Éliminatoires de la Coupe du monde 2022 : la gueule de bois se prolonge pour les Bleus

Deux mois après leur élimination précoce à l’Euro, les Bleus voulaient chasser les doutes pour leur rentrée mercredi soir contre la Bosnie. C’est raté.

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France Télévisions
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Paul Pogba dubitatif lors du match entre la France et la Bosnie-Herzégovine, le 1er septembre à Strasbourg.  (FRANCK FIFE / AFP)

Au lendemain du triste match nul contre la Bosnie-Herzégovine lors des qualifications du Mondial 2022. Didier Deschamps n'est pas le seul à avoir mal au crâne. Pour la rentrée de l'équipe de France, mercredi 1er septembre à Strasbourg, le sélectionneur n'a pas su trouver le remède miracle pour remettre la tête de ses Bleus à l'endroit. Deux mois après l'élimination précoce à l'Euro aux tirs au but contre la Suisse – les Bleus menaient pourtant 3-1 à dix minutes du terme –, Griezmann, Pogba et consorts ne vont pas mieux. Pire : ils ont confirmé les doutes nés de cette élimination. La gueule de bois se prolonge donc, et pour en sortir, il faudra autre chose qu'un peu de paracétamol.

C'est grave, docteur ?

Avant de défier la Bosnie-Herzégovine à Strasbourg, la déception de l'Euro semblait presque loin. Entre temps, la France du sport a vibré sur le Tour de France, les Jeux olympiques, et assisté à un mercato de folie dans le monde du ballon rond. Depuis leur arrivée à Clairefontaine lundi, les Bleus se sont d'ailleurs employés à chasser des esprits cet échec, répétant à l'envie démarrer "une nouvelle aventure" avec la Coupe du monde au Qatar en 2022. Un discours insufflé par Didier Deschamps et le président de la Fédération française de football Noël Le Graët, lors de prises de paroles dès le début du rassemblement. Un discours qui n'a pas trouvé écho à la Meinau.

Aux mots du patron de la FFF, les maux de l'Euro ont succédé. Car deux mois après sa fin de match catastrophique contre la Suisse, et son tournoi marqué par une fébrilité défensive nouvelle, l'équipe de France a regoûté à ces ingrédients amers. Contre la Bosnie-Herzégovine, les Français étaient pourtant prévenus : il fallait surveiller deux joueurs, Miralem Pjanic et Edin Dzeko. Et surtout ne laisser aucune miette à ce dernier. Car, du haut de ses 35 ans, le géant des Balkans est toujours aussi vorace. Un ballon bêtement perdu par Thomas Lemar au milieu de terrain lui a suffi pour croquer la bande à Dédé, sonnée après cette ouverture du score sortie de nulle part. La quatrième concédée par les Bleus en quatre matchs, une première sous l'ère Deschamps.

Entre la perte de balle, la non-réaction au pressing, et l'attentisme des centraux (pris plusieurs fois dans leur dos), l'ouverture du score de Dzeko a fait remonter les douloureux souvenirs de l'Euro. Les Bleus, timorés et sans idées, ont malgré tout recollé par chance trois minutes plus tard, après un coup de billard de Griezmann sur un corner de Mbappé."L'Euro est derrière, les joueurs ont recommencé une nouvelle saison, nous aussi. On est repartis sur un nouvel objectif avec toute notre force et notre énergie", résumait Deschamps après le coup de sifflet final. "L'Euro appartient au passé, on essaye de donner un nouvel élan. C'est une nouvelle saison", emboîtait Hugo Lloris, assurant que l'Euro était loin, tout en évoquant ensuite des souvenirs pourtant plus anciens, de mars.

"Ce match nul, on ne peut pas s'en contenter mais on regarde devant. En mars on avait démarré par un nul contre l'Ukraine, ça ne nous a pas empêchés d'aller chercher six points ensuite."

Hugo Lloris

Interrogé sur cette "reconstruction", le capitaine a préféré recentrer le débat sur la "préparation pour le prochain Mondial". Encore faut-il se qualifier. Pas de panique : la situation est loin d'être catastrophique, puisque les Bleus sont seuls en tête avec quatre points d'avance sur l'Ukraine, tenue en échec par le Kazakhstan plus tôt dans la soirée. Mais sur le plan du jeu, le bilan de ce match de rentrée est bien plus préoccupant : peu d'occasions franches malgré la présence du trio magique Benzema-Mbappé-Griezmann, un milieu aux abois et une défense en perte de vitesse, même si, évidemment, le carton rouge logique – mais évitable – de Jules Koundé n'a pas aidé.

"On aurait eu plus de probabilités, oui. Il vaut mieux être à onze sur un terrain. Ce carton rouge nous pénalise évidemment."

Didier Deschamps

Plutôt que de se réfugier derrière cette infériorité numérique, les ouailles de Deschamps ont invoqué le "bloc bas" des Bosniens. Une réalité indéniable, mais que les Bleus affrontent depuis des années sans progresser dans cet exercice. Le constat d'échec contre la Bosnie est posé, mais il convient toutefois de le nuancer, car les trêves de septembre sont rarement les plus emballantes et riches d'enseignements, les joueurs se remettant à peine de leur préparation estivale. Deschamps n'a d'ailleurs pas eu de véritable séance d'entrainement disponible depuis l'arrivée des joueurs lundi, contraint par un rythme insensé de trois matchs en sept jours de trêves.

Le sélectionneur peut toutefois s'appuyer sur quelques points positifs vus à Strasbourg, comme la forme de Pogba et son entente avec Benzema, mais aussi quelques mouvements intéressants entre Griezmann, Mbappé et Benzema, ou encore le bon match de Digne. Manquée, la rentrée des Bleus témoigne surtout d'une équipe perfectible en vue du Mondial 2022 qui sera, de toute façon, la seule solution pour définitivement tourner la page de l'Euro 2021. Et en gagnant samedi contre l'Ukraine, et mardi contre la Finlande, l'équipe de France se rapprocherait déjà sérieusement du Qatar. Ce qui donnerait une autre allure à sa rentrée.

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