Sport-études : spécialité esport, pour devenir un gamer professionnel

Une nouvelle discipline a fait son apparition dans la filière sport-études : l'esport.  Les élèves admis dans ces classes bénéficient d'horaires de cours aménagés afin de pratiquer un sport à haut niveau.

Article rédigé par
Phéline Leloir-Duault - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Classe d'esport à la Tony Parker Adéquat Academy à Lyon (Rhône).  (Phéline Leloir-Duault FRANCEINFO)

Ouverte depuis 2019 à Lyon (Rhône) la Tony Parker Adéquat Academy accueille une centaine d'élèves, principalement des basketteurs mais l'école accueille également depuis trois ans des joueurs d'esport. Ils sont installés au centre du bâtiment, dans des salles au-dessus des terrains de basket. 

Kenny, 18 ans, s'entraîne confortablement assis sur un siège de gaming. "Là par exemple, on a fait ce qu’on appelle un trade : on va se battre pendant quelques secondes et on va devoir essayer de mettre le plus de dégâts possibles à l’adversaire”. Ce nouvel élève travaille entre cinq et six heures par jour sa technique sur League of Legends. Avec plus de 100 millions de joueurs, c'est le jeu phare du milieu esport.

Cursus scolaire classique le matin, entraînements esport l'après-midi 

Comme dans toute classe de sport-études, les élèves ont un planning aménagé. Léo, 15 ans est satisfait du système qu'il juge sécurisant. "La problématique quand tu veux devenir joueur pro, c’est que tu es obligé de faire un choix entre tes études et le jeu, explique-t-il. Mais on sait tous que ce genre de disciplines sont très sélectives, très compétitives. Donc, les écoles comme celles-ci permettent d’avoir une roue de secours. Tu as un bagage scolaire qui te permet, si tu n’arrives pas à réaliser ton rêve de devenir joueur pro, d’avancer dans la vie active, plutôt qu'arriver à 20 ans sans diplôme.”

En attendant, son camarade Kenny veut faire son maximum pour atteindre son objectif : devenir joueur professionnel mais il a déjà identifié les points qu'il doit améliorer. "Par exemple, des points faibles soit mécaniques, soit dans la manière de réfléchir, d’appréhender [le jeu]. Des points faibles humains aussi comme comment se comporter. Ça provoque des erreurs qui coûtent un peu cher la plupart du temps".

Un investissement sur le long terme pour l'école

Les élèves sont soigneusement sélectionnés par Stephan Euthine, responsable de la section esport, directeur de l'équipe professionnelle LDLC OL, l'une des meilleures de France en esport. "Le jeune peut venir de n’importe où, le but pour nous c’est de l’amener sur le banc de l’école, le banc de l’orientation et en parallèle on veut essayer de lui construire une carrière professionnelle. Lui, prend le risque de perdre une année, mais nous on prend le risque financier, souligne-t-il en souriant, évidemment on veut en faire de très bons joueurs pour peut-être les avoir dans l’équipe à terme et décrocher des titres parce que c’est ce qu’on recherche nous de notre côté”.

Mais tout miser sur sa passion n'est pas donné. Une année à la Tony Parker Adéquat Academy, sans l'hébergement et les options, coûte entre 8 000 et 12 000 euros.

Retrouvez ce sujet développé dans "Le Quart d'heure", le podcast d'actualité de franceinfo disponible du lundi au vendredi.

Sport-études : spécialité esport, pour devenir un gamer professionnel - Le reportage de Phéline Leloir Duault
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