Port-au-Prince connaîtra d’autres séismes encore plus destructeurs

Trois jours après le tremblement de terre qui a rayé de la carte une bonne partie de la capitale haïtienne, Port-au-Prince n’en a sans aucun doute pas terminé avec les tremblements de terre. Car, les scientifiques le savent : seule une partie de la faille, qui coupe la ville en deux, a bougé. Le reste bougera à son tour. Mais quand ?

(Radio France © France Info)

Parallèlement aux secours, les sismologues du monde entier sont en train de mobiliser du matériel et des équipes en Haïti. Car les premières analyses scientifiques du séisme de mardi soir montrent que la faille haïtienne n’a cassé que sur un morceau de sa longueur : environ 50 kilomètres. Or, à terre, cette faille fait au total 200 kilomètres.
_ " On peut donc dire qu’il reste deux ou trois séismes équivalents à activer pour que cette faille ait relâché complètement les forces tectoniques", explique Pascal Bernard, sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris.

D’ici quelques dizaines d’années peut-être, un morceau voisin de la faille peut casser. Malheureusement, ce qui n’a pas encore bougé est situé plus près de Port-au-Prince, et promet donc un séisme "encore plus destructeur" pour la capitale haïtienne, selon Pascal Bernard.

Reconstruction

Les sismologues ont pris attache avec des relais sur place pour poser au plus vite des sismographes et autres appareils de mesure, afin de surveiller de la manière la plus fine possible l’activité sismique sur l’ensemble de la faille. Objectifs : tenter de prévoir les prochaines secousses, et surtout apporter expertise et conseils pour la phase de reconstruction de la zone.

Tout l’enjeu des prochains mois et des prochaines années sur l’ile d’Haïti va être de concilier l’urgence de la reconstruction, pour reloger aux plus vite les sinistrés, avec une urbanisation adaptée à la perspective de nouveaux séismes.
_ Ne pas reconstruire n’importe comment, autant que possible aux normes parasismiques, et n’importe où, notamment les immeubles de grande hauteur comme les bâtiments publics, hôtels et hôpitaux.

Gilles Halais