Brésil : manifestations monstres contre le coût de la vie et du Mondial 2014

Les plus grandes villes du Brésil ont vu défiler lundi des dizaines de milliers de personnes, dénonçant la hausse du coût de la vie, en lien direct avec l'organisation l'année prochaine de la Coupe du Monde de football dans le pays. Des heurts ont éclaté à Rio et Brasilia. "Les manifestations pacifiques sont légitimes", d'après la présidente Dilma Rousseff.

(Sergio Moraes Reuters)

À moins d'un an du coup d'envoi de la Coupe du Monde de football au Brésil, l'ambiance n'est pas tellement à la fête dans le pays. Face au coût que représente l'organisation de l'événement, des dizaines de milliers de Brésiliens ont décidé de crier leur colère en manifestant lundi dans les plus grandes villes du pays.

Parmi les conséquences subies de l'organisation du Mondial, la hausse du coût des transports publics, mais aussi l'explosion des budgets alloués à la construction des équipements qui pèse sur la population. Sans oublier la corruption d'une bonne partie de la classe politique.

Violents affrontements à Rio

Les policiers anti-émeutes de Rio ont dispersé des dizaines de manifestants violents réunis devant le siège du gouvernement de l'Etat. Plusieurs voitures ont été incendiés et des cocktails molotov lancés sur les forces de l'ordre. Cinq policiers ont été blessés dans les affrontements. Un peu plus tôt, quelque 100.000 personnes ont manifesté dans les rues du centre-ville. 

A Sao Paulo, ils étaient près de 30.000. À Rio de Janeiro, Fortaleza, Salvador aussi les manifestations étaient d'importance. À Belo Horizonte, les manifestants ont tenté de s'approcher du stade Mineirao qui accueillait le match entre Tahiti et le Nigeria en Coupe des Confédérations, qui sert actuellement de répétition générale. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes.

À Brasilia, près de 200 personnes ont réussi à monter sur le toit du Parlement, criant des slogans tels que "le Brésil est foutu, le peuple est apparu ".

Tentative d'appaisement

"C'est le propre de la jeunesse de manifester ", a réagi Dilma Roussef dans un communiqué. La présidente brésilienne a estimé par ailleurs que "les manifestations pacifiques sont légitimes et qu'elles font partie de la démocratie ".

Ce mouvement de contestation intervient alors que la présidente va tenter de briguer un nouveau mandat l'an prochain dans un contexte économique de moins en moins favorable au Brésil.