les équipes de France changent, mais le processus de reconstruction recommence. Où en étaient Aimé Jacquet et Raymond Domenech un an et demi après leur prise de fonction ? A peu près au même niveau. A la différence près que les Bleus de 1995 et de 2005 semblaient sur une forme ascendante. Le dernier match référence des Bleus de Laurent Blanc, c'est le Bosnie-France de septembre 2010. Laurent Blanc a beau dire que "l'équipe de France a progressé", cela tarde à se concrétiser sur le terrain.

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