TOUR DE FRANCE | Les camping-cars, stars du bord des routes

Ils se comptent par centaines sur le bord des routes. Sur le plat, dans les montées... un peu moins dans les descentes. Les camping-cars font désormais partie du paysage du Tour de France. Des passionnés de vélo et de tourisme qui sillonnent la France au mois de juillet.

(Une file de camping-cars dans la montée du col de Peyresourde © RF/BS)

Dans la montée du col du Portillon, Roger est confortablement installé. Ils sont cinq véhicules à s'être garés dans un virage au milieu de l'ascension. "On est arrivés mardi soir vers 18h ", détaille Roger, venu avec son épouse Éliane et sa petite-fille Justine. "On était sur la précédente étape et on a fait la connaissance de Manuel qui vient aussi des Pyrénées-Orientales. Comme il n'avait pas à vidanger ni à faire de courses, on lui a demandé de nous réserver un emplacement ". Comme les autres il est arrivé la veille juste après l'étape en Carcassonne et Bagnères-de-Luchon et repartira rapidement une fois les coureurs passés pour vite s'installer dans les environs du Tourmalet.

(Une joyeuse bande s'est installée dans le col du Portillon © RF/BS)

Lucien suit le Tour en camping-car depuis 53 ans

Grimper en haut des cols avec sa camionnette transformée en lieu de vie, Lucien ne le fait plus depuis longtemps. Ce Belge originaire d'Audernade est un pionner du camping sur les routes du Tour : "Cela fait 53 ans que je suis le Tour , au début il n'y avait personne, j'étais un des seuls en camping-car et j'allais où je voulais. Ensuite les Hollandais sont venus avec leurs caravanes puis il y a eu de plus en plus de monde. Maintenant, pour être en haut des cols, il faut venir plusieurs jours avant. Alors c'est mieux de rester sur le bas. "

Lui, ce qu'il aime, ce sont d'abord les coureurs. Chaque lieu traversé par le Tour lui rappelle des évènements de course. "Le Puy-de-Dôme, tiens, on peut plus y grimper mais c'est là qu'il y a eu le combat entre Van Impe et Zoetemelk. " Et puis suivre le Tour lui permet de découvrir la France : "Je connais votre pays aussi bien que ma région ", s'amuse-t-il. "Là, en face, il y a une ruine. On ne savait pas à quoi elle sert et j'ai appris hier en arrivant qu'elle datait du IX siècle...Tu te rends compte ? Grâce au Tour on découvre la France. Carcassonne, ohlala, c'est génial. "

Et contrairement à d'autres, Lucien n'est pas très bien équipé pour faire la cuisine. Dans son petit-camion, il a juste deux lits pour sa compagne Corinne et lui ainsi qu'une télé pour suivre l'étape. Mais pas grave. Le midi, il mange léger et le soir il se fait une bonne table "d'ailleurs jeudi je serai à Sainte-Marie-de-Campan parce que pas loin, il y a un bon restaurant, l'Auberge des Pyrénées ". A ses côtés, Corinne ne peut qu’acquiescer.

(Lucien (avec sa compagne Corinne) est Belge et suit le Tour depuis 1961 © RF/BS)

Réserver sa place plusieurs jours à l'avance

Tout le contraire de Laurette. Dans son camping-car de luxe, tout confort, elle et son mari sont carrément arrivés... vendredi dernier dans le col de Val-Louron. Ils ont réservé des places pour leurs amis qui ne sont arrivés que dimanche. "Mais là on est super bien avec des montagnes magnifiques autour ", témoigne-telle. Et depuis quatre jours, tous profitent du lieu. "Regardez la vue, c'est superbe. On se réveille avec ça le matin. Ensuite on monte vers le col, on redescend. On regarde les gens qui se promènent et on prend l'apéro. " La question des courses ne se pose pas puisque les véhicules sont particulièrement bien équipés avec réfrigérateur et congélateur. De quoi tenir un siège. "Et après on part sur le contre-la-montre, c'est super ", s'enthousiasme Laurette.

Suivre le Tour en camping-car, tous le disent, c'est d'abord la liberté et l'opportunité de découvir la France. C'est aussi – voire surtout – l'ambiance au bord des routes entre passionnés. Ici pas de stress, pas de problème. "On voit une place et on s'installe ", explique Manuel qui poursuit : "Ensuite on sympathise. Hier soir on a rencontré un Albigeois. On a bu l'apéro. Puis on a discuté avec un Catalan comme nous et on a pris l'apéro au moins jusqu'à 21h ". Pas de problème donc, sauf dans quelques cas : "Les seules petites querelles qu'on peut avoir, ce sont avec les voitures qui ne comprennent pas pourquoi on prend deux places ", soupire-t-il.

Pour les uns, comme Laurette ou Manuel ou Roger, les vacances s'arrêteront une fois le contre-la-montre de samedi terminé. D'autres, comme Lucien le Belge, continueront jusqu'à Paris. Lucien qui partira ensuite sur la Vuelta, le Tour d'Espagne au mois de septembre. "Depuis plusieurs années, je préfère d'ailleurs le Tour d'Espagne au Tour de France. Il y a moins de camping-cars et on peut encore aller là où on veut. "

(La vue depuis le camping-car de Laurette © RF/BS)