Euro 2021 : "Il y a un doute qui s'est installé entre la fédération et le sélectionneur" de l'équipe de France, estime un journaliste sportif

Selon le directeur de la rédaction du magazine "So Foot", "il n'y a rien de tranché" encore entre Jean-Noël Le Graët et Didier Deschamps.

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Radio France
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L'entraîneur de l'équipe de France de football Didier Deschamps console ses joueurs après leur défaite en huitièmes de finale de l'Euro 2021 face à la Suisse le 28 juin 2021. (FRANCK FIFE / POOL)

Au lendemain de l'élimination de l'équipe de France en huitièmes de finale de l'Euro de football, Pierre Maturana, journaliste et directeur de la rédaction du magazine "So Foot" a estimé mardi 29 juin sur franceinfo qu'il y a "un doute qui s'est installé entre la fédération et le sélectionneur", alors que Noël Le Graët a affirmé avoir "besoin de bavarder" avec Didier Deschamps. Le président de la Fédération française de football a ajouté, concernant l'avenir du sélectionneur à la tête des Bleus que "le plaisir doit être partagé". Pour Pierre Maturana, "il n'y a rien de tranché" entre les deux hommes. Et, en cas de divorce entre le sélectionneur et la fédération, Zinedine Zidane est "le candidat naturel" à la succession de Didier Deschamps

franceinfo : Après les déclarations de Noël Le Graët, est-ce que l'avenir de Didier Deschamps est sur la sellette ?

Pierre Maturana : Je pense qu'il y a effectivement un doute qui s'est installé entre la fédération et le sélectionneur. L'Euro n'a pas été de tout repos pour les Bleus. On n'imaginait pas une élimination aussi chaotique et peu étrange dans l'atmosphère qui semble régner autour des Bleus. Donc forcément il va falloir tirer au clair les responsabilités des uns et des autres. Et au lendemain de la défaite face à la Suisse, on a quand même l'impression que Didier Deschamps a une part de responsabilité un peu plus grande que ce qu'on a pu imaginer auparavant dans sa carrière. Donc j'imagine que cela met un peu de doute dans la tête du sélectionneur et peut-être aussi de son président. C'est là-dessus que la discussion entre les deux hommes doit aussi porter.

"Le plaisir doit être partagé", a dit Noël Le Graët, sans dire de quel côté. Que faut-il comprendre ?

Là où il est malin, c'est qu'il ne dit pas de quel côté le plaisir est le moins partagé. On peut imaginer que dans la tête du sélectionneur, c'est un peu le flou, une grosse désillusion. On est presque sur un petit fiasco. Sortir en huitièmes de finales face à la Suisse, ce n'est pas génial pour l'image de l'équipe de France. Est-ce que lui va vouloir aller encore chercher une autre campagne en 2022, dans 18 mois ? Ce n'est pas gagné. Repartir après cet échec là, ce n'est pas facile. Deschamps a une longue carrière, il a fait des super choses, il a un palmarès qui est impossible à critiquer parce que c'est énorme. Mais peut être que la tâche est un peu harassante ou un peu trop lourde. En Allemagne, on voit bien que le sélectionneur Joachim Löw a fait le mandat de trop. Il a gagné la Coupe du monde en 2014 et depuis, c'est un lent déclin. Donc, j'imagine que Deschamps réfléchit pour ne pas sortir de cette façon-là.

Est-ce le moment de changer de cycle, alors que les éliminatoires de la Coupe du monde ont déjà débuté ?

C'est le moment ou jamais. Plus tard, ce sera peut-être un peu trop tard. Je pense que si on veut changer, c'est d'ici cet été ou à la rentrée. On a eu une super aventure avec Didier Deschamps. Soit on la continue, soit on l'arrête. Mais je pense que retarder l'échéance et changer de sélectionneur quand on approchera du prochain Mondial, ce ne sera pas une bonne idée. Je pense qu'ils vont avoir une discussion franche. A mon avis, rien n'est tranché aujourd'hui entre Noël Le Graët et Didier Deschamps. Ni l'un ni l'autre ne savent s'ils veulent continuer ensemble ou pas. Le temps de la réflexion va être intéressant parce qu'il y a beaucoup de choses à poser sur la table, à la fois dans la façon de jouer de cette équipe de France que dans la façon de gérer les égos des énormes stars qu'on a en équipe de France.

Qui voyez-vous pour succéder à Didier Deschamps ?

On a du mal à imaginer un autre nom que Zidane. Cela dit, il peut y avoir des surprises. Mais c'est vrai que Zidane semble le candidat naturel à la succession de Deschamps. Déjà parce qu'il a un palmarès d'entraîneur qui est respecté par tous, parce qu'il a gagné deux Ligues des champions avec le Real Madrid et qu'il s'est imposé dans le plus grand club du monde. Et ensuite, il faut aussi un coach avec un énorme charisme pour gérer ces joueurs-là. Et on voit bien que Zidane est peut-être aujourd'hui le coach le plus respecté dans l'environnement français. Cela semble tout désigné. Mais après, avec la fédération, on peut s'attendre à tout.

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