Foot : 12 grands clubs européens lancent leur Super Ligue, compétition concurrente de la Ligue des champions

La Fédération internationale de football "désapprouve" la création de cette nouvelle compétition et appelle au "dialogue". L'UEFA, qui organise la Ligue des champions, menace quant à elle de sanctions les clubs participant à ce projet.

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Le Real Madrid et Liverpool durant le quart de finale retour de la Ligue des champions, le 14 avril 2021 au stade d'Anfield à Liverpool (Royaume-Uni). (PAUL ELLIS / AFP)

C'est désormais officiel. Douze grands clubs européens de football ont annoncé la création de leur propre compétition concurrente de la Ligue des champions, dimanche 18 avril. Cette Super Ligue sera composée de "clubs fondateurs" où figurent des formations italiennes, anglaises et espagnoles : Milan AC, Arsenal, Atlético Madrid, Chelsea, FC Barcelone, Inter Milan, Juventus Turin, Liverpool, Manchester City, Manchester United, Real Madrid et Tottenham. Trois autres clubs devraient être invités à les rejoindre.

"La saison inaugurale (...) démarrera dès que possible", poursuit le texte, sans fixer de calendrier précis. Ce projet, expliquent ses promoteurs, est voué à "générer des ressources supplémentaires pour toute la pyramide du football".

Plusieurs milliards d'euros déjà sur la table

Les clubs fondateurs recevront "un versement en une fois de l'ordre de 3,5 milliards d'euros", précise le communiqué, "destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l'impact de la crise du Covid-19". Si ce chiffre est confirmé, il suppose des revenus bien supérieurs à ceux obtenus par l'UEFA pour l'ensemble de ses compétitions de clubs (Ligue des champions, Ligue Europa et Supercoupe d'Europe), qui avaient généré 3,2 milliards d'euros de recettes TV en 2018-2019. La banque américaine JPMorgan a annoncé qu’elle allait financer le projet.

>> On vous explique le projet de Super Ligue européenne, la nouvelle compétition que 12 grands clubs veulent lancer

Selon ses promoteurs, cette Super Ligue fonctionnerait sous la forme d'une saison régulière opposant 20 clubs, quinze d'entre eux ("les clubs fondateurs") étant qualifiés d'office chaque année et les cinq autres bénéficiant d'invitations "à travers un système basé sur leur performance de la saison précédente". Au terme de cette première phase débutant au mois d'août, des play-offs de fin de saison seraient organisés jusqu'en mai pour décerner le trophée.

La Fifa "désapprouve" le projet et invite au "dialogue"

La Fédération internationale de football (Fifa) "ne peut que désapprouver une Ligue européenne fermée et dissidente hors des structures du football", a réagi la fédération internationale après l'annonce, invitant toutes les parties à "un dialogue calme, constructif et équilibré" sur le sujet.

Avant même l'officialisation de cette nouvelle compétition, l'UEFA, l'association européenne de football qui organise la Ligue des champions, avait menacé d'exclure les équipes dissidentes de toute "compétition au niveau national, européen ou mondial".

Le Comité exécutif de l'UEFA devait justement se réunir lundi pour entériner une réforme de sa Ligue des champions. Difficile, désormais, de savoir ce qu'il adviendra de la réforme attendue de cette compétition à l'horizon 2024. Cette refonte bâtie en lien avec l'Association européenne des clubs (ECA) qui réunit les ténors du continent, est censée être adoptée lundi par l'UEFA avec le remplacement de la phase de poules par un mini-championnat à 36 clubs destiné à garantir plus de matchs, et donc plus de revenus, aux grands clubs.

L'UEFA a, en revanche, remercié les clubs d'autres pays, "en particulier les clubs français et allemands, qui ont refusé de s'engager sur cette voie". Et en effet, le PSG et le Bayern Munich, finalistes de la dernière Ligue des champions, ne figurent pas parmi ces clubs fondateurs de la Super Ligue.

De très vives réactions, y compris politiques

Toute la journée de dimanche, les prises de positions s'étaient multipliées pour dénoncer la création d'une telle compétition fermée entre clubs fortunés, à commencer par l'Association européenne des clubs (ECA), dont font partie tous les cadors du football européen. "L'ECA, en tant qu'instance représentative de 246 clubs de premier plan à travers l'Europe, réaffirme son engagement visant à travailler au développement du modèle des compétitions de clubs de l'UEFA, avec l'UEFA, pour le cycle débutant en 2024", a indiqué ce syndicat présidé par l'Italien Andrea Agnelli, patron de la Juventus Turin.

Symbole de l'importance du dossier, l'Elysée a fustigé un projet "menaçant le principe de solidarité et le mérite sportif" et la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, a dénoncé un "club VIP de quelques puissants". Autre réaction politique, celle du Premier ministre britannique Boris Johnson pour qui ce projet "serait très dommageable pour le football" : "Cela frapperait en plein cœur notre football national et susciterait l'inquiétude des fans à travers le pays", a-t-il tweeté.

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