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Plus de 300 escrimeurs demandent au CIO de "maintenir" l'exclusion des athlètes russes et biélorusses des compétitions

Le Comité international olympique (CIO) se réunit, mardi, pour étudier le cas des sportifs de ces deux nations, exclus depuis le début de l'invasion de la Russie en Ukraine.
Article rédigé par franceinfo: sport avec AFP
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 2 min
La sabreuse française Manon Brunet, ici opposée à la Russe Sofia Pozdniakova lors de la finale du tournoi par équipes des Jeux olympiques de Pékin, le 31 juillet 2021. (FABRICE COFFRINI / AFP)

C'est par le biais d'une lettre ouverte que plus de 300 escrimeurs du monde entier ont décidé de faire entendre leur voix, mardi 28 mars. Alors que la fédération internationale d'escrime (FIE) a autorisé, le 10 mars dernier, les athlètes russes et biélorusses à participer aux compétitions internationales à compter du mois d'avril, les athlètes ont décidé de mettre la pression sur le Comité international olympique (CIO). Ce dernier, réuni à partir de mardi à Lausanne, doit en effet réfléchir au dossier de l'exclusion des athlètes de ces deux pays, instaurée depuis plus d'un an. "Au nom de plus de 300 tireurs actuels ou retraités, nous vous invitons, en tant qu'instance décisionnaire, à maintenir vos recommandations de suspensions des fédérations russes et biélorusses d'escrime et de leurs comités nationaux olympiques, et à vous assurer que la Fédération internationale d'escrime (FIE) suive vos directives", est-il écrit dans la lettre ouverte.

Exclus depuis la fin février 2022, et l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les escrimeurs des deux nations pourront retrouver le chemin des joutes internationales à compter du 3 avril prochain. Une décision à laquelle s'opposent les tireurs et tireuses du monde entier qui réclament au CIO de "maintenir (ses) recommandations de suspension" envers les Russes et les Biélorusses. Le courrier, adressé à Thomas Bach, président du CIO, et Emmanuel Katsiadakis, président par intérim de la fédération internationale d'escrime (FIE), demande ainsi au CIO de prendre ses responsabilités et de suivre ses recommandations, 

Réunis sous la bannière de "Global Athlete", mouvement créé après les scandales de dopage touchant le sport russe, des tireuses telles que la Française Manon Brunet, médaillée de bronze aux Jeux de Tokyo en 2021, l'Américaine Lee Kiefer, championne olympique du fleuret à Tokyo ou encore l'Ukrainienne Olga Kharlan, championne olympique à Pékin, attaquent directement leur fédération. "Avec un mépris total de l'avis des athlètes, vous avez permis le retour de la Russie et de la Biélorussie dans les compétitions de la FIE", tranchent-ils. D'autant que les signataires soulignent aussi l'impact de la guerre sur le monde du sport : "À ce jour, l'agression russe envers l'Ukraine a provoqué la mort de 232 athlètes, la destruction de 343 infrastructures sportives, l'exil de 40 000 athlètes et l'absence d'infrastructures sportives pour 140 000 jeunes athlètes".

Une opposition farouche

Ce coup de force des escrimeurs internationaux confirme une rupture entre le monde de l'escrime et la fédération internationale. La fédération allemande a ainsi renoncé à organiser l'épreuve de Coupe du monde prévue en mai à Tauberbischofsheim, tandis que la fédération ukrainienne, qui s'était dit "choquée" et "indignée" par cette décision, avait annoncé ne pas vouloir aligner d'escrimeurs dans les compétitions auxquelles participeraient des athlètes de ces deux pays. Au risque de ne pas se qualifier pour les JO de Paris.

Cette lettre ouverte précise la position commune : que les tireurs russes et biélorusses soient exclus a minima "jusqu'à ce que la Russie se soit complètement retirée du territoire ukrainien".

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