Coupe du monde : les Américains se découvrent une passion pour le "soccer"

Très proche de se qualifier pour les huitièmes, la Team USA provoque l'engouement de la population aux Etats-Unis, un pays où le football n'était jusque-là qu'un sport de second plan.

Des supporters de la Team USA, à l\'Amazonia Arena, à Manaus (Brésil), pour le match des Etats-Unis contre le Portugal, le 22 juin 2014. 
Des supporters de la Team USA, à l'Amazonia Arena, à Manaus (Brésil), pour le match des Etats-Unis contre le Portugal, le 22 juin 2014.  (FRANCISCO LEONG / AFP)

Un match nul, c'est tout. Il suffit aux Etats-Unis et à l'Allemagne de se quitter sur un score paritaire, jeudi 26 juin, pour leur dernier match dans le groupe G, pour se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Un exploit pour les Américains, dans cette poule "de la mort", composée de la Mannschaft, du Ghana et du Portugal. Et assez logiquement, les bons résultats de la Team USA, emmenée par Clint Dempsey, créent un engouement pour le football dans ce pays où ce sport est appelé "soccer", comme le rappelle Slate.fr. Une discipline surtout connue pour les résultats de l'équipe nationale féminine, et bien moins populaire que le basket, le football américain, le hockey sur glace ou le base-ball chez les hommes.

Un sport prisé par les "hipsters"

"A une époque pas si lointaine, les Américains flottaient dans une bulle d'ignorance heureuse, et pouvaient faire comme si le sport chouchou de la planète entière n'existait tout bonnement pas. Cette époque devrait bientôt appartenir au passé, écrit Alex Williams dans le New York Times (en anglais)Avec des supporters de plus en plus nombreux aux Etats-Unis, le football n'est plus au champ sportif ce que Kylie Minogue est à la variété internationale : une star planétaire, sauf chez nous." 

Le journaliste américain relève ensuite que le football est de plus en plus apprécié au sein des classes "créatives" de la société américaine. Autrement dit, chez les "hipsters", ces jeunes branchés, indique Courrier international qui a adapté l'article en français. Le chic très européen du football aurait converti les intellectuels du pays à la Premier League anglaise, puis au "soccer" américain.

La Major League Soccer en plein boom

C'est David Beckham qui a contribué le premier à populariser le football outre-Atlantique. En effet, la star planétaire a joué pendant six ans pour les Los Angeles Galaxy, un club de la ligue américaine, la Major League Soccer (MLS). Son équipe a d'ailleurs remporté le championnat en 2011 et 2012. Cette ligue a été créée un an après l'organisation du Mondial sur le sol américain, en 1994. Elle ne comptait alors qu'une dizaine d'équipes, rappelle le Huffington Post (en anglais)

Désormais, 19 clubs bataillent pour le titre, et l'affluence dans les stades rivalise avec celle de rencontres de NBA (basket) ou la NHL (hockey sur glace) – qui se déroulent dans des salles couvertes, certes, donc plus petites. Trois nouvelles franchises devraient voir le jour d'ici 2017. David Beckham (encore lui) a annoncé son intention d'investir pour créer une nouvelle équipe à Miami. Surtout, chez les 12-17 ans, la MLS égale le base-ball en terme de popularité, note ESPN (en anglais). Preuve que le football va encore gagner en notoriété dans le futur.

Une Coupe du monde qui passionne

Les matchs de l'équipe nationale réalisent de (très) bonnes audiences lors de ce Mondial au Brésil. Onze millions de téléspectateurs ont regardé la rencontre contre le Ghana. Pour ESPN, le diffuseur de la Coupe du monde aux Etats-Unis, c'est le match de football le plus vu dans l'histoire de la chaîne, remarque Forbes (en anglais). De nombreuses célébrités étaient devant leur écran.

Cet engouement pour le Mondial ne se constate pas qu'à la télévision. A Chicago, par exemple, plus de 10 000 personnes ont assisté au match entre la Team USA et le Portugal à Grant Park. Manifestement, la foule était chauffée à blanc.

Le 22 juin 2014, plus de 10 000 personnes ont regardé le match Etats-Unis-Portugal, à Grant Park, à Chicago.
Le 22 juin 2014, plus de 10 000 personnes ont regardé le match Etats-Unis-Portugal, à Grant Park, à Chicago. (SCOTT OLSON / AFP)

Enfin, d'après une infographie du Global Post, les Américains sont ceux qui ont acheté le plus de places pour le tournoi, exception faite des Brésiliens.