D2 Féminine : le football féminin dénonce des inégalités et demande la reprise des compétitions

À l'arrêt depuis quatre mois, les clubs de D2 féminine veulent se faire entendre par les instances. Soutenus par les clubs amateurs de première division au sein d'un collectif, ils réclament la reprise des championnats et de la Coupe de France.
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France Télévisions
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Les clubs de D2 Féminine ont disputé leur dernier match le 18 octobre 2020.  (PATRICK SMITH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Quelle est la différence entre la deuxième division féminine de football (D2F) et de basket ? Même si elles jouent en intérieur, les basketteuses ont repris la compétition depuis le 21 novembre. Les footballeuses de D2F, elles, sont à l'arrêt en raison de la crise sanitaire. Une situation qui commence à peser sur les clubs, surtout que chez les hommes, les trois premiers échelons (Ligue 1, Ligue 2 et National) n'ont jamais été arrêtés.

Le ressentiment atteint des sommets au moment de regarder par-delà les frontières. "Chez nos voisins espagnols, italiens et anglais D2 féminines n'ont jamais arrêté", dénonce le communiqué publié par un collectif composé de 14 clubs.

En plus des basketteurs, les handballeuses de deuxième division ont elles aussi repris la compétition, le 18 janvier. Une incompréhension de plus pour Fabrice Rolland, directeur général de l'US Saint-Malo. "On attend des explications. On a eu des échanges avec la Fédération et la Ligue de football amateur. La première réponse, c'était 'L'État ne souhaite pas la reprise du championnat'. Mais on n'a pas eu de réponse vraiment très claire. Quand on a vu le handball reprendre après une action forte des clubs auprès de la Fédération de handball, puis du ministère des Sports, on s’est interrogés sur la pleine motivation de la Fédération à défendre le dossier."

Pour les clubs signataires, l'explication est toute trouvée. En termes d'équité entre les sports ou d'égalité hommes-femmes, "le football français est en retard". C'est le constat fait par Fabrice Rolland : "Il y a 24 clubs en deuxième division dont 13 clubs adossés à des structures professionnelles masculines et 11 clubs amateurs. Mais dans ces 11 clubs, il y a beaucoup de disparités. À l’US Saint Malo, on a pu continuer les entraînements grâce à des décrets ministériels, à des joueuses sous contrats de travail ou à celles qui avaient le statut de joueuses à haut niveau. D’autres collègues sont dans des situations différentes. Ils n’ont pas de joueuses sous contrat ou avec le statut de haut niveau mais aussi des collectivités et préfectures moins tolérantes. Donc, ils sont à l’arrêt."

Du côté du Stade Brestois, les entraînements ont eux aussi pu se poursuivre, mais les compétitions restent à l'arrêt : "Pour nous plus de compétition. Pour certains clubs 100% amateurs, plus d’entraînement, pas de dérogation possible suivant le couvre-feu. Alors que nous, comme on est club professionnel et qu’on a certains contrats fédéraux, on a pu continué à s’entraîner durant le confinement et aujourd’hui, après les horaires du couvre-feu, sous attestation bien sûr." expliquait le président de l'association su Stade Brestois, Daniel Le Roux. Un constat sans appel en terme d'équité : "Il est évident que pour un club qui n’a pas le droit de s’entraîner et un club qui peut s’entraîner, ça fait une différence, c’est sûr." rajoutait-il. 

La problématique du statut de haut niveau 

Malgré le statut amateur, le D2F comptait pas moins de quatre à huit entraînements par semaine en temps normal. Un vrai manque qui va largement se faire ressentir par les joueuses. Pour Fabrice Rolland, la D2 fait partie du haut niveau : "Au sein de la Division 2, le critère de haut niveau est incontestable. À partir du moment où vous êtes au deuxième niveau national, cela doit être reconnu comme du haut niveau. De voir la D2 non considérée comme sport de haut niveau, c'est impensable." 

En plus, dans certains clubs figurent des "internationales françaises et étrangères dont certaines préparent les JO de Tokyo." Et de nombreuses joueuses, désormais internationales, sont passées par le D2F avant d'atteindre le plus haut niveau du football féminin. C'est donc l'incompréhension  pour tous ces clubs qui ne peuvent toujours pas reprendre la championnat malgré des propositions de protocoles stricts. "On a déjà fait une demande pour que le championnat (NDLR : la Division 2 Féminine) reprenne sous le même protocole que celui de la D1 Féminine, à savoir test PCR trois jours avant et test salivaire le jour du match." affirmait Daniel Le Roux.

Une reprise du Championnat et de la Coupe de France exigée par les clubs

Au sein de leur communiqué, les 14 clubs on fait une liste exhaustive de leurs demandes qui vont de l'avenir des clubs, des joueuses mais également du foot féminin. Parmi celles-ci, "l'officialisation de la classification 'compétition de haut niveau' du Championnat D2F."

Il y a une attente qui nécessitait une communication une médiatisation de nos revendications. 

À cette demande, s'ajoutait "la reprise concertée dans les meilleurs délais du Championnat de D2F" mais aussi "la reprise de la Coupe de France Féminine." Le communiqué se concluait avec une dernière requête, concernant le "respect des engagements financiers de la FFF pris auprès des clubs de D2F et D1F."

Malgré l'optimisme de Fabrice Rolland, envisager la suite de la saison s'avère compliqué sans reprise du championnat et des entraînements pour tous les clubs : "Si on est optimiste, et on l’essaye de l’être, on se dit que ça va reprendre. Mais si on regarde que les faits et les constats, c’est très flou. C’est terrible de ne pas avoir de perspectives. On est dans une pratique où on est vraiment sur du haut niveau. Pour nous, la réponse qui doit être apportée aujourd’hui, c’est un engagement fort de la fédération et un accord des pouvoirs publics pour nous permettre d’organiser la reprise dans les meilleurs délais. ​​​​​​"

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