Des footballeuses lesbiennes dénoncent les insultes homophobes d'un entraîneur

Les faits se sont déroulés dans le 20e arrondissement de la capitale, mercredi. La mairie de Paris dénonce "une agression verbale lesbophobe et sexiste" et promet des sanctions. L'entraîneur mis en cause nie avoir proféré des insultes.

Le stade Louis-Lumière, dans le 20e arrondissement de Paris.
Le stade Louis-Lumière, dans le 20e arrondissement de Paris. (GOOGLE EARTH)

Elles se font appeler "les Dégommeuses". Les joueuses de cette équipe de foot composée de lesbiennes et d'amies de lesbiennes ont subi les insultes de l'entraîneur d'une équipe de jeunes sur un terrain municipal. La mairie de Paris dénonce, dans un communiqué, vendredi 30 janvier, "une agression verbale lesbophobe et sexiste". Et promet des sanctions.

Le 28 janvier à 19h30, les Dégommeuses se présentent au stade Louis-Lumière, près de la porte de Montreuil, dans le 20e arrondissement de Paris, où elles bénéficient d'un créneau horaire pour jouer au foot. Mais l'entraîneur d'une équipe de jeunes qui occupait le terrain pendant le créneau précédent refuse de céder la place.

"Je vais te faire bouffer mes couilles dans ta bouche"

"Après avoir intimé aux jeunes qu'il encadrait de ne pas quitter le terrain, il est devenu de plus en plus agressif, passant aux insultes puis aux menaces physiques", ont expliqué vendredi les Dégommeuses dans un communiqué conjoint avec l'association SOS Homophobie.

Selon elles, une joueuse a été violemment prise à partie verbalement : "Je vais te faire bouffer mes couilles dans ta bouche", a menacé l'entraîneur. Puis il aurait encouragé ses élèves à se moquer des joueuses. "Allez les jeunes, applaudissez les lesbiennes !" aurait-il lancé, entraînant "un déchaînement d'applaudissements collectifs, de cris et de railleries, sous l'œil satisfait de l’entraîneur, qui continuait lui-même d’applaudir". Jusqu'à l'arrivée d'un agent de la municipalité.

Interrogé par le site Yagg.com, l'entraîneur nie avoir proféré des insultes, et livre une autre version des faits. Selon lui, l'une des Dégommeuses aurait qualifié ses joueurs de "petits branleurs", ce à quoi il aurait répliqué : "Et vous, vous êtes quoi ? Vous, vous êtes des petites lesbiennes !" Il accuse aussi "l'une de ces demoiselles de dire quelque chose à la limite du racisme".

L'entraîneur pourrait être sanctionné

La mairie de Paris et la mairie d'arrondissement ont apporté leur soutien aux joueuses et ont promis des sanctions contre l'entraîneur qui les a insultées. "Ces propos, outre leur vulgarité et leur agressivité, sont strictement prohibés par la loi. Il est d'autant plus choquant de les entendre sortir de la bouche d'une personne à qui des parents ont confié leurs enfants afin qu'ils pratiquent une activité sportive", ont jugé Jean-François Martins et Hélène Bidard, adjoints à la maire de Paris, et Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement.

La maire du 20e arrondissement va étudier les suites juridiques à apporter à cet incident. De son côté, la maire de Paris, Anne Hidalgo, va engager des mesures conservatoires et des sanctions administratives envers ce dirigeant de club. Elles pourraient aller jusqu'à son exclusion des terrains de sport de la ville de Paris.