Ligue des champions : Chelsea près du Graal, Timo Werner loin du compte

Malgré les 223 millions d’euros dépensés l’été dernier, Chelsea peine à tirer profit de ses recrues.

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France Télévisions
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Timo Werner peine à conclure ses actions avec Chelsea (JUSTIN SETTERFIELD / AFP)

A deux marches d’un second titre en Ligue des champions, Chelsea cultive un drôle de paradoxe. Ses onéreuses dépenses de l’été 2020, 223 millions d’euros, n’ont pas toutes donné le rendement escompté et le club londonien est encore un géant en devenir.

 "C'est le karma, les gars. Dans chaque équipe où je vais, il y a un attaquant qui n'arrête pas de rater des buts... C'est quoi son nom ? Werner c'est ça". Habituée des clashes sur les réseaux sociaux, la tata flingueuse n’est autre que l’épouse de Thiago Silva, coéquipier de Timo Werner à Chelsea. Si le crédit à apporter à ce tweet est tout relatif, l’attaquant allemand est la cible régulière des moqueries et des commentaires peu élogieux pour ses énormes ratés et son manque de réussite devant les buts. Même le joueur a pris le parti d’en rire. Après son but contre West Ham fin avril, il a raté une occasion en or de réaliser le doublé. "La deuxième occasion, je dois la marquer. Un but, c'est bien, deux buts, c'est peut-être trop", a-t-il admis tout en autodérision. En demi-finale aller de Ligue des champions au Real Madrid, son loupé a moins fait rigoler. A commencer par lui-même.

223 millions dépensés, faible rentabilité

A 25 ans, l’ancien joueur du RB Leipzig devait exploser chez les Blues. Pour le moment, il a surtout fait exploser le compte en banque de Roman Abramovitch qui a déboursé 223 millions d’euros l’été dernier pour enrôler Werner (53 millions), Kai Havertz (100 millions dont 20 de bonus), Ben Chilwell (50 millions) et Hakim Ziyech (40 millions). Un renouvellement du secteur offensif qui reste en chantier et qui n’est pas étranger au limogeage de Frank Lampard en cours de saison. Parmi le top 5 de Premier League, Chelsea (4e, 53 buts inscrits) ne tient pas la comparaison statistique avec les armadas mancuniennes (71 buts pour City et 64 pour United).

Avec 11 buts toutes compétitions confondues pour sa première saison avec les Blues, Werner est le coupable idéal quand bien même il pourrait être le premier depuis Eden Hazard à afficher un nombre de passes décisives à deux chiffres (neuf passes avant le retour contre le Real Madrid). C’est peut-être ce qui le sauve, son activité sur le terrain et son sens du collectif. "Je pense vraiment qu'il est sous-estimé", analyse l’ancien défenseur des Blues Ashley Cole chez nos confrères de Sky Sports. "Oui, il a raté quelques grosses occasions et opportunités mais je pense que la façon dont Tuchel veut qu'ils jouent à travers les lignes, combinée avec les passes diagonales, lui donne un rôle central".

Totem d'immunité

Depuis son arrivée, Thomas Tuchel fait tout pour ménager et relancer la pépite allemande en louant, faute de mieux, son implication et son intensité défensive. Une protection rapprochée comme le technicien pouvait en user avec Mbappé ou Neymar à Paris. "Nous devons accepter que les buteurs manquent parfois de grosses occasions. Ça fait partie du jeu", a balayé le technicien allemand. "Il a raté une grosse occasion à West Ham, et une autre ici [à Madrid]. Cela n'aide pas, mais ça n'aide pas non plus d’en pleurer ou de le regretter tout le temps. C'est comme ça. Il y a des millions de personnes qui ont des choses plus difficiles à gérer que des occasions manquées, c'est donc la bonne chose à propos du sport, personne ne se soucie de demain."

La présence de son équipe dans le dernier carré de la C1 en étant arrivé en cours de saison offre à Tuchel une sorte de totem d’immunité sur ses compositions et du temps pour remettre Werner dans ses standards du RB Lepizig. "Pour lui, ça viendra avec un temps d'adaptation, lorsqu'il aura plus de confiance en lui. La bonne nouvelle c'est que personne n'a l'obligation de gagner le match [face au Real Madrid] à lui tout seul, nous allons le faire ensemble." Avec ou sans les buts de Timo Werner.

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