La Coupe du monde va permettre au football féminin "de passer une seconde vitesse", selon la vice-présidente de la FFF

"Les barrières culturelles sont tombées", affirme mercredi sur franceinfo Brigitte Henriques, vice-présidente de la Fédération française de football et du comité d'organisation du Mondial féminin 2019.

Brigitte Henriques, le 19 novembre 2015 au siège de la Fédération française de football.
Brigitte Henriques, le 19 novembre 2015 au siège de la Fédération française de football. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Alors que le Mondial de football féminin se disputera en France dans 100 jours, du 7 juin au 7 juillet, Brigitte Henriques, vice-présidente de la Fédération française de football et du comité d'organisation de la Coupe du monde féminine, a confié mercredi 27 février à franceinfo que cette compétition allait permettre au football féminin "de passer une seconde vitesse". Un tiers des billets ont déjà été vendus. "Les voyants sont plutôt au vert", se réjouit Brigitte Henriques.

franceinfo : Neuf villes françaises accueilleront des rencontres lors de cette compétition. De quelle manière ces villes hôtes se mobilisent-elles ?

Brigitte Henriques : Cela fait deux ans que les villes hôtes colorent tous leurs événements culturels et sportifs aux couleurs de la Coupe du monde afin que leurs habitants, ainsi que ceux des communes alentours, sachent qu'il y a cet événement du 7 juin au 7 juillet près de chez eux. Et puis tous les mois, nos licenciés filles ou garçons, participent à des 'mondialitos'. Ce sont des petits tournois, organisés notamment dans les écoles, les collèges ou les lycées et où les joueurs portent les maillots des 24 équipes qui seront représentées lors de la Coupe du monde. Voilà pourquoi aujourd'hui, les voyants sont plutôt au vert.

Surveillerez-vous de près l'affluence dans les stades pour cette Coupe du monde ?

Avoir des stades remplis, c'est un enjeu-clé. Cette Coupe du monde va être diffusée dans tous les pays du monde. En France, elle le sera par TF1 et Canal +. Gianni Infantino, le patron de la FIFA, a annoncé qu'il y aurait un milliard de téléspectateurs dans le monde pour cette compétition. Ce sera un record. Mais au-delà de ça, si les stades sont remplis, c'est aussi parce qu'il y a une qualité du jeu. Et la qualité des joueuses mérite d'être reconnue. Aujourd'hui, on peut parler de foot de très haut niveau. Les Bleues vont jouer jeudi à Laval [contre l'Allemagne, ndlr] et le stade est quasiment à guichets fermés. Ce sera pareil à Tours face à l'Uruguay. Donc, il est sûr que ce spectacle plaît et que les télés sont très contentes des audiences.

La Coupe du monde va-t-elle permettre au football féminin de s'installer définitivement dans le paysage sportif français ?

La Coupe du monde va permettre de passer une seconde vitesse. On a déjà rattrapé le retard. Les barrières culturelles sont tombées. On est passé de 50 000 licenciées à 170 000 aujourd'hui, en comptant les éducatrices, les arbitres, les dirigeantes. C'est énorme. L'Allemagne, nation de référence, en a 250 000. L'enjeu de cette compétition est donc de laisser un héritage fort. Mais il faut aussi aider nos clubs, aider pour nos vestiaires, pour la formation des éducateurs et des éducatrices, des dirigeants et des dirigeantes. C'est cet héritage que l'on veut laisser après cette Coupe du monde qui va créer un engouement sans précédent, j'en suis certaine.