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Pour Chris Froome, peut-on se fier aux données de puissance pour parler de dopage ?

Après les chiffres du Mont Ventoux en 2013, le compte Youtube Chrono Watts a semble-t-il pu se procurer les chiffres de l’étape du Puerto de San Lorenzo sur la Vuelta 2014. Là où Chris Froome avait du céder face à Alberto Contador. De quoi relativiser la montée ahurissante du Britannique sur le Tour de France 2013 ?
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France Télévisions
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La guerre des chiffres est-elle la prolongation de la lutte antidopage ? L’apparition des « SRM », les fameux capteurs de puissance, et leur développement rendent la vitesse, la cadence de pédalage, la puissance développée et la fréquence cardiaque accessibles. Ou presque. Car pour le moment, les équipes conservent jalousement ces données. On imagine aisément l’utilisation que pourraient faire les coureurs des données de leurs concurrents. Mais ces derniers jours, des pirates ont rendu publiques les données de la fameuse montée du Ventoux par Chris Froome en 2013. Difficile de savoir comment ces chiffres sont sortis. Antoine Vayer, ancien entraîneur Festina et qui s’est spécialisé dans l’étude des performances des cyclistes, parle d’une fuite à l’intérieur de l’équipe. Celui qui se fait appeler "Festina boy" est l'un des plus fervents supporteurs des données de puissances. Selon lui, elles permettent de savoir qui se dope ou non Et si mardi sur les routes de la Pierre Saint-Martin, Froome avait été à son niveau, un niveau exceptionnel mais que ce sont ses adversaires qui étaient bien en-dessous de leur niveau ? Pour Dave Brailsford, Froome "n'a rien fait de surprenant. C'était ses adversaires qui n'étaient pas au niveau". Surtout, aujourd'hui, nous ne disposons que de deux ensembles de données, sur un seul coureur. Il serait passionnant de pouvoir comparer les données de Chris Froome à celles d'Alberto Contador sur la montée du Puerto San Lorenzo. Avec toutes les précautions d'usage sur deux coureurs aux physiques forcément différents.

La transparence passe-t-elle par des données publiques ?

Avec le piratage de ces vidéos, la question qui se pose est la suivante : pour évacuer toute suspicion (ou la confirmer pour les plus tranchés), ne faudrait-il pas rendre systématiquement publiques, les chiffres SRM ? Le passeport biologique de l'Union cycliste internationale va en ce sens en analysant à intervalles réguliers différents marqueurs corporels pour traquer des changements spectaculaires. Peut-on imaginer la même chose avec des données de SRM ? Difficile. Se poserait alors la problématique de l’interprétation de ces données qui n’est pas donnée à tout le monde. On le voit avec Chris Froome puisque certains chiffres, dopage ou pas, sont difficilement explicables sans connaître le profil physiologique du coureur. Le cyclisme a encore de nombreux casse-têtes à résoudre.

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