Dopage : le mari de Jeannie Longo reconnaît l'achat d'EPO "pour son usage personnel"

La garde à vue de Patrice Ciprelli, interpellé à son domicile mercredi dans l'Isère, a été prolongée de 24 heures. Son épouse a été entendue comme témoin dans cette affaire liée à des soupçons d'achat d'EPO en 2010 et 2011. 

L\'entraîneur Patrice Ciprelli et son épouse, la championne cycliste Jeannie Longo, le 27 octobre 2011, à Grenoble (Isère).
L'entraîneur Patrice Ciprelli et son épouse, la championne cycliste Jeannie Longo, le 27 octobre 2011, à Grenoble (Isère). (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

Le mari et entraîneur de la championne cycliste Jeannie Longo, Patrice Ciprelli, a reconnu au cours de sa garde à vue jeudi 9 février avoir acheté de l'EPO "pour son usage personnel", sans en informer son épouse. Le juge d'instruction devrait décider d'ici vendredi matin de son éventuelle mise en examen dans le cadre d'une enquête préliminaire du parquet de Grenoble sur d'éventuels achats de produits dopants. 

• Qui est impliqué dans le dossier  ?

Dans le cadre de l'affaire Ciprelli-Longo, une dizaine d'hommes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp) ont fait irruption avant l'aube, mercredi, dans le chalet de la cycliste française et de son époux, à Saint-Martin-le-Vinoux (Isère). Ils ont également interpellé un ami de Patrice Ciprelli, Michel Lucatelli, directeur de l'équipe de France de ski cross. 

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Pour sa part, Jeannie Longo, la championne française la plus titrée de l'histoire du cyclisme, a été entendue comme simple témoin à la gendarmerie de Grenoble et "a répondu à ce qui lui était demandé", a expliqué en fin d'après-midi l'avocat des époux, MBruno Ravaz.

• Quels soupçons pèsent sur Patrice Ciprelli ? 

Selon L'Equipe, Patrice Ciprelli,  aurait acheté de l'EPO made in China via un ancien coureur américain. La transaction, qui aurait eu lieu en 2007, ne pouvait pas être utilisée par la police, car prescrite.

Mais une enquête préliminaire a été ouverte et les gendarmes auraient réussi à trouver des traces d'achats de ce même produit en 2010 et 2011, selon le quotidien sportif. Michel  Lucatelli serait allé chercher un colis pour son ami. La Fédération française de ski a exclu "formellement" que sa garde à vue soit liée à la gestion de l'équipe de France de ski cross dont ce dernier a la charge.

• Qu'a reconnu Patrice Ciprelli ? 

En garde à vue à la gendarmerie de Grenoble depuis mercredi matin, le mari de Jeannie Longo a d'abord nié en bloc avant de reconnaître avoir "acheté de l'EPO pour son usage personnel car il a fait l'objet d'accidents de vélo répétés ces dernières années", a indiqué son avocat Pierre Albert. Il aurait donc utiliser ses produit comme "reconstituant musculaire", sans en informer son épouse. "Il a fait livrer [l'EPO] à un copain [Michel Lucatelli, ndlr] pour qu'elle ne s'en aperçoive pas", a ajouté l'avocat. 

• Qu'en pense la Fédération française de cyclisme ?

Le président de la Fédération française de cyclisme (FFC), David Lappartient, a jugé mercredi l'affaire "extrêmement grave". "La question centrale est de savoir à qui cette EPO était destinée, a-t-il soulignéEu égard aux doses et aux sommes évoquées, j'ai du mal à croire que ce soit un trafic. Il s'agit d'une consommation assez ciblée et ça accréditerait la thèse d'une utilisation par un seul sportif."

En novembre dernier, Jeannie Longo avait été relaxée "de toute poursuite disciplinaire" par la FFC dans une autre affaire. La fédération avait estimé que l'athlète n'avait pas enfreint les règles antidopage. Selon la commission de discipline de la FFC, la championne de 53 ans ne figurait plus sur la liste des sportifs de haut niveau soumis à des obligations de tests au moment où trois manquements lui avaient été reprochés par l'Agence française de lutte contre le dopage, en septembre 2011.