"Je les adorais, maintenant je les déteste" : l’amertume belge après la victoire française en finale du Mondial

Si les Français ont allègrement fêté la victoire de leur équipe qui a remporté dimanche la Coupe du monde de football, en Belgique, les festivaliers présents à Dour avaient, eux, comme un goût amer dans la bouche, depuis la demi-finale perdue. 

Les festivaliers arrivent sur le site du festival de Dour, en Belgique, le 12 juillet 2017 (illustration).
Les festivaliers arrivent sur le site du festival de Dour, en Belgique, le 12 juillet 2017 (illustration). (BELLOUMI / MAXPPP)

Il a d’abord fallu se réveiller, survivre au camping surchauffé puis trouver une bonne place devant l’écran géant installé sur la grande scène du festival de Dour, l’un des plus reconnus en Europe, en Belgique, non loin de la frontière française. Et affronter une marée de Français venue exulter sur chaque but, et hurler encore un peu plus au coup de sifflet final qui marquera la victoire, dimanche, de l’équipe de France à la finale de la Coupe du monde devant son adversaire croate, quelques jours après la défaite belge devant les Bleus.

"Vous avez perdu beaucoup de supporters belges"

En s’écartant un peu, on trouve des supporters belges, sans pitié pour le jeu de l’équipe de France et ses supporters. "Là vraiment vous étiez dégueulasses. Je trouve ça triste que vous soyiez champions du monde comme ça mais voilà vous êtes champions du monde, vous n’avez rien à dire…" "Avant la Coupe du monde, j’étais pour la Belgique et pour la France mais là, les supporters m’ont rendu taré", rage-t-il. À les entendre, l’amitié franco-belge a pris du plomb dans l’aile : "J’avais dit que la France était mon favori… Je les adorais, maintenant je les déteste. Je crois que vous avez perdu beaucoup de supporters belges", assure un supporter.

"Ça va être très dur"

Le programmateur du festival de Dour, Alex Stevens, calme le jeu : "La communauté de Dour est plus forte que cela. Ok, on se chambre un peu, mais c’est un peu comme dans une dispute de couple. Les festivaliers font partie de la communauté de Dour, ils sont comme des frères et sœurs qui se chamaillent…" Pourtant, pour d’autres, côté belge, voir les Français pavoiser est une souffrance : "Ça va être très dur, sourit un supporter belge. Mais oui : Dour est français, aujourd’hui, apparemment."

Après la victoire française en finale du Mondial, à Dour, l’amertume belge - reportage de Yann Bertrand
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