Coupe du monde 2022 au Qatar : Norvège, Allemagne, Pays-Bas, les équipes se mobilisent pour les droits de l'Homme

Depuis le début des qualifications à la Coupe du monde 2022, de nombreuses équipes se sont exprimées pour soutenir les travailleurs migrants employés à la construction des stades au Qatar. En envoyant un message en faveur des droits humains, les fédérations souhaitent faire pression sur le pays-hôte pour améliorer les conditions de travail de ces hommes, jugées très alarmantes.
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France Télévisions
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La star de la Norvège, Erling Braut Haaland, à l'échauffement avec un t-shirt "Droits humains sur et hors du terrain", le 27 mars 2021 (JORGE GUERRERO / AFP)

Norvège, Allemagne, Pays-Bas, Danemark... Plusieurs sélections européennes ont profité de leurs matches de qualification à la Coupe du monde 2022 pour demander le respect des droits de l'Homme au Qatar, pays très critiqué pour les conditions de travail de ses employés à la construction des stades du Mondial. 

La Norvège avait ouvert la marche mercredi 24 mars en portant des t-shirts sur lesquels étaient inscrite la mention "Droits de l'Homme sur et hors du terrain". Depuis de nombreuses autres équipes ont pris position pour soutenir ces travailleurs migrants.

Samedi 27 mars, les Pays-Bas ont, à leur tour, envoyé un message de soutien avant leur match face à la Lettonie (remporté 2-0). Les Oranje sont entrés sur la pelouse de l'Arena Johan Cruyff avec un tee-shirt noir sur lequel était inscrit "Football supports CHANGE" (Le football soutient le CHANGEMENT). "En tant que footballeurs, notre voix doit être entendue. Ce sera plus efficace via une action collective réunissant plusieurs pays plutôt que d'agir chacun de son côté", a déclaré Memphis Depay à l'agence de presse ANP.

Dimanche 28 mars, l'Allemagne a envoyé un nouveau message, cette fois-ci codé, avant la rencontre face à la Roumanie (1-0). Les joueurs de la Mannschaft se sont fait photographier avec leurs maillots portés à l'envers, avec leur nom et leur numéro sur le ventre. Une allusion aux 30 articles de la Charte des droits humains. "Nous défendons les 30 articles, nous voulions le montrer une nouvelle fois. Nous sommes évidemment contre toute discrimination et nous défendons la tolérance et la diversité", a expliqué le capitaine Manuel Neuer au micro de RTL après le match.

Ces actions, entreprises depuis le début des qualifications, ont peu à peu un effet boule de neige et impliquent de plus en plus de fédérations. Si l'équipe de France ne s'est pas encore manifestée de la sorte, le capitaine Hugo Lloris a été interrogé sur les messages de protestation contre le traitement des ouvriers étrangers sur les chantiers qataris : "C'est une bonne chose. Les joueurs ont le droit de se manifester. En tout cas, il n'y a aucun joueur qui est insensible à ce qui a été dit ou écrit par rapport à tout ça", a t-il expliqué juste avant la rencontre face au Kazakhstan (2-0).

Vers un boycott de la compétition ? 

L'idée est, dans un premier temps, née en Norvège, premier pays à parler d'un boycott du Mondial suite à la parution d'un article du quotidien britannique The Guardian, selon lequel 6.500 ouvriers seraient morts dans le pays-hôte depuis que ce dernier s'est vu attribuer l'organisation de la compétition en 2010. Les Norvégiens ont finalement tenu à reporter leur décision finale en juin prochain. 

Mais pour les autres équipes, boycotter la compétition n'est pas envisageable. "Le Qatar a été désigné depuis longtemps par des gens responsables, on ne va pas aller sur une remise en cause à un an de l'organisation. La France sera présente au Qatar si elle se qualifie", a assuré le président de la Fédération française Noël Le Graët dans un entretien à l'AFP début mars.

Le sélectionneur de la Belgique Roberto Martinez a lui déclaré dans le quotidien La Dernière Heure que "boycotter le Mondial au Qatar n'est pas la solution. Ce serait tourner le dos au problème. On doit, au contraire, y faire face". De même pour l'international allemand Joshua Kimmich : "Pour un boycott, nous arrivons dix ans trop tard. C'est à l'époque (quand le Mondial a été attribué au Qatar) qu'il aurait fallu réfléchir", a-t-il affirmé à l'AFP. 

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