Mondial 2019 : les tee-shirts et foulards verts, symbole de la lutte pour le droit à l'avortement en Argentine, interdits lors du match Argentine-Ecosse

Sur Twitter, des spectatrices féministes ont affirmé qu'elles ne pouvaient pas entrer au Parc des princes avec un foulard vert, mercredi soir. "Un stade de football ne peut pas être un lieu de revendication", a répondu la FIFA au "Parisien". 

Une femme manifestant pour le droit à l\'avortement en Argentine porte un foulard vert, symbole de la lutte pour ce droit, lors d\'un rassemblement devant l\'ambassade de l\'Argentine au Chili, le 8 août 2018. 
Une femme manifestant pour le droit à l'avortement en Argentine porte un foulard vert, symbole de la lutte pour ce droit, lors d'un rassemblement devant l'ambassade de l'Argentine au Chili, le 8 août 2018.  (MARTIN BERNETTI / AFP)

Un message de soutien pour le droit à l'avortement en Argentine, qui n'a pas passé les portes du Parc des princes. Plusieurs militantes féministes, spectatrices du match du Mondial 2019 entre l'Argentine et l'Ecosse, mercredi 19 juin au Parc des princes, à Paris, assurent qu'elles n'ont pas pu entrer dans le stade en raison de foulards et tee-shirt verts qu'elles portaient – symbole de la lutte pour le droit à l'avortement en Argentine. 

"Ce soir, on a pris 9 places pour aller voir #SCOARG au Parc des princes. On soutient l’Argentine et on s’est dit que c’était l’occasion de soutenir la CampAbortoLegal (qui lutte pour le droit à l'avortement) avec des foulards et du maquillage vert", a relaté Margaux Collet, coauteure de Beyoncé est-elle féministe, sur Twitter. "Ça ne s’est pas passé comme prévu", poursuit-elle. 

"On n'était pas du tout partis pour faire un happening, mais on s’était dit, comme on soutient l’équipe argentine et qu'on a suivi de près la mobilisation pour l’avortement en Argentine, on va y aller", raconte à franceinfo Margaux Collet. "On est arrivées avec du maquillage vert et des tee-shirts avec de petites écritures. J’avais un blouson donc je ne pensais pas que ça allait poser problème". Quand une personne explique aux neuf spectatrices que ces tee-shirts sont interdits, elles cherchent à comprendre pourquoi. "On ne nous a jamais dit que c’était politique ou que ça avait un lien avec les débats sur l’avortement en Argentine", rapporte Margaux Collet. 

"Le vert, c'était politique, et donc interdit"

Les vêtements verts des supportrices sont alors confisqués avant leur entrée dans le stade. "Le staff était briefé sur le fait que le vert c'est le symbole du droit à l'IVG en Argentine. C'est politique, et donc interdit", assure Margaux Collet sur Twitter 

Lu, supportrice argentine au Parc des princes mercredi soir, rapporte les mêmes faits à franceinfo. "J’avais deux filles argentines devant moi quand on faisait la queue pour voir les sacs", relate-t-elle. "Et la dame qui fouillait a dit aux filles qu’elles ne pourraient pas porter le foulard vert. Elle avait reçu des ordres en disant que c’était interdit de rentrer avec ça", détaille Lu. 

Apparemment, il y avait des ordres comme quoi on ne pourrait pas rentrer avec des éléments qui pouvaient susciter des débats. La dame disait : "je ne peux pas vous faire rentrer, c’était des ordres".Lu, supportrice argentineà franceinfo

Selon Margaux Collet, le chef de la sécurité a pris son billet et ceux de ses amies en photo, en leur disant : "on vous aura à l'oeil". Contactée par Le Parisien, la Fifa assume, expliquant qu'un "stade de football ne peut pas être un lieu de revendication de quelque nature que ce soit et, ce, même si les causes sont louables." 

Comme le précise Le Parisien, le groupe féministe Alerta Feminista a lui aussi vu sa banderole verte réquisitionnée lors du match. Il a cependant pu déployer sa banderole en soutien à la lutte pour le droit à l'avortement, après la fin du match et à l'extérieur du stade.