Port-au-Prince redoute la propagation de l'épidémie de choléra

Cinq premiers cas de la maladie ont été confirmés dans la capitale haïtienne. Ces malades viennent du département de l'Artibonite où le foyer de choléra est le plus virulent. Le dernier bilan délivré par les autorités fait état de plus de 250 morts. Les autorités installent des centres de traitement pour tenter de juguler l'épidémie.

(Radio France © France Info)

"C'est un pays très mobile. Cela peut se répandre comme une traînée de poudre", analyse Paul Namphy, de l'agence de l'eau en Haïti. De fait, selon Médecins sans Frontières, une vingtaine de personnes atteintes de "diarrhée aïgue" ont été admises ces deux derniers jours dans un centre de traitement du choléra établi à Port-au-Prince.

Le foyer principal de l'épidémie est situé dans la région de l'Artibonite. Selon le dernier bilan, plus de 250 personnes sont mortes et 3.115 sont hospitalisées. Des patients seraient venus se faire soigner dans des hôpitaux plus proches de la capitale parce que celui de Saint-Nicolas à Saint-Marc, au bord de la mer, est débordé. Au moins cinq personnes arrivées de la région de l'Artibonite samedi ont été testées positives au choléra à Port-au-Prince.

"Si l'épidémie atteint Port-au-Prince, où des enfants et des familles vivent dans des camps surpeuplés et sans installations sanitaires correctes, le résultat pourrait être désastreux", estime le Dr Estrella Serrano, responsable de la santé et de la nutrition pour l'organisation humanitaire World Vision.

Car le pays a oublié cette maladie qui n'a pas frappé Haïti depuis une dizaine d'années. Due à une bactérie présente dans l'eau, elle provoque des diarrhées aiguës et vomissements qui peuvent entraîner une déshydratation et la mort en quelques heures (l'incubation ne dure que de deux heures à cinq jours).

Des organisations humanitaires fournissent du savon et des comprimés de purification de l'eau et enseignent aux habitants de Port-au-Prince l'importance de se laver les mains. Problème : dans les camps, beaucoup ne savent pas encore qu'un risque d'épidémie menace la ville.

Caroline Caldier, avec agences