Ci-gît Lyon, meilleure équipe française en Ligue des champions (2002-2012)

L'OL a été piteusement éliminé par Nicosie en 8es de finale. Signe d'un déclin inexorable du club ou de l'émergence d'un nouveau foot européen où tout le monde peut battre tout le monde ?

La détresse du défenseur lyonnais Cris après l\'élimination de son club de la Ligue des champions face à Nicosie, le 7 mars 2012, à Nicosie (Chypre). 
La détresse du défenseur lyonnais Cris après l'élimination de son club de la Ligue des champions face à Nicosie, le 7 mars 2012, à Nicosie (Chypre).  (JACK GUEZ / AFP)

Il y a deux façons de considérer la défaite de l'Olympique lyonnais face aux Chypriotes de l'Apoel Nicosie en 8es de finale de la Ligue des champions, mercredi 7 mars. Soit on considère que c'est le retour du foot à papa, où des équipes méconnues peuvent surprendre les plus gros. Soit c'est le signe de l'inexorable déclin de l'OL, naguère place forte du football français. A moins que ce ne soit les deux.

• Une victoire du foot à Platini...

Il existe un musée à la gloire de Michel Platini à Chypre et c'est le seul au monde. Pourquoi une telle passion là-bas pour l'ancien meneur de jeu des Bleus des années 80 ? Parce que celui qui devenu président de l'UEFA avait promis une réforme ambitieuse de la Ligue des champions, la compétition européenne reine. Arrivé au pouvoir, il a dû calmer ses ambitions mais, grâce à lui, les clubs champions des petits pays ont plus de chances de se qualifier pour la C1, comme l'explique en détail le site des Cahiers du foot.

L'année dernière, le FC Copenhague a atteint les 8es de finale. Cette année, le FC Bâle et l'Apoel Nicosie, pas vraiment des cadors européens, ont passé l'hiver en C1. Un signe que le ventre mou du foot européen s'est élargi : beaucoup plus d'équipes qu'auparavant peuvent accéder aux 8es de finale, sans pour autant avoir une chance de soulever le trophée en mai. 

Avant le match de mercredi, le président de l'Apoel a d'ailleurs lâché sur le site de la Fifa un "merci Michel Platini". La victoire en poche, peut-être est-il désormais question de lui élever une statue ! 

• ... ou le déclin inexorable de Lyon ?

Etre éliminé par un club au budget 26 fois inférieur au sien, ça fait mal à l'ego. Se faire sortir par l'équipe sur laquelle tout le monde voulait tomber au tirage au sort, c'est ridicule. Ça faisait longtemps que l'OL n'avait plus connu la honte en Coupe d'Europe. Treize ans précisément, avec la défaite contre Maribor, un obscur club slovène, en tour préliminaire de Ligue des champions en 1999. "La page la plus sombre de l'histoire du club", se souvient Bernard Lacombe, dirigeant de l'OL. Entre cette date et aujourd'hui, Lyon a été la référence française en Ligue des champions. Le club rhodanien ne l'est plus... mais personne n'a encore pris la relève.

Il y a cinq ans, l'OL formait l'ossature de l'équipe de France, alignait des joueurs que les clubs européens s'arrachaient (Abidal, Malouda, Benzema). Aujourd'hui, seuls trois ou quatre joueurs ont montré sur le terrain qu'ils avaient le niveau : Lloris, Gonalons, Källström, voire Lisandro. La campagne de qualification a été chaotique : pour arriver à ce niveau, Lyon n'a battu qu'une équipe croate démobilisée et une équipe russe pas prête. Dès que le niveau s'est élevé, l'OL n'a pas pu suivre (deux nuls contre l'Ajax Amsterdam), a coulé même (deux défaites contre le Real Madrid). Faut-il alors s'étonner de cette élimination prématurée ?

• La fin d'une ère, le début d'une autre

"Cette défaite annonce-t-elle une fin de cycle ? C’est une possibilité", reconnaît l'entraîneur lyonnais, Rémi Garde, sur Foot01.com. A la peine en championnat, l'OL paraît très loin de pouvoir accrocher la 3e place qualificative pour la prochaine Ligue des champions, compétition qu'il a toujours disputée depuis huit ans. Une baisse de régime anticipée par les dirigeants lyonnais, qui ont réduit les dépenses sur le marché des transferts et ont décidé de lancer des jeunes dans l'équipe première en attendant la construction du stade des Lumières, machine à cash opérationnelle vers 2015 et relais de croissance du club.

Comme l'écrit perfidement le blog La Pause Cigare, "on doute que M. Aulas [le président de l'OL] soit féru de jeux vidéo. Pourtant, à l'instar de celles du voisin stéphanois ces dernières années, les prochaines campagnes lyonnaises en Champions League pourraient se limiter à la sphère du virtuel." Peut-être, mais la chute a été - en partie - anticipée pour qu'elle ne soit que temporaire.